Présidentielle 2022 : les principales propositions du programme d'Emmanuel Macron

Publié le par angeline351

Présidentielle 2022 : les principales propositions du programme d'Emmanuel Macron


Emmanuel Macron, candidat à un second mandat présidentiel en avril, a dévoilé jeudi les grands axes de son programme lors d'une conférence de presse à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Un projet "d'émancipation, de progrès pour chacun" mais aussi d'adaptation face aux crises et au "retour du tragique", a déclaré le chef de l'Etat.  Voici les principales mesures présentées par le président de la République, s'articulant autour de trois grands axes : renforcer l'indépendance de la France au sein d'une Europe plus forte, "continuer d'avoir des progrès pour chacun", et enfin consolider le "pacte républicain" :

Emmanuel Macron, candidat à un second mandat présidentiel en avril, a dévoilé jeudi les grands axes de son programme lors d'une conférence de presse à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Un projet "d'émancipation, de progrès pour chacun" mais aussi d'adaptation face aux crises et au "retour du tragique", a déclaré le chef de l'Etat.  Voici les principales mesures présentées par le président de la République, s'articulant autour de trois grands axes : renforcer l'indépendance de la France au sein d'une Europe plus forte, "continuer d'avoir des progrès pour chacun", et enfin consolider le "pacte républicain" :
Le report à 65 ans l'âge de départ à la retraite
Emmanuel Macron a annoncé jeudi qu'il prévoyait de porter progressivement à 65 ans l'âge légal de départ à la retraite s'il était réélu à la présidence de la République. Lors de la présentation de son programme pour l'élection présidentielle, il a déclaré que cette réforme prendrait en compte les carrières longues, les questions d'invalidité et "la réalité des métiers et des tâches". "La réforme que je propose est différente de celle de 2017. Parce que les conditions macroéconomiques ne sont pas les mêmes parce que le pays continue de se transformer", a souligné Emmanuel Macron, dont le projet de retraite à points avait suscité une vive résistance des syndicats et dans la rue, avant d'être abandonnée en raison de la pandémie de COVID-19. "La réforme que je souhaite mener, c'est d'augmenter l'âge légal progressivement. Comme on l'a toujours fait d'ailleurs, avec un système de trimestres progressif", a-t-il précisé, confirmant son intention de repousser à terme l'âge de départ à la retraite à 65 ans. Il a également annoncé qu'il entendait porter à 1.100 euros la retraite minimale pour une carrière complète.

Une baisse de 15 milliards d'euros des impôts par an
Emmanuel Macron a déclaré jeudi qu'il prévoyait de baisser les impôts de 15 milliards d'euros par an s'il était réélu à la présidence de la République. Présentant son programme devant la presse à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le chef de l'Etat a précisé que cette baisse bénéficierait pour moitié aux ménages et pour moitié aux entreprises. Emmanuel Macron a évalué plus largement le coût du programme qu'il a dévoilé à 50 milliards d'euros par an d'ici 2027. Ces dépenses seraient notamment financées à hauteur de 15 milliards d'euros par la croissance et l'activité, dont le retour au plein emploi, la réforme des retraites et la réforme de l'assurance chômage, a-t-il dit. Quinze autres milliards d'euros seraient économisés grâce à des mesures de simplification et d'optimisation, notamment par le biais de la lutte contre la fraude. Enfin, 20 milliards d'euros proviendraient de la baisse du coût de fonctionnement des collectivités publiques, un effort équivalent selon lui à celui qui leur avait été demandé au début du quinquennat et qu'il juge donc "réaliste".

Le "plein emploi" dans 5 ans
Emmanuel Macron a annoncé jeudi qu'il viserait, s'il est réélu, le "plein emploi" dans les cinq ans, grâce à des réformes "favorisant le retour à l'emploi" des chômeurs, objectif selon lui "atteignable" au vu de la baisse du chômage depuis 2017. Détaillant son programme pour l'élection présidentielle, il a proposé une nouvelle réforme de l'assurance-chômage, une transformation de Pôle Emploi rebaptisé "France Travail" ainsi qu'une réforme du RSA pour le soumettre à des contreparties, sur le modèle du "contrat d'engagement" pour les jeunes.

