A.F.P.SOUS LES FEUX DES CRITIQUES

Publié le par angeline351

AFP: SOUS LES FEUX DES CRITIQUES GOUVERNEMENTALES SE CONCOCTE UNE ATTAQUE DES STATUTS

 Principale dispensatrice d'informations en France, l'agence est devenue une cible opportune au moment où se renégocie son avenir.
L'AFP (Agence France-Presse) se retrouve à la «une» en faisant l'objet d'un feu nourri de critiques émises par le chef de l'Etat et le principal parti de la majorité au pouvoir, l'UMP. Le porte-parole de ce dernier, M. Frédéric Lefebvre, député des Hauts-de-Seine, l'a en effet accusée début mai de ne pas relayer deux de ses communiqués, un crime de lèse majesté, sans doute, pour l'ancien conseiller en communication, qui a, sans doute, confondu l'AFP avec ... «Perroquet Institutionnel Communication», entreprise dont il est le co-fondateur.

Quelques jours après, le 7 mai, le président de la république s'attaque lui-même à l'AFP, la citant parmi ses harceleurs dans les médias. Le soir même, le parti majoritaire renfonce le clou : il évoque «censure» et «situation de quasi-monopole». Nouveau relais au gouvernement le 11 mai: la ministre de la Culture et de la Communication, Mme Christine Albanel, ancienne attachée de presse, tire une nouvelle salve en relançant l'affaire des communiqués. Elle propose que «l'AFP mette à disposition de ses abonnés l'ensemble des communiqués de presse des partis et des organisations syndicales sur un espace spécifique».

Les syndicats de l'AFP réagissent immédiatement en rappelant à la ministre que l'agence «n'est pas, jusqu'à nouvel ordre, une agence de pub ou de communication». Cette succession d'attaques interviennent au moment où l'AFP renégocie son nouveau «Contrat d'objectif et de moyens» (COM-2), vocabulaire comptable s'il en est, avec l'Etat, son principal client. Une offensive qui tombe «à point nommé» et qui «relance le débat sur les statuts» même de l'agence pour le délégué Syndicat Général des Journalistes FO à l'AFP, Tristan Malle, qui avait déjà lutté en 1999 contre un précédent plan stratégique du PDG de l'époque qui entendait mener une privatisation rampante et avait du reculer suite à une grève. Les propositions de ce dernier reviennent dans les intentions de l'actuel

 patron de l'agence, M. Pierre Louette, énarque passé au gouvernement Balladur puis à Havas et LVMH, qui s'est dit «prêt à réfléchir à l'évolution du statut» et à «ouvrir le capital aux salariés et à une société dans laquelle seraient représentés des clients de l'agence». Alors même que les statuts de l'AFP, principale pourvoyeuse d'informations des médias français, précise qu'elle «ne peut en aucune circonstance tenir compte d'influences ou de considérations de nature à compromettre l'exactitude ou l'objectivité de l'information ; elle ne doit, en aucune circonstance, passer sous le contrôle de droit ou de fait d'un groupement idéologique, politique ou économique».


Publié dans SERVICE PUBLIC

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