LE MANAGEMENT EN QUESTION !

Publié le par Olympia Sylvie & Angeline

Le management en question




Les négociations sur le stress qui ont débuté lundi visent à transposer un accord européen sur le sujet. Les syndicats ont d'emblée mis en en cause l'organisation de la production dans les entreprises.

Des négociations interprofessionnelles sur le stress au travail ont débuté lundi avec pour objectif de transposer en droit français un accord-cadre européen sur le sujet. Après avoir convenu des prochaines dates de réunion - les 5 mai, 4 juin, et 2 juillet - tous les syndicats ont prévenu le patronat qu'ils comptaient aller au-delà de la simple retranscription dudit accord datant de 2004.

Au nom de FO, Jean-Marc Bilquez a dit ainsi vouloir «dépasser» ce compromis a minima pour «inventer des systèmes et des outils de prévention» efficaces. Selon lui, «on a tout à faire car dans le droit français, les risques psycho-sociaux sont peu pris en compte». Pour Daniel Prada (CGT), la négociation devra aboutir à «un accord normatif qui s'applique dans toutes les entreprises». De son côté, Bernard Salengro de la CGC, a souhaité que ces discussions permettent de «mettre en place des outils qui permettent de mesurer l'état des choses» en dépassant «l'approche personnalisée» du problème.

L'enjeu de la négociation est d'autant plus crucial que l'accord européen ne donne aucune définition du stress. Il se contente de décrire le phénomène comme «un état accompagné de dysfonctionnements physiques, psychologiques ou sociaux», résultat de «l'impression» des individus de ne pas être à la hauteur des attentes et des exigences les concernant». La définition du stress devrait donc occuper une bonne partie des débats, avant d'aborder la mise en place d'indicateurs et d'outils de prévention.

«Il faudra reconnaître que le phénomène du stress au travail vient des nouvelles formes de management et d'organisation du travail, qui isolent les individus», les mettent «sous pression», et les obligent à travailler «à flux tendu», a souligné Jean-Marc Bilquez (FO). Tout outil de prévention devra impliquer toute hiérarchie de l'entreprise, a-il ajouté. Une exigence partagée par Jean-Louis Malys (CFDT), qui parle d'une «affaire collective qui touche à l'organisation du travail», et qui concerne tous les salariés de l'entreprise. Mais, comme l'a souligné la CGC, «tout dépendra de la volonté des employeurs», en général plutôt réticents à évoquer le thème du stress, qu'ils attribuent plus volontiers aux problèmes personnels des salariés qu'à l'organisation du travail. Des réticences que le chef de file du patronat Jean-René Buisson, (MEDEF) n'a pas tardé à exprimer en proclamant que «l'objectif de la négociation n'est pas de parler de réparation» du stress, ni même de «revisiter le Code du travail» par exemple sur l'organisation du temps de travail. Ça promet.

Publié dans CADRES

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