EUROPE : LE CALME PLAT

Publié le par angeline351

Elections Européennes 2009
Dans l'Union européenne, c'est « le calme plat »
 

VOS TEMOIGNAGES Bureaux de vote vides, débats très nationaux... Pour de nombreux internautes du Figaro.fr expatriés dans l'UE, les élections ne passionnent pas les Européens.

« Le calme plat... ». Roderdu74 étudie à Cardiff, au Pays de Galles. Les européennes ? Il ne les a pas vues passer… ou presque. « Les étudiants ne s'y intéressent que très peu ». Le jugement est encore plus radical chez FrenchDevil. « Je pense que les Anglais sont plus intéressés par l'émission de télé réalité Big Brother que par ces élections », n'hésite-t-il pas à écrire. Il faut dire qu'au Royaume-Uni, le scandale des notes de frais a complètement éclipsé la campagne, explique-t-il. « Ici, nous faisons le nettoyage de printemps !», confirme Grincant, depuis le comté du Hampshire. Un « nettoyage » qui a fait oublier les véritables enjeux de ce scrutin. « La campagne n'a absolument pas parlé d'Europe », se désole kaizer franz, à Manchester.

Des campagnes très nationales

Il n'y a pas qu'en Grande-Bretagne que les débats nationaux l'ont emporté sur les débats proprement européens. En Pologne, la célébration du 20e anniversaire des élections démocratiques a « pris le pas sur le reste », explique Guru Zen, à Cracovie. Quant aux spots de campagne diffusés à la télévision dans le pays, « ils relevaient plus de la politique nationale que d'une politique véritablement européenne », déplore-t-il. Idem en Hongrie, où « l'idée européenne a encore du chemin à faire » selon Marie_29, et en Autriche, « pays [qui] se replie sur lui-même», estime Ici vienne.

L'Allemagne, pays à part ?

Y aurait-il un seul pays où la campagne est vive, enthousiasmante et traite de sujets de fond ? Oui à en croire Erasme19, étudiant à Leipzig, qui affirme que l'Allemagne se détache du lot. « En Allemagne, les élections sont beaucoup plus médiatisées qu'en France. Les affiches et les meetings se répandent dans toutes les villes. Il y a un réel intérêt pour ces élections à tous les niveaux», témoigne-t-il. Et de poursuivre : « On est bien loin des débats Franco-français et de l'omniprésent antagonisme gauche/droite qui règne encore dans l'hexagone. Aucun risque ici d'un vote sanction contre le gouvernement en place. On ne mêle pas la politique interne et ses querelles partisanes à la politique communautaire, surtout si cela devait nuire à cette dernière ». Pourtant, à Berlin, Samshiel19 doute de l'intérêt réel des Allemands pour ce scrutin. « Si les affiches sont très présentes dans les rues, personne ne semble s'y intéresser… », note-t-il.

Forte abstention

« Malheureusement, ce n'est pas un sujet vendeur », résume augustin13, à Dublin. D'ailleurs, la plupart de ses collègues n'iront pas voter vendredi. Et ils ne seront pas les seuls à ne pas faire le déplacement jusqu'aux bureaux de vote : l'abstention s'annonce forte dans tous les pays de l'Union. Jeudi, la Grande-Bretagne a ouvert le bal des votes. « Les bureaux étaient vides », raconte PierreSonne, à Londres. « Faisant campagne de 7h à 11h, je n'ai vu passer que 75 personnes dans mon bureau de vote ». Même désarroi chez Li3592 : « Je suis allée voter près de chez moi, raconte-t-elle. Je me suis sentie bien seule, mais fière d'être Européenne ».

Difficile de voter pour une liste française à l'étranger

Cette abstention, redoutée dans tous les pays de l'Union, pourrait bien être renforcée par les difficultés que rencontrent les électeurs français à l'étranger pour voter, affirment de nombreux lecteurs. « On se plaint de l'abstention mais on fait tout pour nous empêcher de voter », estime brillant001. Depuis 2003, les Français résidant dans un autre pays de l'Union ne peuvent en effet plus voter dans les centres de vote à l'étranger. Ils doivent désormais s'inscrire sur les listes électorales d'une commune française, voter par procuration, ou voter dans leur Etat de résidence. « Pour un(e) ressortissant(e) français(se), qui est accro à l'exercice de la citoyenneté; vouloir voter pour une liste française, c'est l'inaccessible comète », conclut amico, à Gênes.

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