GRÈVE AUJOURD’HUI À EDF ET GDF-SUEZ

Publié le par angeline351

GRÈVE AUJOURD’HUI À EDF ET GDF-SUEZ
Les syndicats revendiquent une hausse générale des salaires dans deux entreprises où les profits records ont servi jusque-là à augmenter les dividendes de leurs actionnaires et les rémunérations fixes et variables de leurs dirigeants.

Électriciens et gaziers ont été appelés à cesser le travail ce jeudi par les cinq fédérations syndicales de l’énergie (FO, CFDT, CFTC, CGC et CGT). La grève porte sur les salaires, les conditions de travail et l’emploi. Le mouvement pourrait être reconduit demain si les négociations n’aboutissent toujours pas. Bien que les agents se soient mobilisés en masse le 29 janvier comme le 19 mars, avec des taux de grèves records, les directions de GDF-Suez et EDF ont continué à mépriser les revendications portées par l’ensemble des syndicats, explique la fédération FO de l’énergie (FNEM-FO).


Au niveau de la Branche des Industries Electriques et Gazières (IEG), les syndicats exigent une hausse générale des salaires de 5% pour tous, une «amélioration des minima de branche concernant les avancements au choix au 1er janvier 2009» (déroulement des carrières), «l’arrêt des suppressions des effectifs» ainsi qu’une «définition d’une autre politique d’emploi et de recrutement». Au niveau des filiales «distribution» des deux groupes (ErDF et GrDF), ils revendiquent en plus une prime de 1 500 euros pour tous les agents et l’arrêt des externalisations. «Chez les distributeurs en plus des questions de pouvoir d’achat, les agents sont confrontés à des projets successifs d’externalisation des activités, entraînant la suppression de milliers d’emplois statutaires et, à n’en pas douter, une nouvelle dégradation de la qualité du service public de l’électricité et du gaz», soulignent les cinq organisations syndicales.

Ces deux filiales sont déjà en proie à des mouvements de grève tout azimut des salariés précisément sur ces questions. Depuis dix jours, des dizaines de sites ont été bloqués par des arrêts de travail reconductibles un peu partout en France (Ile-de-France, Nord-pas-de-Calais, Normandie, Picardie, Languedoc-Roussillon Gironde, Aquitaine...). Ils reflètent on ne peut mieux l'absence de dialogue social tant à EDF qu’à GDF Suez. «Les négociations dans le cadre des préavis de grève n’ont rien donné, les directions des entreprises n’ayant fait aucune proposition susceptible de répondre aux attentes des salariés, en particulier sur l’augmentation générale des salaires», déplore la FNEM-FO.

Pour la fédération, «c’est d’autant plus inadmissible que les deux groupes sont largement bénéficiaires ». Une allusion aux bénéfices records de 6,5 milliards d'euros de GDF-Suez et de 3,4 milliards d’euros d’EDF réalisés en 2008 et qui n’ont servi, pour l’heure, qu’à contenter les actionnaires et les dirigeants des deux entreprises. Ainsi, après avoir versé 74% de ses profits à ses actionnaires, GDF-Suez s’est autorisé à multiplier par trois le salaire fixe et par cinq la rémunération variable de son vice-président Jean-François Cirelli. Son salaire annuel s’élève désormais à près de 1,3 million d'euros, (+ 183%) et sa part variable à 735.413 euros. Il en serait de même pour les salaires des autres membres du comité de direction. Et ce avec l’onction de l'État, premier actionnaire du groupe à hauteur de 35,7%. «Ils sont complètement à côté de la plaque», s’indigne la FNEM-FO qui en vient à se demander «jusqu'où iront ces patrons dans la provocation et le mépris envers les salariés».

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