Variants brésiliens et sud-africain : la France échappera-t-elle au scénario catastrophe ?

Publié le par angeline351

Variants brésiliens et sud-africain : la France échappera-t-elle au scénario catastrophe ?

Encore minoritaires, ces mutants pourraient causer un redémarrage de l'épidémie à moyen terme. A moins que les pouvoirs publics ne prennent la mesure du problème, plaident des scientifiques.

lus de 800 cas du variant brésilien P1 déclarés en quelques jours, une origine mystérieuse, beaucoup de jeunes touchés... Ce cluster géant, apparu dans une station de ski de Colombie britannique, au Canada, a fait prendre conscience au monde de la menace que représente le Brésil, où l'épidémie galopante a entraîné l'apparition de dangereux virus mutants. 

En France, la nouvelle a fait l'effet d'un électrochoc. "C'était la première fois que l'on voyait la capacité de ce virus P1 à se diffuser rapidement en dehors du continent sud-américain", souligne le Pr Rémi Salomon, qui représente la communauté médicale de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris. Sur les réseaux sociaux et sur les plateaux télévisés, ce médecin, et d'autres, ont rapidement alerté sur le danger de continuer à voir arriver quotidiennement dans l'Hexagone plusieurs centaines de voyageurs en provenance du Brésil. Face à la polémique, le gouvernement a fini par annoncer la suspension temporaire des vols depuis ce pays, et d'autres mesures sont attendues dans les prochains jours. 

Mais même si nos frontières finissaient par ne plus être des passoires, nous serions sans doute loin d'en avoir fini avec les variants menaçants, qu'il s'agisse du variant P1 venu du Brésil, du B.1.351, apparu en Afrique du Sud, ou d'une nouvelle version mutée du variant britannique. Déjà présentes sur le territoire national, ces nouvelles versions du SARS-CoV-2 ont un point commun : elles présentent la même mutation, appelée E484K, qui leur donne la propriété de contourner en partie l'immunité liée à une précédente infection ou à la vaccination. "A un moment ou à un autre, ces virus pourraient entrer dans une phase d'expansion rapide. Personne ne peut savoir quand, mais ce serait tout à fait possible", s'alarme le Pr Rémi Salomon. 

Malgré une situation en apparence rassurante, le virus pourrait une nouvelle fois nous surprendre
Jusqu'ici, dans l'Hexagone, ces variants inquiétaient peu. Avec seulement 5% des cas recensés d'après les données publiées par Santé publique France, ils restent en effet très minoritaires en métropole. Et parmi ces variants inquiétants, le B.1.351 serait le plus représenté, loin devant son cousin brésilien. "S'ils se diffusent plus facilement que la souche historique, ils paraissent un peu moins contagieux que le variant britannique, qui les a supplantés partout où ils se trouvaient en compétition, du moins pour le moment", constate le Pr Olivier Schwartz, responsable de l'unité Virus et immunité à l'Institut Pasteur.  

De ce point de vue, le cas mosellan avait de quoi rassurer : alors que le variant sud-africain s'y est implanté dès le début de l'année, et a pu représenter jusqu'à 55% des cas, il est aujourd'hui redescendu à 30% des infections dans le département. Si les limiers du tracing des contacts peinent encore à comprendre comment il est arrivé là, ils observent aujourd'hui une plus grande prévalence de la souche britannique. "Le variant sud-africain s'est développé en Moselle en même temps que s'étendait dans le pays le variant anglais. Mais ici aussi, c'est l'Anglais, plus contagieux, qui a fini par gagner la guerre", confirme le Pr Christian Rabaud, infectiologue au CHU de Nancy.  

Pour autant, de nouvelles données très récentes en provenance de l'étranger montrent que le virus pourrait encore une fois nous surprendre. Depuis quelques jours le Royaume-Uni, où la vaccination s'est déployée à grande échelle, voit surgir des cas de variants sud-africains qui inquiètent.

Publié dans INFORMATION, SANTE, EUROPE

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