Une réforme du RSA avec "15 à 20 heures d'activité" hebdomadaire
Emmanuel Macron, candidat à sa propre succession, a proposé jeudi une réforme du RSA "en assurant un meilleur accompagnement et un meilleur équilibre des droits et devoirs" et "l'obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine pour une activité permettant d'aller vers l'insertion professionnelle". "Oui, il faut un soutien monétaire, mais il faut plus que ça", a poursuivi le président sortant lors d'une conférence de presse à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis): "reconnaître la dignité de chacun" et "demander une part d'efforts pour toutes celles et ceux qui le peuvent".

Un versement automatique des aides sociales "à la source"
Emmanuel Macron s'est engagé, s'il est réélu, à faire verser les aides sociales "à la source", de manière automatique, ce qui selon lui bénéficierait aux "20 millions de Français" qui touchent le RSA, la prime d'activité, des aides au logement ou des allocations familiales. Reprenant cette promesse de 2017, il a dit vouloir "simplifier" ces aides afin que tous les Français qui y ont droit puissent les percevoir, mais aussi pour lutter contre la fraude.

Une "convention citoyenne" sur la fin de vie
Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, a estimé jeudi qu'une "convention citoyenne" serait adaptée pour trancher le débat sur la fin de vie dans le cadre d'un éventuel second mandat, lors d'une conférence de presse de présentation de son programme. "Sur ce sujet, je souhaite que nous puissions avancer de manière apaisée, c'est pourquoi je pense que c'est un bon sujet pour une Convention citoyenne", a fait valoir le président sortant, en ajoutant que "sur la base des conclusions" d'une telle Convention, il soumettrait "à la représentation nationale ou au peuple le choix d'aller au bout du chemin qui sera préconisé", c'est-à-dire par référendum.

 

L'intégralité des propositions faites par Emmanuel Macron

Défense
* Porter le budget de la Défense à 50 milliards d'euros en 2025 conformément à la loi de programmation militaire, généraliser le service national universel, augmenter le nombre de réservistes, qui seront doublés.

* Mettre en place un plan de mobilisation civile "pour renforcer notre résilience", renforcement des stocks stratégiques de la nation.

Agriculture, industrie
* Investir massivement pour l'indépendance agricole, industrielle et créative, avec une loi d'orientation et d'avenir sur l'agriculture "pour renforcer l'action sur le renouvellement des générations, en particulier l'installation", 30 milliards d'euros investis dans les secteurs industriels d'avenir.

Energie
* Changer la formation des prix de l'énergie au niveau européen, réformer le système de fixation des prix européens de l'électricité, trop dépendants du gaz.

* Rénover 700.000 logements par an.

* Construction de six réacteurs nucléaires et mise à l'étude de huit nouveaux réacteurs nucléaires; puissance solaire multipliée par 10; 50 parcs éoliens en mer d'ici 2050.

* Reprendre le contrôle capitalistique de plusieurs acteurs industriels.

* Développer des mécanismes de "leasing" pour favoriser l'achat de véhicules électriques et développer des filières 100% françaises sur l'éolien, le solaire, les batteries électriques.

Recherche, enseignement
* Renforcer l'indépendance de l'information et de la culture, btir un "metavers" européen.

* Renforcer l'autonomie des universités et positionner les organismes de recherche sur les secteurs stratégiques.

* Réformer le lycée professionnel, "dont beaucoup trop de filières forment des gens qui ne correspondent pas aux besoins des entreprises".

Travail
* Atteindre le plein-emploi en cinq ans, un objectif "atteignable".

* Poursuivre la réforme du marché du travail et la réforme de l'assurance chômage, inciter au retour à l'emploi quand la conjoncture s'améliore, mieux protéger quand la conjoncture se dégrade.

* Transformer "Pôle emploi" en "France travail" pour gagner en efficacité.

* Réformer le RSA pour un meilleur équilibre entre prestation et accompagnement (15 à 20 heures de travail demandées pour les bénéficiaires).

Retraites
* Porter progressivement à 65 ans l'âge légal de départ à la retraite, prendre en compte les carrières longues et les questions d'invalidité, la réalité des métiers et des tâches. La réforme sera "plus simple, plus lisible, je compte la mettre en oeuvre après la concertation (nécessaire) dès le début du quinquennat".

Ecole
* Poursuivre "de manière significative" l'augmentation des rémunérations, en définissant de nouvelles missions, sur les remplacements notamment.

* Donner plus de liberté aux établissements scolaires, renforcer le suivi individualisé des élèves.

* Améliorer la transparence des résultats.

