TOUJOURS NON AU TRAVAIL DU DIMANCHE

Publié le par Olympia Sylvie&Angeline


ASSEMBLÉE NATIONALE
       CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958    TREIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le PROPOSITION DE LOI  visant à rénover les

dérogations au repos dominical PRÉSENTÉE ParM. Richard MALLIÉ  / Député

EXPOSE DES MOTIFS :

Issu de la tradition chrétienne, le repos hebdomadaire dominical s'est imposé avec le vote de
la loi du 13 juillet 1906, établissant ce repos en faveur des employés et des ouvriers. Le
Code du travail dispose qu'il est interdit d'occuper plus de six jours par semaine un même
salarié, que ce repos doit avoir une durée minimale de 24 heures consécutives et doit être
donné le dimanche. Il est donc possible pour tout commerçant travaillant seul, ou avec des
membres de sa famille non-salariés, d'ouvrir le dimanche.
Au niveau européen, la Cour de Justice des Communautés Européennes, tout en
reconnaissant l'obligation d'une journée de repos, est revenue en 1996 sur la spécificité du
dimanche. Les États se sont organisés depuis selon des modalités qui permettent d'établir
une distinction entre, d'une part, les États libéraux en la matière (Royaume-Uni, Suède,
Luxembourg) et, d'autre part, les États qui ont développé des régimes de dérogations et
exceptions qui leur permettent d'assouplir le principe, qu'ils conservent, de la fermeture
dominicale (Pays-Bas, Espagne, Finlande, Allemagne). La France apparait donc, au niveau
européen, sur une ligne très conservatrice.
Cette réalité entre en contradiction avec l'opinion des Français puisque plus de 53 % d'entre
eux sont favorables à un assouplissement de la législation, sentiment partagé par 61% des
habitants de l'agglomération parisienne (Le Pèlerin, janvier 2008). La consommation
dominicale n'existe pas, il est vrai, de manière uniforme sur le territoire national. Dans
toutes les zones rurales, la demande d'ouverture dominicale est moindre: 67 % des
franciliens sont favorables à ces ouvertures contre 46 % des ruraux. Ces chiffres sont
compréhensibles puisque la vie quotidienne dans les agglomérations n'est pas la même que
celle dans des départements ruraux ou semi-ruraux. Concernant le manque de temps, 61%
des franciliens se disent très occupés la semaine, et cela se comprend, lorsqu'en semaine les
embouteillages autour des grandes agglomérations annihilent toute volonté de réaliser ses
courses et achats.
Le dimanche permet d'effectuer des achats en famille, pour de la décoration d'intérieur, du
bricolage ou de l'électroménager. Ces achats anomaux, et de réflexion, sont spécifiques au
dimanche. En effet, les commerces, qui ouvrent actuellement le dimanche, réalisent souvent
plus du tiers de leur chiffre d'affaire sur cette journée. Sachant que 70% des achats du
dimanche sont exclusifs à cette journée, c'est un levier important pour notre économie.
Aujourd'hui, la situation est simple : dans plusieurs départements, des magasins sont
attaqués pour avoir employé des salariés le dimanche: dans le Val d'Oise, dans les Yvelines,
dans les Bouches-du-Rhône...A cela s'ajoute le fait que l'exception prime sur la règle
puisque plus de 180 dérogations de plein droit existent. La législation en vigueur date d'un
autre siècle, de 1906 pour être précis, et ses décrets d'application de 1919, à une époque où
la France était encore rurale, majoritairement uniconfessionnelle et la télévision n'existait
pas encore.
A l'heure d'internet, et sachant qu'un français sur trois achète désormais sur la toile, il nous
faut dépoussiérer la législation en vigueur. De plus, aujourd'hui, des milliers d'emplois sont
menacés, en dépit d'accords solides entre les partenaires sociaux et d'une volonté du
consommateur de se rendre dans ces magasins le dimanche.
Le principe du repos dominical doit rester la règle commune. Néanmoins, il est urgent
de faire évoluer la législation, de l'adapter au XXIème siècle, autour de trois idées fortes:
Il est tout d'abord important de préciser la notion de communes et zones touristiques car
nous sommes aujourd'hui en face de situations ubuesques : sur les Champs-Elysées un
trottoir est classé zone touristique tandis que l'autre non; un magasin qui vend des lunettes
