Variant brésilien du Covid : danger, contagiosité... Ce que dit la science

Publié le par angeline351

Variant brésilien du Covid : danger, contagiosité... Ce que dit la science

Alors que le variant brésilien inquiète de plus en plus, les liaisons aériennes entre le Brésil et la France sont suspendues jusqu'au 19 avril. Plus meurtrière et très contagieuse, la mutation P1 (ou 20J/501Y.V3) du coronavirus aurait toutefois peu de chance de devenir majoritaire sur le sol français.

Il est désormais impossible de transiter entre le Brésil et la France. Mardi 13 avril, Jean Castex a annoncé la suspension des liaisons aériennes entre les deux pays "jusqu'à nouvel ordre", pour faire face à la menace du variant brésilien du coronavirus. Selon le décret paru au Journal officiel ce mercredi, l'arrêt des vols n'est toutefois prévu que jusqu'au 19 avril. "Eu égard à la situation sanitaire au Brésil (...), les déplacements de personnes en provenance de ce pays vers le territoire de la République sont, à l'exception de ceux nécessaires au transport de marchandises, interdits jusqu'au 19 avril 2021 à zéro heure", précise le décret.

Mais alors, que risque la France avec cette mutation P1 (ou 20J/501Y.V3) du coronavirus ? D'après le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP qui s'est exprimé sur France Inter mardi 13 avril, cette souche "a circulé très vite sur l'ensemble du Brésil et [y] est aujourd'hui majoritaire". De plus, "ce variant porte la mutation E484K, comme le variant sud-africain, et cette mutation rend la souche qui le porte plus résistante aux vaccins". Le variant brésilien serait également plus contagieux. Néanmoins, selon Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, "il y a peu de chances que le variant brésilien devienne majoritaire [en France] : il ne remplacera sûrement pas le variant anglais", déclare-t-il dans les colonnes de L'Obs. Le médecin précise toutefois que "plus le nombre de variants augmente, plus le risque de résistance à la vaccination se multiplie". Et d'approuver les dernières décisions du gouvernement : "Aujourd'hui, on peut se féliciter que le variant brésilien soit minoritaire, et il faut à tout prix éviter le brassage de populations avec le Brésil. C'est une bonne chose de suspendre les vols."

Le variant brésilien circule-t-il en France ? 
En France, seul 0,1% des cas détectés en France seraient liés au variant brésilien au mois de mars, a tenu à rassurer le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, qui a toutefois reconnu qu'il fallait "rester extraordinairement vigilant". Ce que confirme Bruno Lina, interrogé par Le Parisien, en donnant de son côté un pourcentage très légèrement au-dessus : "Aujourd'hui, le variant brésilien est quasiment inexistant, aux alentours de 0,5%, selon notre dernière enquête Flash." En comparaison, "le Sud-Africain est un peu au-dessus de 5%", rappelle-t-il.

Les jeunes sont-ils plus touchés par le variant brésilien ?
En Amérique latine, la moitié des patients admis en soins intensifs ont moins de 40 ans, a indiqué dimanche le Dr Ederlon Rezende, coordinateur d'une étude de l'Association brésilienne des soins intensifs (AMIB), dans des propos rapportés par l'AFP. Selon cette même étude, cette tranche de la population serait devenue majoritaire dans ces services au mois de mars, avec 52,2% de patients de moins de 40 ans, contre 14,6 % au début de la pandémie. "Une telle augmentation pour ce groupe d'âge est très significative. Les malades plus jeunes, sans avoir d'autres maladies, présentent à leur arrivée aux soins intensifs des cas plus graves", a souligné le docteur Rezende. Au Brésil, le variant P1 (ou 20J/501Y.V3) du coronavirus est nettement plus présent qu'en Europe, il est suspecté d'être à l'origine de la propagation de formes sévères chez les plus jeunes.

Le variant brésilien est-il plus dangereux ?  
Pour Miguel Nicolelis, ancien président du comité anti-coronavirus dans la région du Nordeste, au Brésil, la réponse est claire : cette souche, qui s'est déjà largement propagée en Amérique latine est "une menace très sérieuse pour le monde". Interrogé sur Europe 1, le neuroscientifique a d'ailleurs appelé à ne pas "sous-estimer" le variant brésilien, P1 ou 20J/501Y.V3 du coronavirus, dont la "gravité pourrait saper les efforts de l'Europe, des États-Unis et de l'Asie à contenir cette pandémie".  Le danger de ce variant brésilien résiderait notamment dans sa capacité "à muter sans cesse". "On en est à 17 mutations jusqu'à présent, c'est beaucoup et c'est ce qui peut expliquer que c'est si transmissible", a souligné Miguel Nicolelis.

Les vaccins sont-ils efficaces contre le variant brésilien ? 

Autre source d'inquiétude, la capacité du variant brésilien à muter le rendrait "plus résistant à certains vaccins", a averti le professeur Rémi Salomon, président de la Commission médicale d'établissement de l'AP-HP, sur RTL, ce mardi. Concrètement, le variant brésilien P1 présente deux mutations E484K et N501Y sur la protéine Spyke. La première permettrait aux virus d'échapper aux anticorps lors d'une réinfection ou après une vaccination. Conséquence, selon une étude de l'université de Cambridge, les anticorps des personnes vaccinées seraient 10 fois inférieurs à la quantité nécessaire pour neutraliser le virus porteur de la mutation. Le vaccin Pfizer/BioNTech présenterait toutefois un effet neutralisant sur le variant brésilien, selon une étude parue dans le New England Journal of Medicine.

Publié dans INFORMATION, SANTE

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