> ON ÉTOUFFE BIEN LES HÔPITAUX

Publié le par angeline351


> ON ÉTOUFFE BIEN LES HÔPITAUX

Des milliers d’emplois sont appelés à disparaître d’ici 2012 dans les établissements publics. Après 700 postes supprimés en 2009, la direction de l'Assistance publique de Paris en prévoit plus d’un millier d’autres en 2010. «Un scandale», s’insurge FO.


1150. C’est le nombre de suppressions de postes en 2010 auxquels doivent se préparer les personnels de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui regroupe une quarantaine d’établissements de la capitale et de sa proche banlieue. Ils s’ajouteront aux 700 emplois déjà supprimés en 2009. Quitte à dégrader un peu plus la qualité des soins et les conditions de travail des médecins, infirmières et autres aides-soignantes, s’insurge FO.

«L'idée est de réussir à faire aussi bien avec moins de moyens»», a indiqué la direction l'AP-HP, pour qui, il s’agit de profiter des 6 000 à 7 000 départs naturels prévus chaque année. Celle-ci a décidé ainsi d’appliquer sans discernement le programme d’économies décidé par le gouvernement et dont l’objectif est de réduire les dépenses de 350 millions euros d’ici à 2012, en entraînant la disparition d’environ 4.000 postes. De quoi faire sortir de sa réserve le président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP, le professeur Pierre Coriat qui a menacé dimanche de démissionner de son poste si ce plan de suppressions d’emplois n’était pas revu. «Le projet actuel risque de casser l'AP-HP. Pour calculer le budget de l'hôpital, le ministère de la Santé a sous-estimé notre activité», a déploré ce chef du service anesthésie-réanimation de la Pitié Salpêtrière, avant de dénoncer un «cercle vicieux». La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a confirmé l'existence dudit plan mais sans le chiffrer. Le nombre d’emplois supprimés doit être fixé définitivement «au début de l'année prochaine», a-t-elle simplement dit. Et, pour elle, il ne s'agit là que de «réorganisations structurelles destinées à rétablir durablement la situation budgétaire de l'établissement».

«C’est proprement scandaleux», réagi Didier Bernus de la fédération FO des services publics et de santé. «On met en avant la question de la qualité des soins et dans le même temps on continue d’étrangler financièrement les établissements en obligeant les personnels à remplir leur mission sans les moyens nécessaires», dénonce-t-il. Cette mise sous tension permanente ne touche pas seulement l'AP-HP mais tous les hôpitaux publics de l’hexagone La fédération a estimé ainsi à près de 6.000 le nombre de postes déjà supprimés ou programmés d’ici 2012. Le tout sous couvert de déficits savamment entretenus, explique FO, en référence au décalage persistant entre des dépenses qui ne peuvent qu’augmenter et des recettes de l’assurance maladie que l’on s’acharne à freiner, soi-disant pour favoriser l’emploi. «Et la loi "Hôpital, patients, santé, territoires” (HPST) adoptée malgré l’hostilité des personnels risque d’accélérer encore le désastre»», s’inquiète Didier Bernus.

Publié dans COMMUNIQUE FO

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article