Fnac : le grand dégraissage

Publié le par angeline351

Fnac : le grand dégraissage

À la Fnac, les suppressions de postes s’enchaînent plus vite que la musique.  

Jeudi dernier, la Fnac annonçait, via un communiqué de presse, la  suppression de 180 postes de disquaires (sur un effectif total de 800) dans « les magasins des sociétés Codirep (Île-de-France,   sauf Paris) et Relais (province). » Pour justifier cette vague de licenciements, la direction met en avant la « très forte dégradation » que subit le marché du disque depuis le début des années 2000. En juin dernier, un article du Parisien faisait déjà état de ce nouveau plan social qui tablait sur 600 destructions d’emplois.  La Fnac avait alors démenti l’information.

Du côté des syndicats, on accuse le coup : « Pour rester poli, disons que nous somme un peu KO debout. Nous sommes encore dans un précédent plan de licenciement qui n’est pas encore terminé et là, ça continue, soupire Olivier Davanture, responsable syndicat FO au magasin de Dijon. Suite à l’article du Parisien, nous avions demandé des explications… La direction nous avait certifié que l’article était faux et infondé. »

Pour l’instant, la direction n’a pas précisé les modalités de ce plan social ni indiqué à quel niveau allait être impacté le magasin de Dijon. D’après le  communiqué, les négociations débuteront courant octobre. Des tractations qui inquiètent d’ores et déjà le syndicaliste : « Nous ne savons pas encore combien des huit disquaires de Dijon seront concernés. Nous allons nous battre pour qu’il n’y ait pas de licenciements. S’il n’y a pas de volonté de négocier de la part de la direction, je pense que cela pourra concerner la moitié de l’effectif. » Joint par téléphone, le directeur du magasin de Dijon « ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet. » On s’en serait douté…

Olivier Davanture s’étonne, par ailleurs, que ce plan de licenciement arrive à un moment ou le marché du disque connaît une certaine embellie : « D’après le Snep, les courbes des ventes du disque sont en chute libre jusqu’à fin 2012. Quand on regarde au premier semestre 2013, on note une augmentation de 6,4 %. Le directeur d’exploitation France de la Fnac nous dit qu’il ne faut pas se fier à ce chiffre positif, dû uniquement, d’après lui, à la sortie de l’album des Daft Punk. Donc en gros s’il n’y a pas Daft Punk, on licencie tout le monde ? C’est vraiment n’importe quoi. »

 

Lucide, Olivier Davanture sait bien que les jours heureux sont derrière et que ce plan social n’est qu’une étape vers un nouveau modèle économique voulu par la direction de la Fnac. « À terme, on nous annonce des magasins en showrooming. En clair, la Fnac n’aura plus vocation à avoir des experts en disques ou en livres. Vous aurez des vendeurs, point. Nous étions 120 en 2000, nous ne sommes plus que  64 aujourd’hui. »

Publié dans COMMUNIQUE FO

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