QUAND LE TRAVAIL TUE

Publié le par angeline

 



                          Quand le travail « tue »

 

 

Plus ou moins délivrée des contraintes de l'espace, notre société semble désormais livrée aux tyrannies du temps. Tyrannies qui en ce début de XXI ème siècle se traduisent par une pratique doublée d'une idéologie envahissante: celle de l'action dans l'urgence. Le monde du travail n'échappe pas à cette emprise. L'activité dans l'urgence y reste la norme. Ainsi environ un salarié sur deux estime devoir se dépêcher toujours ou souvent. Quant aux marges de manoeuvres des cadres, elles ont une fâcheuse tendance à se restreindre avec comme corollaire une charge de travail croissante et un manque de reconnaissance sous forme de salaire ou d'évolution de carrière. Plus encore, les cadres ressentent un droit à l'erreur de moins en moins reconnu.

Les litiges arbitrés devant les tribunaux des prud'hommes en témoigne. La fragilisation de la vie professionnelle fait peser sur les cadres une pression de plus en plus radicale et impose une attention soutenue qui contraint sans cesse à anticiper l'avenir. Le cadre qui doit assumer ce rythme de travail est contraint d'admettre que seule la performance est valorisée; son apport singulier de sujet n'est apprécié qu'à l'aune des objectifs à atteindre. Ce climat relayé par une sémantique belliciste du type « guerre économique » ou « conquête de marché » place l'erreur ou le doute au même plan que celui de l'échec. Il faut être efficace, rapide, communiquant, disponible et rester dynamique.

Loin de vouloir céder à la facilité d'un discours manichéen pour fustiger les dérives d'un capitalisme destructeur, force est de constater que la recherche effrénée du meilleur coût et la poursuite de la rentabilité à court terme ont transformé le monde du travail et « le vivre ensemble », en une guerre de survie. Il est plus que temps d'agir pour mettre fin aux organisations du travail mortifères et aux dérives managériales déshumanisantes où les rapports de confiance apparaissent vides de sens face à la logique implacable de la rentabilité.

Autrement dit, penser l'organisation du travail pour ne plus panser ses maux






vos délégués FO
Olympia & Sylvie

 


 

 

Publié dans CADRES

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