Groupe CAT : la grève contraint la direction à des avancées salariales

Publié le par angeline351

Groupe CAT : la grève contraint la direction à des avancées salariales

A l’appel de FO notamment, les salariés de plusieurs sites du transporteur automobile se sont mis en grève début février, afin de protester contre le zéro euro d’augmentation salariale annoncé par la direction dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires). Après des négociations très serrées, le CSE-route emmené par FO a obtenu, entre autres, une augmentation générale des salaires de 0,7% et une prime exceptionnelle de 500 euros par salarié.

Les grévistes du site du groupe CAT (Compagnie d’affrètement et de transport) de Batilly (Meurthe-et-Moselle) en tirent légitimement une conclusion positive : ils n’auront pas vécu dans un froid glacial pendant quelques jours pour rien ! En effet, du lundi 8 février au mercredi 10 février, la quinzaine de salariés de ce site a tenu un piquet de grève par des températures allant de -5 à -10 degrés. On a mis en place un barrage filtrant, explique François Sias, délégué FO CAT à Batilly. C’est vrai que les conditions climatiques étaient décourageantes, mais on ne pouvait pas accepter les propositions au ras des pâquerettes de la direction !. Et pour l’être, elles l’étaient, ce qui a conduit à un mouvement de grève au niveau national dans ce groupe spécialisé dans la logistique de stockage de véhicules, dans les pièces détachées véhicule et moto ainsi que dans le transport de voitures.

Au total, ce sont donc quelque 140 salariés de CAT répartis sur près d’une dizaine de sites dont Batilly — Sète (Hérault), Miramas (Bouches-du-Rhône), Ambérieu-en-Bugey (Ain), Valenton (Val-de-Marne), Magny-en-Vexin (Val-d’Oise), Onnaing (Nord) Wavrin (Nord) Bourges Siège Social… — qui ont répondu à l’appel de l’intersyndicale comprenant FO. D’autres sites relevant d’un autre CSE (Cargo) ont également cessé le travail pendant 24 heures, en soutien à leurs camarades de la route. Le groupe compte trois CSE par corps de métier. 

Le refus d’un 0% d’augmentation en 2021 

Pourquoi un tel mouvement de grève ? Lors des dernières NAO (négociations annuelles obligatoires), les différents CSE du groupe constatent avec amertume qu’aucune de leurs revendications salariales de 2020 n’a été prise en compte. 0% d’augmentation de salaire pour 2021, voilà ce qu’on aurait gagné, sans ce mouvement de grève s’indigne François Sias. 

Les salariés étaient vraiment remontés contre ce manque total de reconnaissance de la direction de CAT, raconte Frédéric Nicolas, Secrétaire général de l’Union Départementale FO de Meurthe-et-Moselle, qui s’est rendu sur le piquet de grève pour soutenir les salariés. 

L’absence d’heures sup’s se fait sentir

Constater cette absence de reconnaissance a constitué en effet un véritable choc pour les salariés du groupe, qui ont subi les affres de 2020. Le premier confinement a contraint 90% des conducteurs de CAT au chômage partiel, les 10% restants ont continué à rouler malgré des conditions dégradées (pas de restaurant sur les aires d’autoroute, peu de lieux pour se reposer). Le tout sans recevoir la moindre compensation. Par ailleurs, Les contrats de travail des routiers sont très spécifiques, rappelle Sylvain Rivieri, secrétaire du CSE route de CAT et Délégué central FO. En comptant les heures supplémentaires, on est sur des semaines à 54-55 heures, donc le chômage partiel peut vite devenir très pénalisant, puisque calculé sur la base de la durée légale du travail dérogatoire pour les conducteurs routiers à laquelle s’ajoutent les heures d’équivalences, soit 169h ou 186h selon le décret 2002-622-25 avril 2002, ou de contrats de 35 à 39 heures de travail, soit bien en dessous des heures effectives que font les chauffeurs. Dans notre cas, on n’a pas pu rattraper ces heures. 

L’employeur tente de faire pression

Dans l’impossibilité de faire leurs heures supplémentaires habituelles en raison de la Covid-19, de nombreux routiers se sont retrouvés en grande difficulté financière. C’est aussi cela qui nous a amenés devant le portail... Lorsque l’on a commencé à évoquer notre demande d’une compensation sur cette question du chômage partiel, l’employeur ne voulait rien entendre, poursuit Sylvain Rivieri. 

Pendant les trois jours de grève, les choses étaient mal engagées. Le protocole de fin de grève a été très dur, l’employeur a essayé de faire pression sur nous en menaçant de retirer le peu d’acquis que l’on avait obtenu. J’ai essayé d’obtenir une compensation des jours de grève ou un aménagement des journées dues, mais il nous a bien fait comprendre qu’il ne ferait pas de geste de ce côté-là, indique Sylvain Rivieri. 

Peu à peu cependant, le piquet de grève s’avère efficace : la direction a eu peur d’un embrasement général analyse le militant. Et par sa ténacité, l’intersyndicale réussit à contraindre la direction d’ouvrir la discussion sur la question salariale. 

L’obtention d’une prime exceptionnelle de 500 euros 

On est parti de rien et on a obtenu une augmentation générale de salaire de 0,7% alors que la direction annonçait initialement 0%. Chaque salarié recevra également une prime exceptionnelle de 500 euros, au lieu des 250 euros. Nous aurions préféré que cette somme soit intégrée dans le salaire brut indique Sylvain Rivieri. 

Autre victoire, les salariés contraints à l’activité partielle en 2020 recevront une prime de 300 euros de rappel sur les pertes de salaires conducteurs 2020 lesquelles représentent environ 1/3 du salaire et les heures supplémentaires seront désormais payées à la semaine en 2021 en cas de chômage partiel. Les salariés ayant des horaires contractuels de moins de 186 heures mensuelles percevront eux aussi la prime de 300 euros bruts. L’ensemble des salariés de CAT, soit 2000 à 2100 personnes hors cadre, obtiennent donc des améliorations salariales, issues de cette grève, ceci grâce à la mobilisation des salariés de la route se réjouit Sylvain Rivieri, le délégué central FO. 

Et d’ores et déjà, d’autres combats se profilent, comme celui visant à la mise en place d’un accord d’intéressement pour tous. Si la direction reporte la discussion aux prochaines négociations, avant juin 2021, les salariés ne lâchent pas cette revendication. 

 MAUD CARLUS

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Publié dans INFORMATION, COMMUNIQUE FO

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