de soleil peut ouvrir le dimanche car son activité est considérée comme « de loisir » et si ce
magasin vend des lunettes de vue, il ne peut pas ouvrir le dimanche; les magasins de mode
ne sont pas assimilés à « des activités culturelles » sauf s'ils proposent des créations. Aussi,
il va falloir apprécier, magasin par magasin, s'il y a, ou non, création...
Il nous faut remplacer les notions floues « d'activités de détente ou de loisirs d'ordre sportif,
récréatif ou culturel » par une notion plus légitime de « commerces de détail ». Ces
communes ou zones pourront toujours être classées sur proposition des conseils
municipaux, des organisations professionnelles et syndicales, et ceci pour une durée
maximale de 5 ans.
Ensuite, la consommation dominicale n'existe pas, il est vrai, de manière uniforme sur le
territoire national. Il ne faut donc pas généraliser. Ceci étant, il y a une demande forte en Ilede-
France et dans les Bouches-du-Rhône. Aussi, je propose d'expérimenter pour ces 9
collectivités (l'Essonne, des Hauts-de-Seine, de Paris, de Seine-et-Marne, de Seine-Saint-
Denis, du Val-de-Marne, du Val-d'Oise, des Yvelines et des Bouches-du-Rhône), et cela pour
une période de 5 ans, la notion de zone d'attractivité commerciale exceptionnelle, zone
qui sera établie par le préfet sur proposition des conseils municipaux et des organisations
professionnelles et syndicales.
Afin d'assurer une sécurité juridique, je propose que les dérogations accordées par le Préfet
(commune ou zone touristique ou thermale, préjudice au public, zone d'attractivité
commerciale exceptionnelle, ou assurer fonctionnement normal de l'entreprise) impliquent
nécessairement: une consultation de tous les acteurs avant décision, le droit de refus du
salarié, un accord collectif entre les partenaires sociaux ou une décision de l'employeur
approuvée par référendum, décrivant les contreparties accordées aux salariés privés du repos
dominical consistant en un repos compensateur et une majoration de salaire.
Cette proposition de loi permettrait de définir un cadre juridique national mais la
décision d'application se fera au niveau local car nul ne connait mieux les
particularismes de son territoire que celui qui y vit.
Il semble essentiel que le législateur s'empare de ce qui est devenu un vrai sujet de société
pour ainsi en prévenir les dérives. Agissons afin de prendre en compte les changements
intervenus dans les modes de vie des français. Tenons compte, non seulement des intérêts
des consommateurs et des employés, mais aussi des données sociales et économiques: une
loi nécessaire est une loi qui couronne les évolutions de la société.
Tel est l'objet de la présente proposition de loi.
PROPOSITION DE LOI
Article 1er
L'article L.3132-25 du code du travail est remplacé par trois articles ainsi rédigés :
« Art. L.3132-25.- Sans préjudice des dispositions de l'article L.3132-20, dans les
communes touristiques ou thermales et dans les zones touristiques d'affluence
exceptionnelle ou d'animation culturelle permanente, le repos hebdomadaire peut être
donné, par roulement, pour tout ou partie du personnel, pour les commerces de détail et les
services au public situés dans ces secteurs, après autorisation administrative.
« La liste des communes touristiques ou thermales intéressées ou des zones touristiques et
d'affluence exceptionnelle ou d'animation culturelle permanente est établie par le préfet.
Elle peut l'être sur proposition des conseils municipaux ou des organisations
professionnelles et syndicales concernées.
« Un décret en Conseil d'État détermine les modalités d'application du présent article. »
« Art. L.3132-25-1.- Les autorisations prévues aux articles L.3132-20 et L.3132-25 sont
accordées pour une durée limitée, après avis du conseil municipal, de la chambre de
commerce et d'industrie et des syndicats d'employeurs et de travailleurs intéressés de la
commune. L'autorisation est réputée accordée à expiration d'un délai de quatre mois à
compter de la réception de la demande.
« Le refus de travailler le dimanche pour un salarié d'une entreprise bénéficiaire d'une telle
autorisation ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement
« L'autorisation prévue à l'article L.3132-25 est accordée pour cinq ans. Elle est accordée
