> JEAN-CLAUDE MAILLY: «LA CRISE N'EST PAS FINIE»

Publié le par communauté FO

> JEAN-CLAUDE MAILLY: «LA CRISE N'EST PAS FINIE»
La Nouvelle République 
Venu assister aux travaux du congrès départemental de FO, Jean-Claude Mailly a livré à la Nouvelle République son analyse de la situation économique.

Nouvelle République: Quelles réflexions vous inspirent ce qui se passe en Grèce, au Portugal, en Irlande ou en Espagne?
Jean-Claude Mailly: « Nous sommes pour l'Europe à FO, mais nous sommes très critiques sur l'Europe que l'on a construite depuis 25 ans, une Europe qui fait la part belle au néolibéralisme. Dans les pays cités, on fait payer aux salariés et plus généralement à la population les conséquences de la turpitude des marchés. La crise de 2007, dont les grandes banques sont responsables, a fait exploser les déficits publics. Et on dit aujourd'hui aux peuples qui n'y sont pour rien que c'est à eux de rembourser ! C'est injuste et indigne. En France, nous ne sommes pas dans la même situation que la Grèce, mais nous avons un contexte d'austérité. »

NR : Sommes-nous sortis de la crise ?
« La crise n'est pas finie... C'est une crise de système et pour en sortir, il faudrait des changements profonds au niveau mondial, européen et national. Or rien n'a changé : les paradis fiscaux sont toujours là, le fonctionnement des marchés aussi. »

NR : Dans ce contexte, que revendique FO ?
Jean-Claude Mailly: « Une meilleure répartition des richesses en France et la meilleure façon d'y arriver, c'est augmenter les salaires. Nous demandons un passage progressif du SMIC au niveau de 80 % du salaire médian, soit 1.320 € nets. Et à chaque augmentation du SMIC, une révision des grilles branche par branche. Nous exigeons la préservation des régimes de protection sociale que l'on met à mal au nom de la rigueur budgétaire. Idem sur les services publics. La RGPP a des impacts néfastes pour les salariés des services publics, mais aussi et surtout pour les usagers... »

Yves Marinier prend le large
A la fin de son discours, il a eu droit à une standing ovation pendant de nombreuses minutes. « C'était mon dernier discours en tant que secrétaire général de l'union départementale FO », confie Yves Marinier un peu ému. On ne tourne pas si facilement la dernière page d'un long chapitre : plus de dix ans à la tête de l'UD... En fait, c'est toute une vie de militant qui prend une nouvelle tournure avec la retraite de l'intéressé.
Yves Marinier : « J'ai adhéré le 1 er mai 1968 », raconte-t-il. « J'avais 18 ans. J'ai adhéré par idéal, attiré par l'humanisme qui régnait à FO, ses valeurs, son histoire et surtout son indépendance. Quand je l'ai annoncé à mon père, un vieux SFIO, il m'a dit que j'avais fait le bon choix. » Et très vite, le fonctionnaire du trésor est devenu un permanent de l'organisation, en formant à Paris les cadres du syndicat, puis en prenant en main les destinées de l'UD ces dix dernières années. Ce qui lui a permis de renouer avec la terre de ses ancêtres : « Ma famille vit depuis au moins 1536 à Ferrière-sous-Beaulieu. Viticulteurs de père en fils : c'est moi qui ai brisé la chaîne ! »

Désormais, Yves va partager son temps entre la Touraine et le Jura, sans couper les liens avec FO. Histoire de rappeler aux jeunes « l'opposition par nature entre le capital et le travail ». Conviction qu'il a laissée en testament avant de prendre un peu le large.

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