POUVOIR D'ACHAT -+-=---

Publié le par Olympia Sylvie & angeline351

POUVOIR D'ACHAT
> LE PROBLÈME RESTE ENTIER

Un an après son adoption, les effets du «paquet fiscal» sur les revenus se font toujours attendre. Et pour cause, la question des salaires a été soigneusement éludée.



u pouvoir d’achat des Français allait être réglé plus vite qu’il n’était apparu. La solution miracle résidait alors dans la loi TEPA (Travail Emploi Pouvoir d’Achat). Voté l’été dernier, ce fameux paquet fiscal – exonération fiscales (et sociales) des heures sup’ et sur 95% des droits de succession, imposition plafonnée à 50% des revenus (bouclier fiscal), réduction sensible de l’ISF – était censé créer un «choc de croissance» salutaire pour l'économie et donc pour le pouvoir d’achat, dixit les ténors du gouvernement Fillon et de sa majorité parlementaire. La question des salaires étant ainsi soigneusement éludée, l’espoir des travailleurs de voir augmenter leur pouvoir d’achat devait dès lors reposer sur la martingale des heures supplémentaires, dont le nombre dépend toujours de l’activité et du bon vouloir des entreprises.

Certes, des heures sup’, il y en eu plus qu’avant. Une récente enquête du ministère de l'Emploi a relevé en effet une progression du nombre de ces heures de 40% dans les entreprises de plus de 10 personnes entre le premier trimestre 2008 et le premier trimestre 2007. A Bercy, on se veut encore plus précis en affirmant qu'«environ 6 millions de salariés» ont bénéficié du dispositif, même si l’organisme qui recueille les déclarations des employeurs (URSSAF), n’a eu de cesse de répéter qu’il n'est pas en mesure, lui, de chiffrer le nombre de salariés concernés. Reste que, d’après la plupart des économistes, la hausse constatée du volume d’heures sup’ serait surtout le fruit du recul des sous-déclarations des heures supplémentaires travaillées (les patrons ayant tout intérêt à les déclarer vu leur coût modique), d’un effet d’aubaine (transformation des primes ou hausses de salaires en heures supplémentaires pour payer moins de cotisations) et d’un effet de substitution (recours accru aux heures supplémentaires plutôt qu'à des embauches). Une «modification des comportements déclaratifs des entreprises», en raison des «allègements de cotisations sociales» que les statisticiens du ministère de l’emploi ont également constatée.

Cela n’a pas empêché la ministre de l’Economie, Christine Lagarde de louer «l'efficacité» d’un «dispositif incitatif et rémunérateur» qui a redonné du pouvoir d'achat aux Français, «près de 400 euros (en plus) par foyer». Histoire de masquer que le paquet fiscal a été d’abord et avant tout un joli cadeau pour les patrons et les ménages les plus riches.

Car, quoi qu’elle en dise, le pouvoir d'achat des salaires a encore reculé de 0,4 point entre le premier trimestre et le deuxième trimestre 2008 et dans la même proportion sur un an (chiffres INSEE). Et avec une inflation estimée à 3,6 % en juin 2008, (comparée à juin 2007) couplée à une quasi-stagnation des salaires, la tendance n’est semble-t-il pas prêt de s’inverser. Et ce malgré l’optimisme affiché hier par le secrétaire d’Etat à la consommation, Luc Chatel. «Les indicateurs laissent entendre que la forte hausse des prix est derrière nous» en raison du recul des prix des matières premières, a-t-il affirmé avant d’inviter les Français à attendre les effets de sa loi sur la baisse des prix dans la grande distribution votée fin 2007 et de la loi de modernisation de l’économie (LME) adoptée à la fin du mois de juillet dernier. La question de la hausse salaires continue ainsi d’être superbement ignorée alors que c’est la seule clé pour régler le problème du pouvoir d’achat du plus grand nombre.

vos déléguées FORCE OUVRIERE
Olympia & Sylvie
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