Oxyde d’éthylène : le mystère des pains de mie contaminés

Publié le par angeline351

Oxyde d’éthylène : le mystère des pains de mie contaminés

Ce pesticide interdit en Europe a été détecté dans du gluten français… qui n’aurait pourtant pas été traité, selon les distributeurs.

Depuis une dizaine de jours, sept références de pains de mie sont rappelées par les marques Chabrior, Netto, Monoprix et Franprix.
 
Pourquoi ? L’un de leurs ingrédients, le gluten – souvent ajouté par les industriels pour rendre la pâte plus élastique – contient des résidus d’oxyde d’éthylène (ETO). Interdit d’utilisation en Europe, ce pesticide est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique.

 

Pour l’instant, un seul lot de gluten serait pollué
Monoprix nous explique avoir été alerté par son fournisseur après qu’une analyse a montré « qu’un lot de gluten, issu de blés origine France, était la cause de la contamination ». Ce même fournisseur lui assure que « seul un lot de gluten était concerné ». Franprix confirme.

La présence de ce pesticide dans un ingrédient d’origine française est très surprenante, car l’Union européenne interdit de traiter les denrées alimentaires avec de l’oxyde d’éthylène. Jusqu’à présent, tous les rappels de produits contaminés à l’ETO concernaient des ingrédients importés. Sur d’autres continents, il est en effet utilisé pour stériliser des graines, des épices et autres végétaux.

 

Ce lot de gluten aurait-il été traité à l’oxyde d’éthylène en France, alors que la réglementation l’interdit ? Non, d’après Franprix, qui déclare qu’il « n’a pas subi de traitement à l’ETO ».

Des doutes sur la fiabilité des résultats d’analyse
Ce n’est pas la première fois que de l’oxyde d’éthylène est détecté dans une matière première qui, d’après son fabricant, n’a pas été traitée par ce pesticide. C’était déjà le cas début 2021, avec du poivre, du cumin, du curcuma et d’autres ingrédients. À l’époque, les fabricants évoquaient plusieurs hypothèses : contaminations croisées, résultats de test erronés (« faux positifs »)…

« Nous sommes confrontés à un problème d’analyse, expliquait alors Hubert Bocquelet, délégué général de la Fedalim, fédération professionnelle regroupant notamment les transformateurs de poivres, épices et aromates. La méthode actuellement disponible porte sur la somme de deux molécules : l’oxyde d’éthylène et le dichloroéthanol, ce qui peut engendrer des faux positifs. »

Le dichloroéthanol pourrait ne pas toujours provenir d’un traitement à l’ETO : « Il peut s’agir d’un résidu de pesticides non interdits en Europe. Certaines études montrent aussi qu’il peut se trouver naturellement dans certains ingrédients, comme le paprika. »

Les fournisseurs assurent avoir renforcé leur surveillance
Concernant le gluten à l’origine des rappels de pains de mie, Franprix souligne que « des recherches scientifiques sont en cours afin d’expliquer ces résultats analytiques ». Contactée par 60 Millions de consommateurs, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) n’a pas encore fourni d’explications.

En attendant que les autorités éclaircissent la question, les marques nous assurent que leurs fournisseurs renforcent la surveillance des matières premières. « Un contrôle ETO a été mis en place sur chaque lot de gluten réceptionné afin de s’assurer de sa conformité », explique Monoprix. Même réponse du côté de Franprix. 

Ce dispositif devrait permettre de garantir que, dorénavant, les pains de mie qui sortiront des usines des fournisseurs de ces deux enseignes seront exempts d’ETO. Mais pour connaître l’ampleur réelle du problème, il faudra attendre de savoir comment un lot de gluten a pu être contaminé sans avoir été traité à l’oxyde d’éthylène…

Publié dans SANTE, EUROPE

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