Santé
* Lutter contre les déserts médicaux par l'accompagnement des jeunes médecins, la mise en place d'un système de référents pour les actes simples (pharmaciens, infirmiers), déployer la quatrième année d'internat pour les médecins généralistes dans les zones rurales,

Prestations sociales
* Mettre en place une "solidarité à la source" pour le versement des prestations (RSA, prime d'activité, aides au logement, etc.) qui concerne 20 millions de personnes.

* Hausse de 50% de l'allocation de soutien des mères célibataires (à 174 euros par an).

* Augmenter l'abattement sur les successions en ligne directe à 150.000 euros, au lieu de 100.000 actuellement, création d'un abattement pour les neveux, nièces, petits-enfants et enfants de conjoint.

* Suppression de la redevance sur l'audiovisuel.

* Réforme du compte épargne temps universel, pour qu'il soit "portable" en cas de changement d'entreprise, monétisé différemment, et pour le rendre universel.

* Hausse du minimum retraites à 1.100 euros par mois pour les carrières complètes.

* Création d'une "prime adapt'" pour accommoder le logement pour les personnes âgées, renforcement du contrôle des Ehpad.

Police, justice
* La loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur permettra de créer 200 brigades de gendarmerie sur le quinquennat, de doubler la présence des forces de sécurité intérieure.

* Triplement de l'amende anti-harcèlement, extension des amendes forfaitaires, possibilité de porter plainte en ligne, recrutement de 1.500 "cyberpatrouilleurs".

* Nouveaux recrutements, dont 8.500 magistrats et auxiliaires de justice.

Immigration
* Procédures d'éloignement plus rapides : "le refus d'asile vaudra obligation de quitter le territoire français".

* Réduire les délivrances des visas pour les Etats qui ne coopèrent pas avec une politique de retour.

* Transformer les modes d'accès aux titres de séjour : Pas de renouvellement des titres et expulsion des étrangers qui troublent l'ordre public. Titres de séjour de quatre ans et plus conditionnés à un examen de français et une démarche d'insertion professionnelle.

* Renforcer la lutte contre les discriminations sous toutes formes par une politique de testing systématique pour chaque entreprise de plus de 5.000 salariés sur cinq ans.

Administration
* Simplifier et territorialiser davantage l'action publique, rouvrir des sous-préfectures.

* Création d'une commission transpartisane pour rénover les institutions, renforcer notamment les missions de contrôle du Parlement.

*Lutter (encore) contre les déserts médicaux
Emmanuel Macron s’engage « un renfort massif dans les déserts médicaux avec des permanences ponctuelles dans les territoires les moins dotés, le développement des téléconsultations, réguler davantage l’installation... ». La lutte contre les déserts médicaux était déjà l’une des mesures phare du programme santé du candidat Macron lors de la présidentielle 2017. Il avait alors promis de doubler le nombre de maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP). La promesse a été tenue : il y en avait 1 118 fin 2017, 2 018 fin 2021. Mais cela n’a pas suffi à résoudre le problème épineux des déserts médicaux. La pénurie de médecins est due à la chute drastique du numerus clausus, le quota d’étudiants admis en médecine chaque année, durant les décennies 1980-1990. Comme il faut une dizaine d’années pour former un médecin, les effets délétères de ce choix ont été ressentis avec un décalage. Actuellement, près d’un Français sur dix réside dans un territoire sous-doté en médecins généralistes, une proportion qui ne cesse de s’accroître depuis cinq ans, selon la dernière étude de la DREES.

* Une prime de pouvoir d’achat revalorisée
La prime de pouvoir d’achat sera portée jusqu’à 3 000 euros par an (contre 1 000 actuellement). Elle passera à 6 000 euros sous condition de signer l’accord d’intéressement, si jamais Emmanuel Macron est élu.

Une (énième) réforme de la formation professionnelle
Emmanuel Macron a annoncé vouloir un système de formation plus en phase avec les besoins du monde du travail et les enjeux du monde contemporain « pour renforcer l’indépendance de la nation ». Trois axes en ce sens :

* Une formation professionnelle (continue) mieux orientée en déréférençant les formations qui ne débouchent pas sur des emplois durables.
Davantage d’investissement dans les filières courtes et professionnalisantes du supérieur – une nécessité en effet au vu de l’explosion du nombre de bacheliers professionnels depuis 12 ans et de la très faible croissance des bac + 2 type BTS.
* Et enfin, une (énième) grande réforme du lycée professionnel pour en faire une « voie d’excellence ».
Comment ? En proposant des filières plus porteuses qu’aujourd’hui. Et, ensuite, en s’inspirant des « logiques de formation » qui ont fait depuis cinq ans « le succès de l’apprentissage ». Autrement dit, les élèves de lycées pros seront aiguillés vers des formations d’avenir (on évite d’orienter tout le monde en coiffure ou gestion administration) et envoyés le plus souvent possible en alternance en entreprise quitte à ce que l’Etat prenne en charge leur rémunération.
Deux éléments que le président-candidat n’évoque pas.

