QUI PAYE LA FACTURE

Publié le par olympia & sylvie

> FO REFUSE QUE LES SALARIÉS PAIENT LA FACTURE

D’OÙ VIENT LA CRISE?

La crise financière alimente jour après jour l’actualité, au gré des faillites de banques historiques, des pertes abyssales annoncées par les sociétés financières et des plans de sauvetage initiés par les pouvoirs publics.

Plus d’un an après le déclenchement de la crise des subprimes aux États-Unis, les effets en cascade ont progressivement débordé la sphère immobilière américaine et révélé la folle mécanique des innovations financières et de leur imbrication croissante et mondialisée au travers de la titrisation, cette transformation généralisée des crédits bancaires en titres négociables sur les marchés. Ce qui conduit dans les faits à de la cavalerie et à une dissémination cachée des virus.

Au-delà des soubresauts des différentes places boursières, qui rythment les flashs d’information sans fournir la moindre explication, le mal se révèle bien plus profond. La crise en cours, qui est une crise du système capitaliste dont le terme et la conclusion demeurent plus que jamais incertains, justifie la remise en question de la financiarisation de l’économie et éclaire la perversion du capitalisme financier.

LA DÉROUTE D’UN SYSTÈME ÉCONOMIQUE...

Après les faillites retentissantes d’entreprises comme Enron en 2001 ou Parmalat en 2003 et la mise en lumière des collusions incestueuses entre les acteurs (sociétés, cabinets d’audit et de conseil, agences de notation), on nous promettait un assainissement du système financier.

Or, l’histoire se répète et témoigne de l’amnésie permanente propre au fonctionnement des marchés. Il est vrai que le caractère frauduleux de ces affaires facilitait la mise au ban de quelques brebis galeuses et préservait la communauté financière d’une contestation plus globale.

On assiste une nouvelle fois à une mise en accusation de comportements individuels et à la recherche de figures coupables chargées d’endosser la responsabilité de la débandade.

La crise financière n’est probablement pas exempte de fraudes et d’actes illégaux, mais les sources du désastre sont ailleurs et l’effondrement parfaitement prévisible car inscrit dans les gènes de la déréglementation financière.

...CONSTRUIT POUR LES INTÉRÊTS DU CAPITAL ET CONTRE LES SALARIÉS

Ainsi, au niveau mondial, la finance se nourrit depuis plusieurs décennies de l’évolution déséquilibrée du partage de la valeur ajoutée, c’est-à-dire des richesses produites, entre les revenus du travail et du capital. Si la part des profits s’est sensiblement accrue, elle ne s’est pas traduite par une dynamique soutenue de l’investissement productif, mais a gonflé les revenus financiers tout en accentuant la pression exercée sur les entreprises en termes de rentabilité, avec des taux de retour sur placements exigés de 10 à 20%.

Seule certitude, en bout de chaîne, ce sont les salariés qui trinquent: modération salariale, détérioration du pouvoir d’achat, explosion du chômage et de la précarité, dégradation des conditions de travail, remise en cause de la protection sociale collective, recul des services publics...

Parce qu’il n’est pas le premier, cet effondrement du système financier doit être l’occasion de mettre un terme à la fuite en avant de la finance et de démystifier une mondialisation financière heureuse, équilibrée, vertueuse et source de développement économique. La constitution de bulles n’est pas le fruit d’accidents de parcours ou d’anomalies ponctuelles: elle résulte du fonctionnement naturel des marchés financiers, livrés à eux-mêmes pour cause de déréglementation totale, acceptée au fil des années par les gouvernements.

DES PROMESSES DE RÉGULATION ALÉATOIRES

Face à l’ampleur des dégâts, les pouvoirs publics s’engagent à renforcer la régulation et la transparence. Or, qu’adviendra-t-il des discours enflammés stigmatisant les spéculateurs irresponsables et prônant la moralisation des professions concernées dès lors que les Bourses repartiront à la hausse? Le défaut de transparence n’est qu’une manifestation mineure des dérives de la finance et sa promotion vise essentiellement à repousser la réglementation légale et l’exercice d’un contrôle strict par les pouvoirs publics.

Aucune forme de transparence ne pourra moraliser la finance tant que les paradis fiscaux joueront, avec la bénédiction silencieuse et honteuse des grandes puissances, le rôle de plaques tournantes et de boîte noire des transactions financières, y compris au sein même de l’Union européenne.

La régulation ne peut se limiter à un simple réajustement des marchés grâce à l’intervention des États, sommés de jouer les pompiers de service puis, une fois l’incendie maîtrisé, de reprendre sagement une posture d’observateurs passifs.

L’implication des États doit se traduire par une réhabilitation de l’intervention publique visant un encadrement des transactions financières.
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