Saint-Gobain et Lapeyre poursuivis par leurs salariés

Publié le par angeline351

Saint-Gobain et Lapeyre poursuivis par leurs salariés

1685 salariés, dont 104 de l’usine Azur Production de Chambley (54), assignent les groupes Lapeyre et Saint-Gobain en justice. Ils estiment avoir été « spoliés » de leur participation entre 2002 et 2008. Préjudice estimé : 81 millions d’euros.
C’est une affaire totalement hors normes. Par le nombre de plaignants, le préjudice financier et le « montage financier » dénoncé par les plaignants que le TGI de Nanterre pourrait bientôt avoir à juger ; Le 19 septembre dernier, 1.685 salariés des 14 entreprises du groupe Lapeyre et deux organisations syndicales – CGT et FO- ont assigné en justice les sociétés du groupe Lapeyre et la maison mère Saint-Gobain. Sur cette longue liste de noms, toujours en cours d’enregistrement au greffe du TGI de Nanterre, ceux de 104 salariés sur 248 que compte l’usine de fabrication de fenêtres Lapeyre Azur Production à Chambley Salariés et syndicats estiment « avoir été spoliés » de leur participation financière aux bénéfices de l’entreprise entre 2002 et 2008. D’un montant estimé à 81 millions d’euros, qui varie de quelques milliers à une quinzaine de milliers d’euros par salarié. « Des sommes conséquentes que les salariés comme nous, qui connaissons actuellement des difficultés, aimeraient bien récupérer », explique Tony Vignola, délégué FO chez Azur Production à Chambley, où les ouvriers ont subi en 2012, 36 jours de chômage partiel En cause, 96 % des bénéfices du groupe Lapeyre qui ont échappé à la participation des salariés pendant six ans pour avoir été « transférés aux sociétés Lapeyre SA et K par K SAS, deux holding ne comptant aucun salarié, légalement non soumises à la participation », explique Matthieu Saintoul, du syndicat FO. Lapeyre SA et K par K SAS étant toutes deux détenues à 100 % par la société portefeuille Partidis, elle-même détenue à 100 % par la Compagnie Saint-Gobain
De fait, pour 98 % des salariés du groupe, la participation a été calculée sur seulement 4 % des bénéfices. C’est en 2009, que les syndicats des différentes entreprises se sont intéressés à ce qu’ils appellent le « découpage artificiel », du groupe Lapeyre composé de 21 sociétés réparties en quatre groupes de sociétés de production, distribution, logistique et une société siège « Depuis 2009, une négociation a été organisée avec la direction du groupe et les salariés ont désormais droit à une participation qui a été mise en application en 2011 », assure Matthieu Saintoul
Mais l’organisation structurelle du groupe Lapeyre, « mise en place par la société mère Saint-Gobain, maintient les usines dans une position déficitaire », selon FO. À l’instar d’Azur Production où « depuis quinze ans, à chaque fois qu’on a voulu obtenir des augmentations de salaire, on nous a avancé l’argument du déficit », déplore Tony Vignola. Or selon les plaignants, « les sociétés de distribution du groupe Lapeyre (Distrilap et Distri K) achetaient aux usines les produits à des prix bien inférieurs à ceux du marché ce qui empêche les usines de dégager des bénéfices. Puis les produits sont revendus aux magasins au prix du marché ce qui permet aux sociétés holding Lapeyre SA et K par K SAS de dégager des marges très importantes et de faire la culbute au détriment des salariés dans les usines ! », poursuit M. Saintoul Les 1.685 salariés de Lapeyre espèrent désormais une audience rapide de l’affaire par le TGI de Nanterre et veulent, selon les syndicats, « récupérer les sommes dont ils ont été privés ». 81 millions d’euros à reverser, une somme conséquente qui pourrait ébranler les sociétés du groupe Lapeyre. « Oui, c’est considérable, mais cette somme est à mettre en regard des 1,129 milliard de bénéfices enregistrés par Saint-Gobain en 2011 et des 605 millions d’euros de dividendes versés en 2010 et 2011 aux actionnaires de la Compagnie », relativise Matthieu Saintoul.Contactées pour réagir à cette mise en cause, la société Azur production et la Compagnie Saint-Gobain n’ont, pour l’heure, pas donné suite à notre demande. Le groupe Lapeyre « ne souhaite pas commenter l’affaire dans l’attente de la décision du TGI de Nanterre » de statuer sur ce dossier

Publié dans COMMUNIQUE FO

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