LA MISÈRE, UN BON ALIBI PATRONAL

Publié le par angeline351

 

LA MISÈRE, UN BON ALIBI PATRONAL
 

Oui, nous sommes sauvés grâce aux bons samaritains qui nous proposent de nous sortir de la misère par la formule « travailler plus pour travailler plus », mais toujours en nous maintenant en dessous de la ligne de flottaison de la mouise sociale.

Cette posture contradictoire, mais calculée, leur permet de se présenter aux salariés comme les maîtres et que, sans eux, il n’y aurait rien… on leur devrait TOUT.

L’objectif de Force Ouvrière, depuis son origine, est l’émancipation des salariés : « l’œuvre revendicatrice de la classe ouvrière pour l’amélioration progressive de sa condition de vie, n’est qu’un aspect de l’action du syndicalisme qui prépare l’émancipation des salariés » ; c’est ce qui est rappelé dans la Charte d’Amiens.

Partant de ces deux postures, la notion de lutte de classe n’est plus à prouver.

Il est urgent de stopper le rouleau compresseur qui fait subir le travail de nuit, les nocturnes, le travail des jours fériés, le travail du dimanche… et la modération salariale aux salariés pour certains pseudo-volontaires.

C’est cette situation que de nombreux salariés du Commerce vivent. Encore dernièrement, à en croire le patron de Bricorama, il aide les salariés en les faisant travailler illégalement le dimanche. Oui, il est hors-la-loi au nom de sa « générosité » :

  • en maintenant des salaires bas, des salariés à temps partiel,
  • en utilisant la fragilité des étudiants.

Les bas salaires s’expliquent aussi par l’incitation que représentent les exonérations suivantes : « Les salaires versés inférieurs à 1,6 fois le SMIC ouvrent droit à un allègement des cotisations patronales dues au titre des assurances sociales (maladie, maternité, invalidité, vieillesse, décès) et des allocations familiales« .

Ces exonérations sont une baisse de notre salaire différé qui sont la cause du « trou » de la Sécu ; ce qui engendre les augmentations effarantes des complémentaires santé et des prévoyances. Certains camarades nous ont annoncé 14 % d’augmentation de leur mutuelle.

Ne nous plaignons pas, des « salauds » de pauvre bénéficient du RSA tout en travaillant car leur salaire sont trop bas, comme nos camarades de Camaïeu. Et c’est un argument que le patronat nous jette au visage lors de négociations en entreprise, comme en branche. Ils oublient juste de dire que le RSA est aussi financé par les salariés à travers les taxes et impôts. Au final, nous payons nos propres revenus.

Le temps partiel est le plus souvent subi par les femmes, ce qui les place régulièrement en dessous du seuil de pauvreté et les prive de l’accès à la formation. C’est ce que l’on peut lire dans les présentations des bilans de formations en entreprise ou les rapports des situations comparées entre les femmes et les hommes. Là encore, le patronat n’a rien eu à craindre puisque malgré l’illégalité permanente, les gouvernements renvoient à la négociation au lieu de veiller à l’application des normes internationales et du code du travail.

Pour mémoire, dans l’entreprise Distrilap, nous nous sommes vu refuser la signature d’un accord sur l’égalité professionnelle. Nous ne sommes pas assez représentatifs à leur goût (-30 %) –à la suite de la loi accompagnée par la CGT et la CFDT. Cette entreprise fait partie du groupe St Gobain qui affiche sur son site internet son respect des normes de l’OIT et qui s’organise pour ne pas payer la participation dans son intégralité par un montage financier. Près de 80 millions se seraient égarés ; encore une fois, à ne pas en douter, dans l’intérêt des salariés.

Les étudiants sont de plus en plus une cible pour le patronat, jusqu’à nous proposer, en entreprise comme en branche, des accords avec les mots « jeunes » et « étudiants » pour créer un nouveau statut pour mieux les exclure partiellement du code du travail… Ils ne seraient pas vraiment des salariés. Même le travail illégal le dimanche relève des bonnes âmes charitables patronales… mais non, ne voyons pas le mal partout, ce n’est pas dans le but de profiter de la situation, c’est parce qu’ils ont besoin de fric. Mais pas trop, juste le smic.

C’est vrai, les étudiants ont de plus en plus besoin d’argent pour accéder à des logements qui sont de plus en plus chers. Au nom, de la concurrence libre et non faussée, les logements sont de plus en plus privatisés avec des loyers de plus en plus libres, donc chers. Sans oublier les frais d’inscription qui ne font qu’augmenter.

La République ne joue pas son rôle, car l’égalité d’accès n’est pas la même suivant le milieu social d’où l’on vient. C’est ce que l’on appelle l’égalité des chances. Certains ont papa et maman pour payer et les autres sont obligés d’être volontaires pour travailler illégalement le dimanche en percevant une rémunération qui les maintient dans une dépendance financière. Il serait dommage de se priver de cette main-d’œuvre bon marché.

L’INSEE nous a éclairés sur les conséquences du travail sur la réussite des études :

  • un étudiant non salarié a un taux de réussite à l’examen de 66% et un taux de poursuite des études de 89,9 %,
  • un étudiant salarié (travaillant plus de 16 heures) a un taux de réussite à l’examen de 37,9 % et un taux de poursuite des études de 74,1 %.

Là encore, c’est sûrement dans l’intérêt des étudiants que de les laisser travailler au lieu de les aider en augmentant les bourses et allocations.

On ne peut qu’inviter les étudiants à se grouper entre eux, c’est ce que l’on appelle un syndicat. Nous n’avons rien trouvé de mieux pour défendre nos intérêts.

Un syndicat qui défende leurs intérêts et sans accompagner les décisions du patronat comme le fait la CGT de Bricorama, citée comme exemple par l’avocat de Bricorama (sur RMC le 02/11/2012). Ce syndicat qui rappelle à qui veut l’entendre qu’il n’est ni pour, ni contre le travail du dimanche, bien au contraire.

En pleine négociation de branche, la CGT (représentée par la DSC de Bricorama) avait proposé avec la CFDT, un communiqué de presse à l’ensemble des syndicats pour crier à l’unisson : « Nous sommes contre le travail du dimanche, mais il faut négocier des contreparties« . Pour ou contre, nous avons choisi et refusé cette mascarade.

Leur objectif était de mieux contourner nos camarades FO chez Bricorama qui tiennent la position de l’Organisation, la défense du repos dominical et l’augmentation générale des salaires.

Au lieu de revendiquer des augmentations de salaire pour tous, elles voulaient des contreparties qui impacteraient les négociations salariales. Là encore, ce sont les salariés qui paient le financement du travail du 7ème jour par la modération salariale.

Il est vrai que la branche du Bricolage est exemplaire en terme de politique salariale, puisque les deux tiers des minima de salaires des employés sont en-dessous du SMIC depuis le 1er juillet.

En ce moment, nous entendons que les associations caritatives attendent des dons pour continuer à exister, certaines entreprises du commerce sont donatrices sous deux formes :

  • de l’argent avec un crédit d’impôt à la clé,
  • et des salariés qui ne gagnent pas assez pour pouvoir se nourrir convenablement.

Il n’y a qu’une solution pour que soient portées haut et fort nos revendications : il faut s’organiser au sein d’une organisation libre et indépendante. Ça tombe bien, ce sont nos valeurs !

 

Publié dans COMMUNIQUE FO

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