LE MONDE D'APRES LA CRISE

Publié le par olympia & Sylvie

> SOUTENIR ACTIVEMENT LA CONSOMMATION


Jeudi 30 octobre 2008, à 8h15 sur LCI, Jean-Claude Mailly sera l’invité de Christophe Barbier.

  Le monde d’après la crise doit être différent. Il faut en finir avec la dictature des marchés, les idées du passé ne doivent plus s’appliquer, il faut coordonner les politiques économiques dans la zone euro. Autant d’idées émises la semaine dernière par le président de la République à l’occasion d’un déplacement en Savoie.

En quelque sorte, il faut réguler le système au niveau international et européen. Il faut y ajouter la demande de supprimer les paradis fiscaux, plaques tournantes des transactions financières. Nous expliquons cela depuis pas mal de temps, y compris dans le cadre de notre organisation internationale (CISL hier, CSI aujourd’hui).

Sur tous ces points, le président de la République s’est montré sous un jour antilibéral. Le seul problème, c’est qu’au niveau national, mis à part la constitution d’un fonds d’intervention industrielle à préciser, les annonces faites sont les mêmes qu’avant la crise, c’est-à-dire la poursuite des idées du passé: travail le dimanche, remise en cause des 35 heures, diminution des effectifs de la fonction publique, notamment. Antilibéral au niveau international mais en accord avec le MEDEF au niveau national, en quelque sorte.

Il y a là une contradiction fondamentale.

Par ailleurs, toutes les annonces vis-à-vis des banques et des entreprises devront nécessairement être contrôlées, pour savoir en particulier si les banques utiliseront bien les fonds nouveaux en direction des objectifs assignés. Le gouvernement ayant renoncé à mettre son nez dans la gestion des banques, qui exercera les contrôles? Les banques elles-mêmes? Qui ne comprend par ailleurs que, dans un premier temps, l’État augmentera l’endettement pour sauver les banques et que cela coûtera bien entendu aux deniers publics, quoi qu’il en dise.

Une chose est claire: pas question de nous dire qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses ou que l’État est en faillite.

En attendant, la crise financière débouche rapidement sur une crise économique: chute de la croissance, augmentation du chômage, tensions fortes sur le pouvoir d’achat.

Il est donc plus qu’urgent que le gouvernement ne se contente pas d’aider les banques, mais soutienne activement la consommation en mettant tout en œuvre pour accroître le pouvoir d’achat des salariés et des retraités, et en renforçant la prime transport.

Il est tout aussi indispensable qu’il arrête la RGPP et qu’il soutienne tout aussi activement le service public. L’économie réelle ce sont, bien entendu, les entreprises, ce sont aussi les services publics, tous les services publics. Peut-on laisser les hôpitaux publics en déficit quand on renfloue les banques?

C’est notamment ce qu’ont, massivement (25 000), expliqué les fonctionnaires Force Ouvrière dans la rue le 23 octobre dernier, rejoints par l’UNSA-Police dans la manifestation.

Si le gouvernement ne change pas son fusil d’épaule, s’il continue à prendre le MEDEF comme référentiel, il est clair que de la crise financière à la crise sociale, il n’y aura qu’un pas.

Quand cet éditorial sortira, le président de la République aura annoncé des mesures pour l’emploi, en particulier des mesures de caractère défensif (CTP, contrats aidés). Il est évident que si le chômage augmente, il faudra aussi réactiver le FNE et les systèmes de préretraite.

Et il faut aussi mettre tout en œuvre, aux niveaux national et européen, pour contrer la crise du capitalisme. Politique économique et sociale, rôle des États, réforme fiscale, réforme monétaire et budgétaire, tout doit être mis sur la table.

Et surtout il est urgent de rétablir une répartition des richesses différente, en donnant moins aux spéculateurs et aux actionnaires et plus aux travailleurs.

On devrait même commencer par cela.
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