Travailler quatre jours par semaine, vous en rêvez ? L’Espagne va le tester

Publié le par angeline351

Travailler quatre jours par semaine, vous en rêvez ? L’Espagne va le tester

En Espagne, des salariés pourraient bientôt travailler quatre jours par semaine au lieu de cinq. Le parti de gauche Más País a proposé de mener une expérimentation à grande échelle et le gouvernement a accepté

 

Imaginez travailler quatre jours par semaine au lieu de cinq, et gagner ainsi un jour de repos hebdomadaire supplémentaire. L’Espagne pourrait bientôt expérimenter une telle réduction du temps de travail. Le parti de gauche Más País a proposé de mettre en place un test à grande échelle de cette semaine raccourcie, et le gouvernement espagnol a accepté, comme le rapporte le quotidien britannique The Guardian lundi 15 mars 2021.

Ce projet, encore dans ses premières phases, est en discussion. L’idée de Más País serait de tester cette mesure dans 200 entreprises différentes : cela pourrait représenter entre 3000 et 6 000 salariés, selon les informations du journal espagnol El Confidencial .

Pour les besoins de cet essai, les employés travailleraient 32 heures par semaine, alors qu’en Espagne, le temps de travail hebdomadaire ne doit pas dépasser les 40 heures au maximum, sur une moyenne annuelle, précise la Commission européenne. 

Moins d’heures de travail, un salaire équivalent

Un panel d’experts indépendant composé d’universitaires, de syndicats ou encore de chefs d’entreprise serait chargé de suivre les effets de cette semaine d’un nouveau genre sur les employés.

Ils devraient notamment déterminer si celle-ci se traduit par une augmentation de la productivité et du bien-être des salariés. Ces spécialistes devraient également étudier les conséquences de la mesure sur le marché du travail, afin de déterminer si elle se traduit par des recrutements ou non.

 

Toujours selon la proposition de Más País, ce projet serait financé à hauteur de 50 millions d’euros, qui serviraient à minimiser les risques de pertes financières des entreprises. Car si le temps de travail des employés diminue, leur salaire, lui, devrait rester le même. C’est du moins ce qu’explique Héctor Tejero, un cadre du parti, dans un entretien au Guardian.

Selon El Confidencial, cette augmentation mécanique du coût horaire du travail pourrait être compensée par une augmentation de la productivité des salariés ou une baisse du nombre d’heures supplémentaires, si le test est concluant.

Telles sont, en tout cas, les modalités de ce test proposées par Más País, et dont le parti discute avec le gouvernement espagnol.

Des expériences menées partout dans le monde

En Espagne, la semaine de quatre jours est déjà une réalité pour une entreprise : Software Delsol, une société du secteur informatique de 181 salariés basée à Jaén, dans le sud du pays. La mesure a été mise en place au mois de janvier, rapporte le quotidien espagnol El Pais . De 40 heures par semaine, le temps de travail hebdomadaire est passé à 36 heures en hiver et 28 en été.

Pour compenser cette diminution du nombre d’heures, l’entreprise a embauché 25 nouvelles personnes. Et pour les employés, ces semaines raccourcies se traduisent par « plus de bien-être au travail et une plus grande productivité », assure Fulgencio Messeguer, le président-directeur général de Software Delsol.

Un constat similaire avait déjà été dressé en novembre 2019, à des milliers de kilomètres de là, au Japon. Les employés de la filiale nippone du géant de l’informatique américain Microsoft étaient, eux aussi, passés à la semaine de quatre jours, en août.

Là aussi, selon les conclusions de ce test, leur productivité avait augmenté : le nombre de ventes de produits par salarié avait augmenté de 40 %. Et sans surprise, ces derniers avaient plébiscité la mesure.

Ailleurs dans le monde, d’autres sociétés ont également mené des expériences concluantes sur autour de la réduction du temps de travail, de la Nouvelle-Zélande à l’Allemagne. Et en France aussi, des entreprises ont mis en place une telle mesure.

Au-delà du monde de l’entreprise et du bien-être des salariés, la semaine de quatre jours pourrait également avoir un impact positif sur l’environnement, à certaines conditions.

 

Publié dans INFORMATION, EUROPE

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