Retraites complémentaires : FO s’opposera à tout gel des pensions

Publié le par angeline351

Retraites complémentaires : FO s’opposera à tout gel des pensions

 

Les interlocuteurs sociaux ont ouvert le 21 juin une négociation sur l’équilibre financier du régime de retraites complémentaires Agirc-Arrco. Le conseil d’administration les avait alertés en octobre dernier d’une baisse des réserves de la caisse du fait de la crise sanitaire. La règle d’or ― toujours disposer d’au moins six mois de réserves sur quinze ans ― serait ainsi menacée.

Il n’y a pas péril en la demeure, temporise Michel Beaugas, secrétaire confédéral chargé des retraites et chef de file de la délégation FO. Aujourd’hui on a encore huit mois de réserves. Selon l’hypothèse la plus probable, on passerait sous les six mois en 2030.

Cette première séance a permis d’établir le calendrier des discussions et de dresser un état des lieux. Pour 2020, le déficit atteint 5,3 milliards d’euros. Le régime a perdu 4 milliards d’euros l’an dernier en raison d’une baisse des cotisations, due essentiellement au recours massif à l’activité partielle.

 Isoler la non-recette Covid

 Il y a trois leviers possibles pour rééquilibrer les comptes, résume Michel Beaugas. Le premier consiste à augmenter les cotisations. Une hypothèse rejetée par FO, alors que le prix d’achat du point est augmenté de 27 % de frais (taux d’appel).

Le second levier, agir sur le montant des pensions, a le soutien du patronat. Mais c’est tout aussi inenvisageable pour FO. Si on gèle les pensions, on casse l’accord de 2019 qui imposait de maintenir le pouvoir d’achat des retraités. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle FO avait signé l’ANI, poursuit-il.

La confédération propose une voie intermédiaire : isoler dans les comptes la non-recette Covid et l’amortir à plus long terme, rappelle Michel Beaugas. Même si le Medef veut aller vite, indique Michel Beaugas, on attend et on ne change rien, d’autant que la croissance va repartir. Il n’y a pas d’urgence à modifier les paramètres à la va-vite, sans réfléchir aux conséquences pour les salariés et les retraités. Lors des deux prochaines réunions, programmées les 13 et 21 juillet, les discussions risquent d’être difficiles.

 

CLARISSE JOSSELINJournaliste à L’inFO militante

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article