*  Le développement - réel - de l’apprentissage ces cinq dernières années s’est surtout fait au bénéfice des étudiants du supérieur. Les entreprises se montrent beaucoup plus frileuses – malgré les aides à l’embauche - quand il s’agit d’enrôler des jeunes de 15-16 ans.

*  L’Education nationale continue à utiliser massivement le lycée professionnel comme une voie de garage où elle envoie – parfois contre leur gré – des élèves ne maîtrisant pas les fondamentaux nécessaires à une scolarité en lycée général et technologique. Comment dans ces conditions en faire une voie d’excellence ? Aucun ministre n’a trouvé jusque-là la clé. Pas même Jean-Michel Blanquer qui avait fait de ce dossier une de ses priorités. Bon courage donc à son successeur.
Réforme de l’héritage : un cadeau pour les plus favorisés ?
Emmanuel Macron s’engouffre dans la course à l’échalote à droite sur la réduction des droits de succession. Il annonce vouloir augmenter l’abattement en ligne directe (d’un parent vers son enfant) de 100 000 à 150 000 euros, mais aussi de revoir – sans préciser le montant – l’abattement en ligne indirecte (dans les fratries, vers les neveux, etc.). Le président-candidat fait ainsi le jeu à droite, où tous les candidats se sont engagés à rehausser les abattements. Sauf qu’une telle mesure ne corrige aucune des inégalités actuelles du système d’héritage (par exemple, l’imposition plus faible si quelqu’un hérite de 200 000 euros de chacun de ses parents, par rapport à quelqu’un qui hérite de 400 000 euros d’un seul parent). De plus, comme constaté par le Conseil d’analyse économique, la société française est de plus en plus une société d’héritiers. La fortune héritée représente désormais 60 % du patrimoine total des Français, contre 35 % au début des années 1970 - nous sommes retombés au même niveau qu’avant-guerre, quand les politiques redistributives n’existaient pas. La moitié des Français touchera moins de 70 000 euros d’héritage au cours de sa vie (et ne sera donc pas imposée du tout). A l’opposé, les 10 % des plus riches captent plus de la moitié des héritages. Alléger un peu plus la fiscalité, comme le souhaite Emmanuel Macron, aurait donc pour effet essentiel d’enrichir un peu plus les plus favorisés.

***Comment Emmanuel Macron veut-il financer son programme ?
Cet investissement de 50 milliards d’euros par an sera financé de trois manières, assure le président-candidat :

15 milliards par les réformes « avec des gains sur la réforme des retraites et des gains sur la réforme chômage »
15 milliards « par simplification et optimisation » de l’administration et lutte contre la fraude
20 milliards par « la réduction des coûts de fonctionnement par rapport aux collectivités publiques » (coût de gestion ou encore réduction des niches fiscales)

*Les réseaux sociaux interdits pour les enfants et les jeunes ados ?
Au chapitre de la nécessaire lutte contre les inégalités « à la racine », Emmanuel Macron a rapidement évoqué sa « politique des 1000 premiers jours », qui aurait « changé beaucoup de choses concrètement dans la vie de nos enfants », une perception pour le moins optimiste de son action. Mais il s’est surtout attaqué à la question de l’impact des écrans et des réseaux sociaux sur la vie des petits Français, s’étonnant que leurs « souffrances » liées au harcèlement à l’école, sur le net ou les boucles de messagerie ne soient pas davantage évoquées depuis le début campagne.
Sous l’influence de Brigitte Macron, très sensible au sujet, le président-candidat avait déjà mis en avant avec gravité la question du cyberharcèlement mais il n’était jamais allé aussi loin. Il a non seulement évoqué la mise en place d’un « contrôle parental des écrans par défaut », la nécessaire « régulation des plateformes » en concertation avec nos partenaires européens, mais également une « interdiction assumée » des réseaux pour les enfants et les jeunes adolescents. La fin de Tik Tok, Snapchat et consorts pour nos bambins ?

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