CROISSANCE ECONOMIQUE PAR :UD 44

Publié le par angeline351
















Tous les indicateurs sont au rouge : la récession est là.
France, Italie (-0,3%), Allemagne (-0,5%)... Le taux de la croissance économique est négatif.
Commerce, immobilier, automobile... Tous les secteurs sont touchés. Les investissements reculent, l’emploi aussi : 12 000 emplois ont été détruits, 45 000 postes supprimés dans l’intérim en 3 mois.
Malgré les dénégations gouvernementales les prix galopent : ils ont augmenté de 6,6% dans la grande distribution (Les Echos du 29 août). Le gouvernement, lui, n’a pas hésité à augmenter de 2% le prix de l’électricité et de 5% celui du gaz, (la troisième fois en un an). Officiellement l’inflation va atteindre 4%. Le pouvoir d’achat dégringole.
Le Premier Ministre a réuni ses ministres le 18 août dernier, d’abord pour décréter qu’il n’y avait pas de récession, ensuite pour affirmer qu’il n’y avait pas besoin de plan de relance, et enfin pour annoncer qu’il allait accélérer ses «réformes structurelles».
Pas de relance, au nom de nos «engagements européens». Il serait impossible de relancer les dépenses publiques et de soutenir la consommation.
«Le remède serait périmé» parce que «la France a abandonné à l’Europe la gestion de sa monnaie, donc de ses taux d’intérêt». (Le Figaro ).Tant pis pour nous si les fins de mois deviennent impossibles. Il faudrait dire merci.
«Réformes structurelles» : comprendre accélération de la RGPP (révision-destruction générale des politiques publiques), saccage des services publics, nouvelles attaques contre la protection sociale avec «l’introduction des mécanismes de marché dans les systèmes de soins» comme le préconise la Commission européenne, poursuite des privatisations (la Poste), blocage des salaires (à commencer dans la Fonction Publique). On sait donc à quoi s’attendre.

Il faudra autre chose que des journées d’action à répétition ! Mais les rodomontades de M.Sarkozy au début de l’été sur les grèves «inaperçues» pourraient bien se retourner contre lui.
Le ras-le-bol est là.




La crise : repères

Août 2007 : la bulle immobilière éclate aux USA
Incitation à l’endettement et spéculation immobilière se sont mutuellement entretenues. L’endettement stimule la demande de logement qui pousse les prix à la hausse, et donc la construction de nouveaux logements. Les crédits dits «subprimes» sont accordés aux ménages pauvres (à qui on fait miroiter l’illusion d’être riches avec l’augmentation des prix de l’immobilier).
L’endettement des américains jusqu’au cou (140% de leur revenu, contre 75% en France), permet d’injecter momentanément du pouvoir d’achat sans augmenter les salaires. Ce alors que les services publics sont réduits au minimum, que plus de 47 millions d'américains n’ont pas d’assurance maladie, que les études sont payantes, et le coût de la vie très élevé.
Le taux des crédits, faible au début, est variable. Il peut atteindre jusqu’à 18%. Le prêteur se rembourse sur la vente du bien en cas de défaillance de l’emprunteur. Tout fonctionne tant que le prix des biens immobiliers est à la hausse...
La bulle a éclaté en août 2007, quand l’augmentation des taux a placé des millions de ménages dans l’impossibilité de rembourser, et que les prix de l'immobilier ont commencé à baisser avec le nombre de maisons mis en vente sans demande solvable suffisante.
Résultat : 2 millions d’expulsions en 2007, 18 millions de maisons vides aux USA, et 9 millions qui pourraient être saisies.

La contagion : une crise financière mondiale
Les crédits «subprimes» avaient été transformés en titres négociables sur le marché mondial, et revendus un peu partout à des investisseurs attirés par des rendements élevés du fait des taux variables. Des banques françaises comme la Société Générale, BNP-Paribas ou le Crédit Agricole en ont croqué pour plusieurs milliards. Ces «déchets toxiques», terme même utilisé par les spéculateurs, se monteraient à 1200 milliards environ.
Avec l’éclatement de la bulle, ces titres devinrent invendables, ce qui provoqua une réaction en chaîne. Des banques se sont retrouvées «à sec», faute de pouvoir emprunter, car c’est tout le système du crédit qui a été touché par la crise de confiance Les banques centrales (la BCE, la FED américaine et la Banque centrale du Japon) ont alors injecté 400 milliards pour juguler la crise. Sans succès.

