Le RSA entre en vigueur et se substitue au RMI

Publié le par angeline351

Le RSA entre en vigueur
et se substitue au RMI

Marc Landré
 

La mesure portée par Martin Hirsch permettra de réduire de 10% le taux de pauvreté cette année.

Le RMI est mort, vive le RSA ! Depuis lundi minuit, le RMI, mis en place il y a vingt ans par Michel Rocard, n'est plus. Il est remplacé par le RSA - revenu de solidarité active -, porté depuis plus de quatre ans par Martin Hirsch, le haut-commissaire aux Solidarités actives que Nicolas Sarkozy a convaincu en mai 2007 d'entrer au gouvernement pour le mettre en œuvre. «Projet de guerre contre la pauvreté», selon l'expression de l'ex-président d'Emmaüs France, le RSA touche 7 millions de personnes dont 40% d'enfants et 1,5 million de familles qui bénéficiaient du RMI ou de l'API (allocation parent isolé).

Concrètement, le RSA se substitue au RMI et à l'API et garantit à ceux qui reprennent une activité un complément de revenus, en moyenne de 110 euros par mois. Il permet aussi à ceux qui ont un emploi mais se situent en dessous du seuil de pauvreté en raison de leurs bas revenus - les «travailleurs pauvres» - de bénéficier d'une allocation complémentaire. «Le système est fait pour qu'à chaque fois que vous reprenez un travail - ou travaillez un peu - votre revenu augmente, note Martin Hirsch. Si vous gagnez 100 euros de plus grâce à votre activité, vous êtes assuré d'en conserver 62, une différence par rapport au RMI, où vos revenus diminuaient.» Au total, le dispositif pourrait permettre à 700.000 personnes de franchir le seuil de pauvreté, fixé à 880 euros par mois pour un célibataire. Soit une diminution immédiate de 10% de la pauvreté.

Le coût du dispositif ? Près de 10 milliards : l'essentiel de cette somme reprend les dotations existantes du RMI et de l'API. Le reste des fonds - 1,5 milliard - est apporté par une nouvelle taxe de 1,1% sur les revenus du capital. «C'est la première fois depuis la CMU que l'on met de l'argent neuf pour la catégorie des ménages pauvres», se félicite Martin Hirsch.

 

Meilleur retour à l'emploi

Le RSA a été testé pendant un peu moins de dix-huit mois dans 34 départements auprès de 15.700 volontaires. Il ressort du bilan rendu public il y a quelques jours un taux moyen de retour à l'emploi «plus élevé de 9 % dans les zones expérimentales que dans les zones témoins». Soit une division par trois en un an. Les résultats varient cependant fortement selon les départements qui expérimentaient des versions différentes du RSA. Autres points marquants : un quart des personnes ayant retrouvé un emploi étaient au RMI depuis plus de quatre ans, contre un cinquième dans les zones témoins. Une statistique qui n'a pas varié en neuf mois.

Malgré ces résultats qui ont «soulagé» Martin Hirsch, la mise en place du RSA reste controversée. Notamment pour le surcroît de travail induit dans les caisses d'allocations familiales chargées du versement de la prestation dès juillet et dans les conseils généraux qui ont la responsabilité de l'orientation des bénéficiaires. Mais aussi au Pôle emploi, dont les agents vont accueillir en neuf mois plusieurs centaines de milliers d'allocataires. «Ce ne sera pas facile, reconnaît Martin Hirsch. Mais on a brisé un tabou : les bénéficiaires du RSA ne seront plus dans le compartiment dont personne ne s'occupe et leur probabilité de trouver un emploi sera désormais identique à celle des autres chômeurs.»

Publié dans VOS DROITS

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