MANIFESTATION POUR LA LIBERATION D'INGRID BETANCOURT

Publié le par Olympia & Sylvie

MANIFESTATION POUR LA LIBERATION D'INGRID BETANCOUT A
BOGOTA

Il y a 3 heures

SAN JOSE DEL GUAVIARE (AFP) - L'incertitude totale règnait samedi quant au sort d'Ingrid Betancourt en Colombie, où une mission humanitaire française ronge son frein, faute d'un signe de la guérilla des Farc.

A San José, capitale du département du Guaviare (sud-est) où l'otage franco-colombienne aurait été aperçue dans un état alarmant, on veut espérer l'arrivée d'un avion médicalisé, cloué depuis trois jours à Bogota.

"Tant que les Farc n'auront pas répondu" cette mission paraît bloquée, concède à l'AFP Pedro Arenas, maire de cette localité de 65.000 habitants, placée sous haute surveillance militaire.

Seuls quelques avions de tourisme occupent le tarmac du petit aéroport de San José, près d'un hôpital spécialement approvisionné en personnel et médicaments.

"Nous sommes en contact permanent avec la tour de contrôle de Bogota, mais nous n'avons reçu aucun message sur une possible arrivée de cet avion", déclare Dagoberto Venegas, le responsable de l'aéroport.

Le gouverneur du Guaviare, Oscar Lopez, souligne que la guérilla marxiste "n'a donné aucun signal, ni même à Hugo Chavez", le président socialiste du Venezuela, qui avait obtenu dans cette même région la libération de six otages cette année.

Sans information des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc-marxistes), qui la retiennent depuis six ans, retrouver Ingrid Betancourt dans cette immense forêt tropicale, grande comme deux fois la Suisse, est impossible.

"Il y a un blocage car les Farc n'ont pas fourni de coordonnées", explique à l'AFP un responsable local, ayant requis l'anonymat.

L'évêque de la région, Guillermo Orozco, ne cache plus ses doutes. "Tout peut encore arriver, mais je suis sceptique. Je crois qu'il ne faut pas en espérer beaucoup", dit-il .

Le clergé, qui a aussi fait parvenir récemment un message aux Farc dans cette région théâtre des affrontements entre guérilla et paramilitaires d'extrême droite autour des champs de coca, "n'a reçu aucune réponse".

Sollicité par le gouvernement français, M. Chavez a annoncé vendredi soir à la presse un "changement de tactique". "Ne plus parler et agir", a fixé comme devise le dirigeant vénézuélien, excluant "toute déclaration publique".

Mais le président colombien Alvaro Uribe a réaffirmé son opposition à la création d'une zone démilitarisée, synonyme selon lui "d'oxygène" pour les Farc, et condition préalable des rebelles pour acepter un échange entre 500 guérilleros emprisonnés et un groupe de 39 otages, dont Mme Betancourt.

Au lendemain d'une manifestation nationale en soutien aux otages des Farc, les Colombiens s'interrogent désormais sur les chances de survie de l'ancienne candidate présidentielle de 46 ans.

Selon le diagnostic d'un médecin, intercepté il y a une quinzaine de jours par l'armée après l'avoir auscultée pour la guérilla, elle souffrirait d'une forme grave de paludisme, d'une inflammation du foie et de dénutrition.

Elle souffre également d'une hépatite B, selon plusieurs témoignages indirects relayés par la famille et ses comités de soutien.

Diego Gutierrez, un ouvrier de San José estime que "la mission de la France a été aventureuse, car avec la guérilla, on ne doit jamais rien espérer", assure cet homme de 26 ans.

A Paris, la soeur de l'otage Astrid Betancourt est pessimiste. "Telle que la mission humanitaire est présentée, dit-elle, il est peu probable, que la guérilla donne une réponse favorable."

Selon elle, les rebelles doivent comprendre que la libération d'Ingrid Betancourt "sera l'élément déclencheur d'un processus qui va apporter des contreparties positives aux Farc comme l'a dit le président Nicolas Sarkozy".

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