Des départs massifs de soignants » : la commission d’enquête du Sénat face à la déliquescence de l’hôpital

Publié le par angeline351

Des départs massifs de soignants » : la commission d’enquête du Sénat face à la déliquescence de l’hôpital

La commission d’enquête sur la situation de l’hôpital et le système de santé en France a débuté ses premières auditions. Les représentants des personnels soignants et des praticiens ont été entendus sur leur quotidien et les causes des dysfonctionnements qu’ils ont identifiés.

La nouvelle commission d’enquête du Sénat n’ignore rien des difficultés profondes que traverse l’hôpital. C’est d’ailleurs sa raison d’être. Le chiffre choc de l’enquête du Conseil scientifique – un lit sur cinq fermé dans les grands établissements de santé, faute de personnel en nombre – a catalysé sa création le mois dernier. Il n’empêche, à chaque fin d’intervention des différents représentants des soignants ce 9 décembre, la présidente Marie Mercier (LR) accuse le coup. Lors de cette première audition, elle évoque des « propos accablants », un « constat de désastre », bref, une « sensation de gâchis ».

C’est le Collectif Inter-Hôpitaux, né six mois avant le début de la crise du covid-19 en France, qui ouvre le bal. « Nous sommes aujourd’hui dans une situation que je dirais catastrophique », lâche le docteur Véronique Hentgen, pédiatre au Centre hospitalier de Versailles. Thierry Amouroux, du syndicat national des professionnels infirmiers, fait état d’un dangereux « cercle infernal » à l’œuvre. « Plus il y a de départs, plus les conditions de travail se dégradent pour ceux qui restent. Et plus les conditions de travail se dégradent, plus vous avez de nouveaux départs. » Ce représentant syndical décrit des professionnels « laminés », « broyés par le système ».

Les causes de ce mal-être sont plurielles et viennent de loin. Elles couvaient bien avant la pandémie. « On assiste à des départs massifs de soignants, écœurés par leurs conditions d’exercice », relate Véronique Hentgen.

« Toujours faire plus, avec toujours moins »
Pour le docteur Jean-François Cibien (président de l’intersyndicale de praticiens Avenir hospitalier), c’est notamment le manque de financement chronique et la logique de tarification à l’acte (T2A) qui ont « organisé le délitement de l’hôpital ». « Il manque 150 milliards d’euros dans le budget hospitalier sur les 15 dernières années », estime-t-il. Véronique Hentgen parle d’un « couple mortel ». « Toujours faire plus, avec toujours moins. »

Thierry Amouroux considère que le covid-19 aurait pu provoquer une forme de prise de conscience. Les espoirs ont été « douchés ». « Nous pensions vraiment qu’il y allait avoir un monde d’après, au moins pour la santé. Dès le 11 mai [2020], nos bureaucrates sont revenus avec leurs petits tableaux de bord pour reprendre les plans d’économies là où ils étaient ». Le mouvement s’est poursuivi, en pleine année de crise sanitaire, avec la fermeture de 5 700 lits, selon une étude du ministère de la Santé. « Nous sommes le seul pays au monde à avoir fermé des lits en période épidémique pour des raisons économiques », s’énerve l’infirmier.

Publié dans INFORMATION, SANTE

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