Des kebabs contre la précarité étudiante

Publié le par angeline351

Des kebabs contre la précarité étudiante

L'initiative solidaire lancée par un restaurant rémois a attiré plus de 200 étudiants, mardi. Parmi eux, beaucoup ont témoigné d'une situation difficile, amplifiée par la pandémie.

La crise sanitaire a accentué la précarité de certains étudiants et le succès rencontré par l’initiative du restaurant rémois L’Istanbul en est l’illustration. Mardi midi, la queue était interminable devant cet établissement bien connu des amateurs de kebabs qui, deux jours plus tôt, avait annoncé sur les réseaux sociaux une opération solidaire pour les étudiants les plus touchés par la crise sanitaire : « De 14 h à 15 h, sur simple présentation de votre carte d’étudiant, on vous offrira un kebab, parce qu’on est aussi là grâce à vous et qu’on voudrait vous rendre ce que vous nous donnez depuis 21 ans », avait annoncé L’Istanbul. L’annonce a fait mouche, malgré la neige et l'attente.
Au total, plus de 200 sandwiches ont été offerts alors que le gérant s’attendait à n’en servir que quelques dizaines. « Les jeunes ont répondu à cet appel, ils étaient très nombreux, nous explique le gérant de cette affaire familiale, Mavzer Tasdelen, ancien étudiant à Neoma. On est trois frères et sœurs qui avons tous fait des études. On sait ce que c’est la galère de la vie étudiante, on est passé par là. Ça m’a beaucoup touché de voir tous ces jeunes et de discuter avec eux de leur situation qui n’est vraiment pas facile. »
Mohamed et Mehdi sont de ceux-là. Tous deux âgés de 19 ans, ces étudiants marocains en 2e année de génie civil à l’Université de Reims sont venus à L’Istanbul, attirés par la perspective d’un bon repas, mais aussi pour se changer les idées. « C’est l’occasion de manger un peu différemment, avec des amis, car ça fait longtemps qu’on n’est pas sorti avec le confinement et le couvre-feu », explique Mehdi. « Ça soulage un peu de sortir et c’est réconfortant de se dire que des restaurants font ce genre d’initiatives. J’espère que d’autres restaurants vont le faire », poursuit Mohamed.

DES JOBS ÉTUDIANTS PLUS RARES
Si la précarité étudiante n’est pas née avec le coronavirus, la crise sanitaire l’a en tout cas accentuée. Selon une étude de l’Observatoire national de la vie étudiante, 58 % des étudiants qui exerçaient une activité rémunérée ont dû l’arrêter, la réduire ou en changer pendant le premier confinement, entraînant une perte de revenu moyenne de 274 € par mois. Mohamed peut en témoigner. : « Avant la crise, on avait fait des inventaires, mais depuis, c’est galère de trouver un job pour financer nos études et payer notre loyer. On a déposé des CV, mais on n’a pas de réponse. C’est bien ce qu’a fait le président avec les repas à 1 € (dans les restaurants universitaires). Ce qui serait encore mieux, c’est de diminuer le loyer des étudiants dans cette période difficile. C’est dur la vie étudiante, mais on s’adapte. »
Les deux compères n’ont même pas pu déguster leur kebab. Devant l’affluence et avec un cours prévu à 15 heures à la fac, ils sont finalement repartis bredouilles. L’Istanbul a promis de reconduire l’opération, mais sans doute sous un format différent. « La prochaine fois, on passera par des associations. Faire attendre des jeunes pendant une heure dans le froid pour avoir un kebab, ce n’est vraiment pas l’idéal, se désole Mavzer Tasdelen. On est content de les aider, mais on est aussi triste de devoir le faire. »

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