LE REVEIL DU VOLCAN

Publié le par angeline351

> AGNÈS DIOT OU «LE RÉVEIL DU VOLCAN»

Née en région parisienne, de parents d’origine italienne, c’est en ce beau pays de Somme que j’ai passé une jeunesse épanouie et une scolarité studieuse, littéraire, mâtinée de latin et de grec pour passer un bac …D.

  Au départ, je souhaitais me destiner au professorat, mais quelques aléas familiaux m’ont amenée à faire des études courtes, tellement courtes qu’il n’y en a pas eu ! Et c’est ainsi qu’en 1971 je me suis présentée au C.H.U. d’Amiens pour y avoir une activité dans les laboratoires. Tout d’abord A.S.I puis rapidement laborantine, j’ai été nommée technicien de laboratoire le 1er janvier 1989, suite à l’application d’un protocole signé par des “organisations syndicales”.

J’avoue qu’à l’époque j’étais un peu loin de la chose syndicale, dans la mesure où, pour moi, ma vie professionnelle se résumait à la vie de mon laboratoire. C’est à l’occasion de ce changement de situation professionnelle que je me suis interrogée sur l’utilité d’adhérer à un syndicat. C’est à ce moment là que j’ai rencontré Frédéric HAPPE, Secretaire régional de Picardie, qui m’a convaincue d’adhérer à FO.

 

Depuis ce jour, je me suis investie avec lui dans la vie du Groupement Départemental de la SOMME dont je suis devenue rapidement secrétaire adjointe. J’ai pu très vite faire la comparaison entre la vie d’un C.H.U. et celles dans les établissements dits “petits”.

Rapidement, l’aspect social m’est apparu l’activité essentielle dans quoi je voulais m’engager syndicalement. C’est à la même époque que je me suis investie dans les C.A.P.L., C.A.P.D., au C.T.E. et dans les commissions de réforme.

Dans un second temps, j’ai pu, grâce au dynamisme de l’équipe, m’intéresser de près à la formation continue en intégrant les rangs de la délégation régionale FO de l’A.N.F.H.. C’est aussi à ce moment là que je suis devenue secrétaire adjointe du syndicat FO du C.H.U. d’Amiens alors que Frédéric prenait la tête de celui-ci. Le premier gros dossier que j’ai eu à traiter était celui de la reconnaissance de la catégorie active pour les personnels de blanchisserie. J’avais été interpellée par eux, alors qu’en tant que collecteur je passais dans leur service pour percevoir les cotisations. La négociation avait mal débuté puisque le chef de bureau de l’époque m’avait dit : «si vous aimez la poussière, les dossiers sont là-bas par terre ». Cela ne m’a pas démontée et c’est avec une certaine fierté que j’ai annoncé à 57 agents sur 60 que j’avais obtenu pour eux la possibilité de partir en retraite dès 55 ans. C’est là que j’ai réalisé qu’à l’hôpital il y a aussi des personnels techniques et ouvriers, des administratifs qui oeuvrent sans bruit pour le bien du malade. Il est bien dommage aujourd’hui que les gouvernements ne prennent pas en compte le dévouement de ces personnels.

Plus j’ai eu de responsabilités, plus ma capacité d’indignation s’est développée. En fait, plus on a une vue globale des choses et plus les inégalités sont criantes. Lorsque je suis devenue secrétaire adjointe au bureau régional, j’ai pu par exemple toucher du doigt les inégalités en matière d’accès à la formation continue : si l’on n’est pas en phase avec les décideurs que sont les directeurs de soins, on est prié de prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur social. D’ailleurs, les oeuvres sociales aussi deviennent souvent le jouet de certains directeurs. Mais la “médiocritude” n’étant pas ma tasse de thé, ces mal-pensants m’ont toujours trouvée en travers de leur route pour défendre les intérêts des agents, qui, par leur vote et leur adhésion, m’ont fait confiance.

C’est en parlant avec les syndiqués qui représentent l’ensemble des acteurs de l’hôpital, sans animosité et sans jugement de valeur, que j’ai découvert le véritable sens du mot “camarade”. Pour moi “être camarade”, c’est un état d’esprit que seule Force Ouvrière véhicule.

J’ai été trop longtemps un volcan éteint dans un service hospitalier : grâce à l’activité syndicale, depuis que je me suis réveillée, je suis toujours en éruption … un peu comme les volcans d’Italie.

 

 

vos déleguées FORCE OUVRIERE

Olympia & Sylvie

Publié dans SERVICE PUBLIC

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