RETRAITE. VOS DROITS !....

Publié le par angeline351


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    Un employeur ne pourra plus mettre d'office en retraite un salarié contre son gré avant 70 ans, au lieu de 65.

    Le budget 2009 de la Sécurité sociale avait failli passer comme une lettre à la poste. Jusqu'à cet amendement surprise, déposé un vendredi en fin de soirée à l'Assemblée : les entreprises ne pourront plus mettre d'office en retraite leurs salariés contre leur gré avant 70 ans, au lieu de 65. Il n'en fallait pas plus à la gauche pour s'écrier que la droite instaurait à la sauvette la retraite à 70 ans !

    En réalité, pour la majorité, il s'agit seulement de laisser la liberté de choix aux salariés - statistiquement peu nombreux - qui n'ont aucune envie de s'arrêter de travailler. Les syndicats en conviennent, même s'ils redoutent que derrière cette belle intention, se cache aussi une volonté d'instiller peu à peu l'idée qu'il faudra, un jour, reporter l'âge légal de la retraite au-delà de 60 ans. Paradoxe, l'intention initiale du gouvernement, connue depuis le printemps, était de supprimer la barrière d'âge, et c'est à la demande des entreprises que les parlementaires ont fixé une limite à 70 ans - ces dernières craignaient de n'avoir d'autre choix que de licencier un salarié dont elles ne voulaient plus, au risque d'être accusées de discrimination…

     

    Encourager l'emploi des seniors

    Concrètement, chaque année à partir de 65 ans, le salarié recevra de la part de son employeur un formulaire dans lequel il devra indiquer s'il souhaite « rempiler » une année. Dans la fonction publique, l'âge couperet, généralement fixé à 60 ans pour le moment, est repoussé à 65 ans. Mais les agents dits en « service actif », qui occupent des postes difficiles (aides-soignantes, infirmières, policiers, surveillants de prison…), pourront toujours partir dès 55 ans et garderont les « bonus » dont ils profitent souvent sur les années de cotisation. Quant au personnel aérien, qui avait fait grève sur ce sujet, sa limite est aussi fixée à 65 ans.

    L'autre grand changement issu du « rendez-vous 2008 » sur les retraites est… une simple confirmation. Comme prévu dès 2003 dans la réforme Fillon, la durée de cotisation pour une pension à taux plein augmentera progressivement pour atteindre 41 ans en 2012. La mesure était semi-automatique, c'est-à-dire qu'il aurait fallu un décret pour modifier ce rythme.

     

    Retraites complémentaires

    Le système des carrières longues, qui permet aux personnes ayant commencé à travailler très jeunes de partir avant 60 ans, est maintenu, mais subit un allongement parallèle des durées de cotisation. Les années d'études rachetées ne seront plus prises en compte dans ce dispositif et, pour limiter les fraudes, le nombre de trimestres pouvant être régularisé par simple déclaration sur l'honneur d'un témoin sera plafonné à quatre.

    Enfin, le gouvernement veut encourager l'emploi des seniors. Le cumul emploi-retraite est ainsi autorisé sans plafond de revenu pour les plus de 65 ans ou les plus de 60 ans ayant une carrière complète. Pour ceux qui continuent à travailler alors qu'ils ont obtenu un taux plein de retraite, la majoration de pension (surcote) est portée à 5 % par an dans le public comme le privé.

    Reste une grande inconnue en ce début d'année : les retraites complémentaires (Agirc-Arrco). L'accord entre syndicats et patronat, qui gèrent ces régimes, expire bientôt. Faute de nouveau texte signé d'ici à fin mars, les salariés prenant leur retraite avant 65 ans, à partir de mai, se verraient appliquer une décote de 22 % maximum sur leurs pensions complémentaires. Or le Medef a ravivé la crainte d'un échec en expliquant qu'il comptait bien profiter de la négociation pour reposer la question de l'âge légal de la retraite, qu'il voudrait voir repoussé à 61 ou 62 ans.

    Face à cette « provocation », FO a appelé « les salariés qui remplissent aujourd'hui les conditions pour partir à la retraite au taux plein à faire liquider immédiatement leurs droits à pension ou au plus tard le 1er avril ». Les autres syndicats ont peu apprécié cette dramatisation car, si tous tablent sur une négociation ardue, aucun ne veut imaginer un échec. Les discussions s'ouvriront le 27 janvier.

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