Pour le progrès social, une réponse à nos revendications est urgente

Publié le par angeline351

Pour le progrès social, une réponse à nos revendications est urgente

 

Si des voix s’élèvent pour une sortie de crise parée de justice sociale et tandis que les pays de l’Union médiatisent leurs discussions relancées d’un « socle européen des droits sociaux », le monde d’avant n’a pas dit son dernier mot. En France, des réformes contestées sont maintenues et les attaques sur les congés ou le repos dominical sont autant d’approbations des exigences patronales. Les demandes salariales des travailleurs, sur le Smic ou dans la fonction publique, restent pour l’instant en revanche sans réponse. Or, pour FO, le progrès social passe par la satisfaction des revendications légitimes des salariés.

Déconfinement : FO refuse la banalisation du travail dominical
Avec l’offensive du patronat pour réclamer l’ouverture des commerces le dimanche, le troisième déconfinement a un air de déjà-vu. Comme la réponse de l’exécutif, jugeant légitime cette demande pour compenser les semaines de fermeture.

La ministre du Travail a demandé le 10 mai aux préfets d’engager des concertations locales afin de permettre des dérogations exceptionnelles au repos dominical. Elles pourraient être accordées jusqu’à fin juin, soit sur six dimanches. Ces nouvelles dérogations vont s’ajouter à celles existantes, notamment celles accordées par les maires pour douze dimanches par an. En les cumulant, un commerce pourrait ouvrir tous les dimanches jusqu’à fin 2021 ! FO refuse cette banalisation du travail dominical. Dans les concertations, les unions départementales feront entendre leur avis défavorable en défense du repos dominical, tonne Michel Beaugas, secrétaire confédéral, rappelant que le dimanche est le seul jour où les salariés du commerce peuvent voir leur famille. Les dérogations au repos dominical ne doivent pas devenir permanentes, renchérit David Malézieux, secrétaire fédéral adjoint de la section commerce à la FEC-FO, qui rapporte les pressions sur les salariés pour se porter volontaires. À la FGTA-FO, la section grande distribution met en garde contre tout effet d’entraînement. Il ne faut pas ajouter de nouvelles contraintes horaires aux salariés de la grande distribution, qui sont restés en poste depuis un an au prix de conditions de travail dégradées. Ils ont déjà beaucoup donné, martèle Carole Desiano, secrétaire fédérale.

Elie Hiesse

 

Congés imposés : pour FO, une mesure inutile et stigmatisante

L a gestion de la sortie de crise sanitaire a son projet de loi, qui finit actuellement son parcours devant le Parlement. Parmi les mesures, celle portant sur l’augmentation du nombre de jours de congé pouvant être imposés aux salariés par leur employeur donne pour le moins un ton peu social à la période dite de transition. Par une ordonnance du 25 mars 2020 (dans le prolongement de la loi d’urgence du 23 mars), un employeur peut déjà imposer (jusqu’au 30 juin 2021) jusqu’à six jours de congé à un salarié. Cette possibilité est soumise à l’existence d’un accord d’entreprise ou de branche.

Fin de la dérogation le 30 septembre ?

Le gouvernement a prévu d’aller plus loin à travers un texte inscrit au projet de loi et qui porte à huit le nombre de jours de congé pouvant être imposés (et jusqu’à dix jours pour les jours de repos : RTT…), cela jusqu’au 30 septembre (le gouvernement souhaitait le 31 octobre). Les salariés qui se sont vu déjà imposer six jours de congé depuis mars 2020, pourraient s’en voir imposer deux de plus. La mesure, qui a créé de vifs débats au Parlement, est assortie, comme en 2020, d’un délai de prévenance d’une journée (contre un mois selon la règle). Pour FO, qui l’a contestée, cette mesure est  à la fois inutile et stigmatisante.

Valérie Forgeront

L’aide à l’embauche des jeunes n’a pas amélioré leur taux d’emploi

 

L e ministère du Travail ne s’est pas (encore) prononcé sur l’éventuelle prorogation, jusqu’en septembre, de l’aide à l’embauche des jeunes. Mais les premières évaluations publiées le 12 mai montrent que cette mesure phare du plan « Un jeune, une solution », lancée en août 2020 et pouvant aller jusqu’à 4 000 euros par an pour l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans en CDI ou en CDD de trois mois ou plus, n’a pas d’impact sur le nombre total de jeunes en emploi. Même si la mesure provoque une hausse des recrutements. Le Conseil d’analyse économique la chiffre à 8 % du nombre total d’embauches de jeunes entre août 2020 et février 2021. La Direction statistique du ministère du Travail (Dares) l’évalue à 7 % du nombre d’embauches pour les 22-25 ans entre août et décembre 2020. Sauf que, pointe la Dares, ces embauches supplémentaires se font au détriment des emplois intérimaires et non-salariés des 22-25 ans (qui chutent) et au détriment des 26-29 ans, moins recrutés. Résultat, le taux d’emploi global des jeunes ne bouge pas ! Rien d’étonnant pour Michel Beaugas, secrétaire confédéral FO chargé de l’emploi. L’absence de contreparties en termes d’emploi durable (embauche de plus de six mois) n’est pas bénéfique pour les jeunes. La majorité des recrutements se fait en CDD de trois mois. Et cela ne sécurise pas les primo-demandeurs d’emploi, qui ont besoin de plus de trois mois de travail pour s’ouvrir des droits au chômage.

Pour une Europe sociale, en finir avec le modèle du monde d’avant

L’expression  que le monde d’après ne ressemble pas à celui d’avant Covid restera-t-elle à l’état d’incantations ou deviendra-t-elle une réalité au plan social ? Les 7 et 8 mai, le sommet social réunissant à Porto (Portugal) les vingt-sept pays de l’Union européenne a lancé des discussions sur des mesures censées se concrétiser d’ici à 2030. Au cœur de ces débats, le socle européen des droits sociaux (SEDS), annoncé en 2017 et dont un plan de mise en œuvre a été présenté en mars par la Commission européenne. L’objectif affiché serait de concrétiser l’Europe sociale (sur l’emploi, la formation…). Mais à l’heure de la relance, reste à le faire. Ainsi l’évocation d’un salaire minimum dans chaque pays « demeure un sujet qui divise », indique l’exécutif français. C’est peu dire. Et sans même parler d’une harmonisation.

Le politique doit reprendre la main

Les économies sont en concurrence, notamment sur le plan des salaires, ce qui se traduit par un dumping social dramatique pour les salariés. Cette situation a ses causes. En amont du sommet de Porto, reçue par l’exécutif, FO a souligné ainsi que la question de l’Europe sociale ne peut faire l’impasse sur ce que l’on appelle sa gouvernance économique. Et le secrétaire général de la confédération, Yves Veyrier, de rappeler la nécessaire révision des traités de l’Union européenne avec l’inclusion d’un protocole de progrès social au sein de ces traités.

FO avait porté par ailleurs auprès de la Confédération européenne des syndicats  la nécessité d’adopter des cibles plus ambitieuses, dans le cadre de la mise en œuvre du SEDS. Quant à la réactivation du pacte de stabilité (dette inférieure à 60 % du PIB, déficits publics sous le seuil de 3 %), envisagée dès la fin 2022, et la reprise de politiques poursuivant de façon obsessionnelle la réduction des déficits publics sans considération de ses conséquences sociales, ce serait un non-sens absolu, martèle FO pour qui  le politique doit reprendre la main sur le marché, au profit de l’intérêt général et du progrès social, et non pas acter définitivement sa démission en édictant une règle dite d’or.


 

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