RETRAITES DANS LA TORMENTE

Publié le par angeline351



Crise Financière

> LE FONDS DE RÉSERVE DES RETRAITES DANS LA TOURMENTE

L’organisme est affecté par la débâcle du système bancaire dans la mesure où son portefeuille est composé de plus de 60% d'actions. La capitalisation montre ainsi ses dangers.


  Le Fonds de réserve des retraites (FRR), sorte d'alternative française au système des fonds de pension, semble pris dans la tourmente de la crise financière internationale. Explications. Créé en 1999 par le gouvernement Jospin et abondé irrégulièrement par l’Etat pour aider au financement des régimes de retraite de base du privé, le FRR disposait à la fin 2007 d’un portefeuille évalué à 34,5 milliards d'euros et qui était composé de 64,5% d'actions, le reste étant des obligations et autres titres gagés sur le marché des matières premières. Bien que géré par la caisse des dépôts et consignations, le FRR voit aujourd’hui sa valeur fondre comme neige au soleil. Après avoir souffert «de la forte baisse des marchés», il a perdu «environ 25% depuis le début de l'année» sur la poche d'actifs constituée d'actions, a dénoncé Bernard Devy, secrétaire confédéral FO chargé des retraites et membre du conseil de surveillance du FRR.

Il semble que les gestionnaires du fonds de retraites n'ont jamais vraiment anticipé cette crise qui couvait depuis l’été 2007. Le Canard Enchaîné du 9 avril 2008 nous révélait déjà que le FRR avait perdu en trois mois environ 3 milliards d'euros (soit 10% de ses actifs) à la suite du maintien en l’état de ses positions en bourse et ce malgré la chute des cours. La caisse des dépôts et consignations misait alors sur un rebond des marchés pour éviter la débâcle. Raté.

Pis, on a appris la semaine dernière que le FRR avait confié en juillet 2007 un «mandat de gestion» en titres non cotés à la banque américaine Lehman Brothers…qui s’est déclarée en faillite le 15 septembre. Le mandat porte toujours sur 680 millions de dollars (500 millions d'euros). La direction du FRR a indiqué depuis que ladite banque d’affaire avait investi en son nom pas moins de 284 millions de dollars (40% du mandat alloué, soit 195 millions d'euros) sur un certains nombres de titres. «Etant la propriété du FRR, ces actifs ne sont en aucun cas susceptibles d’être inclus dans le champ des actifs mis en liquidation dans le cadre de la faillite» de Lehman Brothers, a-t-elle expliqué, avant de souligner avoir demandé à la banque américaine de «suspendre tout investissement nouveau» et de continuer à suivre la gestion de ses actifs «avec la diligence requise».

Un responsable du FRR, cité le 17 septembre par le journal économique Les Echos, avait assuré disposer de «tous les moyens juridiques pour continuer ou suspendre, le cas échéant, le mandat» mais préférait ne pas penser à cette extrémité à ce stade. «On n’a pas de souci sur le sort de cet argent», a confirmé mardi dernier à l'AFP le président du FRR, Raoul Briet. Pourtant, soulignait Les Echos, si le mandat doit s'arrêter un jour, l’organisme devra procéder à un nouvel appel d'offres pour reprendre la gestion ou bien liquider les positions. En effet, pour ce mandat confié à Lehman Brothers, il «ne dispose pas d'un mandat "stand-by", c'est-à-dire d'un gérant de secours préalablement sélectionné, comme c'est le cas pour la majorité de ses autres poches d'actifs, qu'elles soient en actions ou en obligations, pour des mandats passifs ou actifs», écrivait le quotidien.

Pour l’heure, une perte de valeur de 25% du FRR évoquée par Bernard Devy (FO) est «dépourvu(e) de toute vraisemblance», et «surestimée», a affirmé M. Briet. Rappelant que, à fin juin, le FRR avait vu sa valeur chuter d'environ 10%, le patron du FRR a jugé que «cet ordre de grandeur aura vraisemblablement peu évolué fin septembre» pour l'ensemble des actifs du fonds (actions obligations...). Au 21 septembre et «sur la base de données estimées, la performance du FRR depuis le 1er janvier 2008 s’établit à -11%. La performance annuelle moyenne depuis la mise en place du FRR reste cependant supérieure à 4%», précise un communiqué publié par l’organisme dans la foulée des déclarations de son président. «L’indicateur pertinent pour mesurer la performance d’une politique d’investissement privilégiant le long terme est la performance annualisée depuis la création du Fonds», ajoute ce texte.

Un texte qu’aurait pu visiblement contresigner Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral chargé du secteur Economie à la CGT et vice-président du conseil de surveillance de l’organisme. «Le FRR a pris de la valeur ces dernières années grâce à la surévaluation de la Bourse. Une correction était à prévoir», a-t-il déclaré, rappelant lui aussi que le Fonds ne s'inscrivait pas «dans une gestion à court terme», ce qui montre que la CGT a cette capacité de parler comme les boursicoteurs… Malgré cet appui au système de capitalisation, la crise actuelle montre qu'un fonds de pension à la française reste un fonds de pension, soumis à des risques que ne connaît pas la retraite par répartition

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vos déleguées FORCE OUVRIERE
Olympia & Sylvie

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