Après une 3e dose, à partir de quand est-on protégé ?

Publié le par angeline351

Alors que la double dose ne suffit pas à protéger au-delà de quelques mois contre le Covid-19, la dose de rappel vient booster notre système immunitaire. Mais combien de temps après l'injection ?

Le rappel vaccinal est ouvert à tous les adultes de 18 ans et plus dès 5 mois après la dernière injection. Depuis une pharmacie lilloise ce vendredi 10 décembre, le ministre de la Santé s'est félicité d'une dynamique de dépistage "extrêmement forte". "Près de 6 millions de tests sont réalisés par semaine. Ce sont des niveaux absolument records qui signifient que 10% de la population se fait tester chaque semaine", a-t-il déclaré.

A quoi sert la 3e dose ?
"Le recul aujourd’hui acquis grâce aux essais cliniques et aux observations en vie réelle (en Israël) met en évidence une protection pendant au moins 6 mois chez la plupart des personnes ayant bénéficié d’un schéma vaccinal complet", explique le ministère de la Santé dans un dossier de presse du 3 décembre.

Le problème, c’est qu’au-delà de 6 mois, l’efficacité vaccinale s’érode, ainsi que le prouvent de nombreuses données en vie réelle, tout particulièrement chez les personnes âgées et fragiles, comme le rappelle la Haute Autorité de santé (HAS), dans son avis du 23 août 2021.

"Ce qui est classique", avait expliqué Olivier Véran, le ministre de la Santé lors d’une conférence de presse le 25 novembre. "Le vaccin apprend à fabriquer des anticorps pour empêcher de vous infecter. Mais la mémoire immunitaire n'est pas infaillible, d'où le rappel pour réactiver la mémoire immunitaire et démultiplier l'efficacité immunitaire”, avait-il vulgarisé.

Cette baisse progressive de la protection concerne essentiellement l’efficacité contre l’infection et contre les formes symptomatiques, "l’efficacité contre les formes graves demeurant à un niveau élevé, quel que soit le vaccin administré", souligne par ailleurs le ministère de la Santé.

Si la dose de rappel à été étendue à tous les adultes et que le délai pour en bénéficier a été abaissé à 5 mois, c’est en raison de l’accélération de l’épidémie, donc justifié par des données épidémiologiques (hausse du nombre de contaminations quotidiennes, du taux d’incidence, ainsi que du R effectif).

A partir de quand est-on protégé ?
Cette dose de rappel, obligatoirement d'un vaccin à ARNm (Pfizer ou Moderna pour les plus de 30 ans, uniquement Pfizer pour les moins de 30 ans), réactive les anticorps qui déclinent progressivement avec le temps.

Selon une étude parue le 30 novembre dans la revue scientifique Jama Internal Medicine, c'est au bout de 14 jours après l'injection que la dose de rappel atteint son efficacité maximale, et elle perdure jusqu'à 65 jours post-infection (l'étude ne disposant pas de données au-delà).

Cette étude s’appuie sur la collecte de données en Israël où le rappel est recommandé depuis fin août 2021.

Dans le détail, plus de 300 000 personnes âgées de plus de 40 ans ont été suivies pendant 65 jours. Elles étaient réparties en deux groupes : soit schéma vaccinal classique (2 doses du vaccin Pfizer), soit une dose de rappel (Pfizer). Les scientifiques ont suivi la proportion des tests PCR positifs dans les deux groupes. Voici les résultats :

dans le groupe “schéma vaccinal complet”, 6,6 % ont été testés positifs.
dans les 6 jours suivant la dose de rappel, le risque d'être testé positif est comparable à celui des personnes ne l'ayant pas reçue (6%).
entre le 7e et le 13e jour, 3% ont été testés positifs.
c’est à partir du 14e jour que l’efficacité est réelle : 1% de tests positifs seulement, et jusqu’à 0,7% à 28 jours, confirmant que la protection conférée par la dose de rappel augmente progressivement au fil du temps.
Taux de positivité des tests PCR après l'injection de la dose rappel du vaccin Pfizer :

Ce que confirme Étienne Decroly, directeur de recherche au CNRS, dans les colonnes du Parisien ce 10 décembre. Il explique qu’il y a bien "une nette différence au bout du 7 e jour", tout en soulignant qu’il ne s’agit pas d’un bouton "on/off". "Certains seront bien protégés au 5e jour, d’autres au 8e".

Anne-Claude Crémieux, professeure en maladies infectieuses à l’hôpital parisien Saint-Louis, également interrogée par nos confrères du Parisien, se montre encore plus prudente. "Attention, la protection maximale est atteinte entre quinze jours et trois semaines".

D’où la nécessité, en attendant, de continuer à bien respecter les gestes barrière.

Publié dans INFORMATION, SANTE

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