La flambée des matières premières : spéculation et organisation de la pénurie
Les capitaux se sont alors massivement déplacés vers des contrées spéculatives plus riantes. C’est ainsi en août 2007 qu’on connaît une hausse brutale des cours des matières premières, du pétrole aux denrées agricoles.
Ceci intervient dans un contexte de pénurie largement organisée: c’est le cas des produits agricoles avec les mises en jachère, la destruction des cultures vivrières en Afrique imposée par le FMI depuis une vingtaine d’années, la paralysie de la recherche sur les OGM, ou la production des biocarburants.
Les Etats-Unis, principal producteur mondial de maïs, ont consacré en 2007 une part toujours croissante de leur production aux biocarburants. En 2007 le déclin général des stocks de céréales était d’environ de 53 millions de tonnes. L’augmentation de la quantité de maïs américain destinée exclusivement à l’éthanol était d’environ 30 millions de tonnes, ce qui représente plus de la moitié des besoins mondiaux de céréales non satisfaits.
Le cours du pétrole est passé de 20 dollars en 2002 à plus de 100 en 2008. Actuellement dans le monde, il y 2.500 nouveaux forages pétroliers, soit la moitié du chiffre de 1981. Les principales compagnies pétrolières ont consacré des sommes très importantes (25 milliards en 2004) au rachat de leurs propres actions au détriment des investissements.

Résultat : les prix des biens de première nécessité explosent, le pouvoir d’achat dégringole, le nombre d’hommes souffrant de la faim augmente (plus de 800 millions), la pauvreté gagne (7 millions en France, chiffre officiel).

Krach boursier latent
La crise financière a pour conséquence la baisse des cours de la Bourse, en premier lieu des banques et autres fonds d’investissement, dont les résultats sont plombés par les pertes sur les subprimes. Selon la banque Natixis, 12 000 milliards de dollars étaient déjà partis en fumée en février dernier.
«Alors que nous entrons dans le second semestre, les marchés continuent à naviguer à vue entre crise financière et équilibre instable dû aux risques d’inflation et de récession», ont résumé dans une note les «stratégistes» de BNP Paribas début juillet. «Dans l’ensemble, on vit un krach boursier latent» : le Cac 40 (principal indice boursier de Paris) a perdu plus de 20% de sa valeur en un an ; et il en est de même à Londres, à New York...
Fin août : la consommation diminue, la croissance s’essouffle atteignant un taux de croissance négatif. La récession est là.


BCE : l’ennemie, c’est l’augmentation des salaires

Dans le bulletin mensuel de la BCE daté de juin 2008, on lit «qu’afin d’évaluer les risques inflationnistes potentiels, les évolutions salariales doivent donc continuer de faire l’objet d’un suivi attentif dans la période à venir».
J.C. Trichet, son président, a multiplié les déclarations contre «l’effet de second tour». Le principal danger serait donc que les salariés réclament des hausses de salaires pour compenser l’inflation. Cela, dit-il, accroît les coûts de production des entreprises, qui les répercutent sur les prix de vente, nourrissant à nouveau l’inflation. La seule solution serait donc que les salariés acceptent de voir leur pouvoir d’achat fondre.
Début juillet, la BCE a augmenté son taux directeur, ce qui rend plus cher le crédit pour les entreprises. Le journal le Figaro du 3 juillet commentait : «Oui la BCE a raison, car il y a un risque d’accélération des salaires. Notamment en Allemagne où la baisse du chômage accroît le pouvoir des syndicats, qui ont bien l’intention d’obtenir des augmentations de salaire élevées dans le privé comme dans le public. La BCE craint que les autres pays ne cherchent à se caler sur les augmentations allemandes.»
La même BCE, l’été dernier, au début de la crise financière, n’avait pas hésité à injecter 300 milliards d’euros de «liquidités» pour les mettre à la disposition des marchés financiers... Pas de crainte de l’inflation de ce côté-là !

S... comme spéculation
Le montant des capitaux engagés dans la spéculation est difficile à imaginer.

Les capitaux : en 2006, les actions, obligations, dépôts bancaires représentaient un montant total de 167 000 milliards de dollars, soit 3,5 fois la production mondiale. Cette masse énorme doit trouver à se «placer» dans tous les domaines de la spéculation : matières premières, monnaies, taux d’intérêt...

Les produits dérivés : ce sont des contrats fictifs de vente et d’achat (sur le pétrole ou autre chose) pariant sur l’évolution future des prix. Selon la Banque des Règlements Internationaux, l’encours des produits dérivés (la somme des paris) s’élevait à fin 2007 à 600 000 milliards de dollars pour une valeur finale (c’est-à-dire la somme réelle que doivent payer ceux qui ont perdu) de 15 000 milliards de dollars.

Le marché des changes : moins de 5% des 3 200 milliards de dollars échangés quotidiennement sur les marchés des changes relèvent d’opérations commerciales, le reste relève d’opérations financières.
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