> LES TRAVAILLEURS HANDICAPÉS DANS LA COURSE À LA PRODUCTIVITÉ

Publié le par Communauté FO

 


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ape 2 | Les Essarts, contre la montre par équipes

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Il n’y a pas que les coureurs du Tour de France, engagés le 3 juillet dans un contre la montre par équipes aux Essarts, qui doivent mouiller le maillot. Dans ce bourg de 5000 habitants aussi les travailleurs handicapés doivent chercher à se dépasser en permanence.

Il existe en Vendée une dizaine d’établissements de service d’aide par le travail (ESAT, anciennement CAT), qui permettent à des personnes handicapées d’exercer une activité professionnelle dans des conditions de travail aménagées, tout en bénéficiant d’un soutien médico-social et éducatif. L’ESAT Yon et bocage des Essarts compte 115 ouvriers, encadrés par 19 salariés.

 

Freddy Looren, éducateur technique spécialisé et délégué FO, s’y occupe plus particulièrement de la restauration collective à destination du personnel mais aussi du portage à domicile pour personnes âgées.

«On nous demande toujours plus de rentabilité, dénonce-t-il. Depuis 2010, la conception des repas a été confiée à l’entreprise Sodexho, qui fonctionne de manière très cadrée et nous revient très cher.» En 3 ans, pour faire des économies, le personnel d’encadrement a baissé de 30% alors que le nombre de travailleurs a augmenté de 13%.

«Aujourd’hui, 90% de notre activité est dédiée à la production au détriment de l’éducation, et dans le social, de plus en plus de directeurs ont cette vision des choses. Je suis harcelé depuis 4 ans car je refuse d’entrer dans ce système», ajoute le délégué, actuellement en arrêt de travail. Selon lui, les ESAT sont en train de perdre leur mission première d’intégration.

«Un jour, certains ouvriers qui ne seraient pas jugés suffisamment productifs pourraient être éjectés du système et devraient rester chez eux, on va leur demander d’être aussi performant qu’un valide». Il compte prochainement lancer avec l’union départementale FO une campagne d’alerte sur la question.

Isabelle Renard, secrétaire du syndicat départemental FO de l’action sociale et salariée de l’ESAT des 4 vents à Noirmoutier, un village vacances de 75 places, fait le même constat. «Avec la baisse des financements publics depuis 2 ans, la situation va devenir critique, explique-t-elle. Les 12.000 euros perçus chaque année par adulte handicapé ne permettent même pas de payer les salariés.» L’établissement affiche complet pour l’été et tourne hors saison avec des séminaires. «Si on prend plus de vacanciers pour être plus rentables, ça demande plus de travail et les travailleurs handicapés ne pourront plus suivre le rythme», prévient-elle.

Pour Joseph Islam, conseiller fédéral à la FNAS-FO, il est aussi urgent de mieux structurer la formation professionnelle. «80% des personnes handicapées n’ont aucune qualification, rappelle-t-il. Un décret de 2009 leur ouvre le droit à la formation professionnelle et met en place la validation des acquis de l’expérience mais souvent on leur propose des ersatz de formation ou des diplômes bidon. Ils sont dans la survie, ils me font penser aux ouvriers du début du XXè siècle qui faisaient les mêmes tâches répétitives sans perspectives d’évolution.»

 

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