« Un vrai travail, un vrai salaire » obtenus chez ZARA

Publié le par angeline351


« Un vrai travail, un vrai salaire » obtenus chez ZARA




Des embauches en CDI, à temps plein, dès le premier jour de formation, FO est partie prenante d’un compromis avantageux.

Si l’aventure a commencé en janvier 2008, une cinquantaine de jeunes travaillent aujourd’hui dans les magasins Zara de Paris, payés dès le premier jour de formation au salaire minimun du groupe, soit 6% au-dessus du SMIC. Ils sont directement embauchés en CDI à plein temps, en travaillant sur deux magasins. Depuis, plus de quatre cent cinquante salariés ont demandé et obtenu la possibilité de travailler ainsi à temps complet. Pas mal pour une filière, celle des magasins d’habillement, où le temps partiel est largement répandu : 40% des 120 000 salariés.

Mickaël, 20 ans, gagne 1 300 euros net et a trouvé à se loger. « un vrai travail, un vrai salaire », cette revendication majeure de Force fohebdon2919.jpgOuvrière a bel et bien été prise en compte, à telle enseigne que, lors des dernières élections, ses listes ont obtenu 42% des suffrages. Et c’est avec l’appui de la Fédération FO des Employés et Cadres et la Confédération que sa section a accepté d’être partie prenante d’un « projet jeunes » pour le moins original, porté par Jean-Jacques Salaün, le directeur général de Zara France. C’est même le délégué syndical FO, Michel Parras, qui a suggéré que la formation débute par deux semaines passées au vert, pendant lesquelles quinze jeunes sont logés dans un hôtel qui leur est réservé, à Samois, quelque part du côté de Fontainebleau. C’est encore lui qui a eu l’idée de faire appel au « théâtre d’entreprise », des comédiens qui « viennent avec leurs techniques pour apprendre à respirer, à se déplacer, à aller vers les autres… ». A côté d’ateliers cuisine ou encore  d’activités sportives. Pour Jean-Claude MAILLY, cette période de formation proprement dite « est très importante ».

QUINZE JOURS AU VERT POUR COMMENCER

Après ces quinze jours en collectivité, les jeunes sont confrontés à leur première expérience de vendeur dans les magasins de l’enseigne, pendant deux autres semaines. Ils sont accompagnés par un tuteur. Quant à la dernière semaine, c’est au siège qu’elle s’effectue, pour y faire le point avec chacun sur les difficultés rencontrées, les craintes, les espoirs.

L’autre originalité de la démarche réside dans le recrutement. Il se fait auprès des missions locales des 18e, 19e, et 20e arrondissements de Paris, à qui il est demandé de sélectionner des jeunes en très grande difficulté, de la petite délinquance à la jeune mère de famille vivant à l’hôtel. La suite a montré qu’ils avaient après cela besoin d’un suivi, aussi bien dans leur situation professionnelle que personnelle, et une coordinatrice sociale vient d’être recrutée.

Depuis deux ans, une session est organisée tous les quatre mois et le projet devrait être étendu, début 2010, à Marseille ou Toulouse. Une cinquantaine de jeunes ont ainsi été embauchés et M. Salatin dit avoir « repéré deux potentiels futurs directeurs de magasin ». Cette attitude des individus à vaincre l’adversité de risque passionne Boris Cyrulnik, ce neuropsychiatre qui démontre, livre après livre, que l’environnement y est pour beaucoup. Il appelle cette capacité à rebondir la résilience ou « l’art de naviguer dans les torrents ».

 

Extrait de FO hebdo, journal de la Confédération Générale du Travail Force Ouvrière, fondé pendant la guerre sous le titre de RESISTANCE OUVRIERE
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Publié dans COMMUNIQUE FO

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