ArcelorMittal

Publié le par angeline351

 


> LA DIRECTION PERSONNA NON GRATA À FLORANGE
Les salariés de l’aciérie lorraine empêchent depuis lundi les cadres dirigeants de pénétrer sur le site. Craignant le pire pour leurs emplois, les métallos exigent le redémarrage immédiat des deux hauts-fourneaux à l’arrêt depuis plusieurs mois.
Les salariés d’ArcelorMittal de Florange en Moselle ont investi lundi matin les locaux de la direction générale de l’aciérie, empêchant ainsi les cadres dirigeants de pénétrer sur le site. L'occupation des bureaux se poursuivra jusqu'au redémarrage des deux hauts-fourneaux arrêtés «temporairement» (l'un en juillet et l'autre en octobre 2011), prévient l’intersyndicale FO-CFDT-CGT-CGC. «Ce n’est que le début d'une longue série d'actions décidées jeudi dernier par une assemblée générale de 1100 salariés», souligne Walter Brocoli (FO). Depuis qu’ils ont appris le 14 février que les hauts-fourneaux ne redémarreraient probablement pas en 2012, les métallurgistes déjà en chômage partiel craignent désormais le pire pour leurs emplois. «Comment croire à un arrêt temporaire d’au moins 18 mois?», s’interroge le représentant FO, avant d’expliquer, que «les annonces de la direction s’inscrivent dans un scénario cousu de fil blanc, avec comme dénouement la disparition pure et simple du site mosellan». 



Tout indique en effet que le groupe n’est pas dans une stratégie industrielle mais dans une logique financière. Les dirigeants d’ArcelorMittal avaient présenté un bénéfice net de 2,3 milliards de dollars pour le groupe en 2011…. quelques jours à peine avant leur décision de prolonger l'arrêt de la plus grosse partie de l’aciérie lorraine. Laquelle, d’après eux, ne résulterait que de la faible demande internationale, en particulier des constructeurs automobiles. Mais l’explication ne convainc pas les 2.800 salariés de Florange qui savent qu’une ligne d'étamage du packaging (fabrication des boîtes de conserves) a été stoppée, elle aussi «temporairement», et ce malgré une demande soutenue de cette activité. Après le chômage partiel qui touche environ 2 500 salariés depuis octobre à Florange et impacte près 160 sous-traitants, les syndicats estiment que la prochaine étape sera forcément l’abandon de Florange. «ArcelorMittal a procédé de la même façon avant de fermer récemment ses usines de Lièges (Belgique) et de Madrid (Espagne)», rappelle FO. 

Les actions entamées hier ont pour but également de mettre «face à ses responsabilités le gouvernement qui se réfugie derrière le discours des dirigeants du groupe assurant qu’il n’y a aucun projet de délocalisation programmé des activités mosellanes», précisent les syndicats. «En 2008, ils ont fait le même coup à Gandrange où un scénario identique avait condamné cette autre grande usine lorraine…. à dix kilomètres de Florange», peste Walter Brocoli. Soutenant la lutte des métallos florangeois, Alexandre Tott, secrétaire de l’Union départementale FO de Moselle, juge lui aussi que «ce nouveau report, associé à une quasi-absence d’entretien des installations, fait craindre un arrêt définitif de l’aciérie». Pour lui, «la pérennité de Florange passe par une reprise en main de l’outil industriel par l’État, et donc par une nationalisation partielle ou totale de l’entreprise. C’est la seule issue possible pour développer l'industrie dans une région aussi sinistrée que la nôtre». Et d’ajouter : «si "produire en France" dans le secteur doit avoir un sens, c’est bien celui-là».
 
 
 

Publié dans COMMUNIQUE FO

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