soit à titre individuel, soit à titre collectif, dans les conditions prévues par décret en Conseil
d'État, pour des commerces ou services exerçant la même activité. »
« Art. L.3132-25-2.- Les autorisations prévues aux articles L.3132-20 et L.3132-25 sont
accordées au vu d'un accord collectif ou d'une décision unilatérale de l'employeur.
« L'accord décrit les contreparties accordées aux salariés privés du repos dominical ainsi
que les engagements pris en termes d'emploi ou en faveur de certains publics en difficulté
ou de personnes handicapées.
« Dans les entreprises ou établissements dépourvus de délégué syndical non assujettis à
l'obligation annuelle de négocier prévue à l'article L.2242-1 et en l'absence d'accord
collectif applicable, les autorisations sont accordées au vu d'une décision unilatérale de
l'employeur, prise après avis du comité d'entreprise ou des délégués du personnel, lorsqu'ils
existent, approuvée par référendum organisé auprès des personnels concernés par cette
dérogation au repos dominical. La décision de l'employeur approuvée par référendum décrit
les contreparties accordées aux salariés privés du repos dominical ainsi que les engagements
pris en termes d'emploi ou en faveur de certains publics en difficulté ou de personnes
handicapées. Dans ce cas, les contreparties pour chaque salarié privé du repos du dimanche
consistent en un repos compensateur et une majoration de salaire au moins égale pour ce
jour de travail à la valeur d'un trentième de sa rémunération mensuelle ou à la valeur d'une
journée si l'intéressé est payé à la journée.
« Toutefois, un accord d'entreprise ou de branche régulièrement négocié s'applique dès sa
signature en lieu et place des contreparties prévues à l'alinéa précédent.»
Article 2
L'article L.3132-29 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Le préfet peut exclure de l'obligation de fermeture tout ou partie des communes ou des
zones définies à l'article L.3132-25. »
Article 3
Sans préjudice des dispositions de l'article L.3132-20 du code du travail, dans les zones
d'attractivité commerciale exceptionnelle, le repos hebdomadaire peut être donné, par
roulement, pour tout ou partie du personnel, pour les commerces et services au public situés
dans ces zones selon les modalités décrites aux articles L.3132-25-1 et L.3132-25-2 du code
du travail, après autorisation administrative.
Le préfet peut exclure tout ou partie de ces zones de l'obligation de fermeture prononcée en
application de l'article L.3132-29 du code du travail.
La liste et le périmètre des zones d'attractivité commerciale sont établis par le préfet. Ils
peuvent l'être sur proposition des conseils municipaux ou des organisations professionnelles
et syndicales concernées.
Un décret en Conseil d'État précise les critères d'attractivité commerciale exceptionnelle au
regard de l'importance de la clientèle concernée et de l'éloignement de celle-ci des zones
commerciales en cause.
Les dispositions du présent article sont applicables aux départements de l'Essonne, des
Hauts-de-Seine, de Paris, de Seine-et-Marne, de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, du
Val-d'Oise, des Yvelines et des Bouches-du-Rhône et à titre expérimental, pour une durée de
cinq ans à compter de l'entrée en vigueur du présent article. Le Gouvernement adresse au
Parlement un rapport d'évaluation au terme de la période d'expérimentation.
Article 4
Les articles L.3132-21 et L.3132-24 du code du travail sont abrogés.
Article 5
Dans la première phrase de l'article L.3132-13 du code du travail, les mots : « à partir de
midi » sont remplacés par les mots : « à partir de treize heures ».
Article 6
Les autorisations délivrées sur le fondement de l'article L.3132-20 ou de l'article L.3132-25
du code du travail avant l'entrée en vigueur de la présente loi demeurent en vigueur pour la
durée pour laquelle elles ont été délivrées.

LA PROPOSITION DE  LOI MAIL SUR LE TRAVAIL DOMINICAL, SI ELLE EST ADOPTEE, PERMETTRA LE TRAVAIL DU DIMANCHE A PEUT PRES PARTOUT EN FRANCE POUR LES COMMERCES ALIMENTAIRES OU NON ET LES SERVICES :



vos délégués FO
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M
A travailler le dimanche plus de mamans eurodif economise donc ces roses
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