SERVICE PUBLIC:opération commando

Publié le par Olympia, Sylvie & Angeline

 



Réforme de l'Etat
LE TRAVAIL DE SAPE CONTRE LE SERVICE PUBLIC

 


Après avoir annoncé des dizaines de milliers suppressions de postes de fonctionnaires et en attendant une nouvelle réforme de la Sécurité sociale, Nicolas Sarkozy dévoilera aujourd'hui des mesures pour tailler dans les dépenses des collectivités locales.


«Ce n'est pas les économies qui font la réforme mais la réforme qui permettra des économies. C'est la différence entre rigueur et réforme». Les contorsions sémantiques du Chef de l'État, Nicolas Sarkozy, n'y changeront rien, le train de mesures qu'il a dévoilé vendredi est bien à mettre sur le compte d'un vaste plan d'austérité (dont le pire est encore à venir). Comment pourrait-il en être autrement, sachant que la principale décision annoncée est non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite? Le fait de ne remplacer qu'un départ à la retraite sur deux correspond à la suppression d'environ 35.000 postes en 2009, contre 23.000 agents en 2008. Il s'agit d'«économiser 7 milliards d'euros» d'ici 2011, a déclaré M. Sarkozy, en s'appuyant sur les recommandations du rapport sur la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Dès 2009, l'exécutif entend limiter par ailleurs à 1% l'évolution annuelle de dépenses de l'Etat (contre 2% en moyenne ces dernières années), et ce malgré les prévisions de croissance et d'inflation alarmistes. Outre les suppressions d'emplois publics, ces «économies» sont censées provenir de la refonte de la présence diplomatique française à l'étranger, d'une forte limitation des contrats aidés, de la lutte contre les fraudes aux prestations sociales, de la réorganisation de l'hôpital public, de la fin de tous les dispositifs favorisant les départs anticipés des seniors...Et d'une réforme des aides aux entreprises, qui permettrait d'économiser au total «200 millions d'euros» sur les milliards d'euros versés chaque année.

Selon le ministre du Budget, Eric Woerth, l'Elysée n'a présenté vendredi que la moitié des économies envisagées. L'objectif est de trouver «la même somme d'ici cet été», a précisé hier le ministre sur Europe 1, alors «qu'on doit trouver à peu près 10 milliards d'euros par an, (...) si l'on veut équilibrer les finances publiques» en 2012. Pour cela, un nouveau plan de réduction de dépenses de la Sécurité sociale sera présenté d'ici 2009, devant se traduire par «un effort» de 5 milliards d'euros sur «le médicament», la «gestion du système» et «la manière de rembourser un certain nombre de soins». Car, selon M. Woerth, «ce n'est pas acceptable que votre grippe ou votre bronchite du jour soient payées par vos enfants», sic. Il a indiqué que le gouvernement allait aussi s'attaquer aux dépenses des collectivités locales qui progressent «d'environ 6% par an» et «c'est trop». L'un des «chantiers prioritaires de la modernisation des politiques publiques», dont M. Sarkozy doit dévoiler aujourd'hui les grandes lignes.

Alors que la RGPP suscitait déjà une forte opposition des personnels dans tous les ministères, à l'instar de la mobilisation des enseignants (voir notre article du lundi 7 avril 2008), les annonces de M. Sarkozy ont provoqué l'ire des syndicats. Pour FO, la RGPP est synonyme de «rupture républicaine» dans la mesure où c'est «une remise en cause profonde des services publics» et des missions de l'Etat appelées à être «externalisées» et «privatisées». La CGT y voit également une «véritable régression des politiques publiques» et du service public. Pour la CFDT, c'est un «inventaire sans vision» qui produira des «mouvements de contestation légitime» des agents et selon la CFTC, c'est une «vision purement comptable (...), au détriment de la qualité du service public rendu et des conditions de travail» des fonctionnaires. Tous ont dénoncé l'absence de concertation sur des réformes aussi essentielles. Ce qui a fait dire que la RGPP «continue à avancer masquée», dans l'esprit d'une «opération commando».


 

 

vos délégués FO
Olympia & Sylvie

 

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