Covid à l'école  Pourquoi le Covid inquiète-t-il à l'école ?

Publié le par angeline351

Le gouvernement avait envisagé fin janvier une fermeture des écoles, notamment, comme précisé par le président du Conseil scientifique Covid-19, le Pr Delfraissy, pour "se retrouver début mars dans de meilleures conditions pour rouvrir les écoles et surtout les surveiller". C'est finalement pour un renforcement du protocole sanitaire à l'école que le gouvernement a préféré opter. Alors que le gouvernement a lancé des tests salivaires de détection du Covid-19 dans les établissements scolaires et les universités, la grande interrogation de nombreux parents et enseignants, en filigrane, est de savoir si la rentrée des classes de mars aura bien lieu ou si les écoles resteront fermées après les vacances. Le syndicat d'enseignants SNUipp-FSU a prévenu à ce sujet : "Si le départ d'une première zone en congés va ralentir les courbes ascendantes à l'échelle du pays, les vacances scolaires ne résoudront pas, seules, la circulation de l'épidémie dans les écoles".

Fermeture d'école et Covid

A la date du 12 février, le ministère de l'Education nationale a indiqué le bilan suivant : en tout, 1 599 classes et 103 établissements scolaires fermés à cause de cas de Covid-19. Face à l'assouplissement des règles du protocole sanitaire ce même 12 février (voir ici), le collectif Ecole et familles oubliées déplore dans un communiqué une "publication en catimini" et des règles "en totale déconnexion de la réalité des conditions sanitaires des écoles". 

Qu'en est-il de la stratégie du gouvernement sur la fermeture ou non des écoles au global ? 

Invité d'Europe 1 le 5 janvier, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer argumentait d'ores et déjà : "Il ne faut pas priver les enfants d'école. Dans toute cette crise nous devons avoir comme priorité les enfants, les adolescents et les jeunes (...) Pour moi c'est important de préserver ce droit à l'éducation." Le ministre de l'Education Nationale avait par ailleurs réaffirmé que les enfant sont plus protégés à l'école que chez eux, appuyant son propos d'un "C'est ce que je constate".

Le ministre de la Santé Olivier Véran a quant à lui déclaré le 14 janvier : "Ce qu'on sait à date, c'est que le virus paraît plus contagieux effectivement chez les enfants. C'est ce qu'on voit en Angleterre. Sans que l'on ait plus de cas graves, en tout cas proportionnellement". Le gouvernement scrute "étroitement" ce variant, a-t-il assuré, et "si la situation devait évoluer et que nous avions une augmentation de la part du variant (…) anglais, nous pourrions nous poser des questions" sur une fermeture éventuelle des écoles. Le ministre a toutefois souligné qu' "à ce stade, la société française de pédiatrie a été très claire à ce sujet [le 13 janvier] en appelant à maintenir ouvertes les écoles".

Pour rappel, le Premier ministre Jean Castex avait pour sa part déclaré, le 7 janvier dernier, qu'il faudrait "vraiment que la situation sanitaire soit gravissime pour fermer des écoles" car les conséquences sont "absolument dramatiques".

Les médecins de l'Education nationale demandent des écoles fermées pendant 4 semaines

Fermer les écoles, c'est pourtant ce que souhaite le SNMSU-UNSA Éducation, qui est le syndicat majoritaire des médecins de l'Education nationale. Mi-février, il a demandé une fermeture "pour la durée des vacances de février des trois zones", autrement dit quatre semaines en tout, dont deux de vacances pour chaque zone.

Que contient le protocole sanitaire contre le Covid à l'école ? Quelles nouvelles règles ?

Le protocole sanitaire pour les écoles mis en place lors du déconfinement au printemps a été plusieurs fois amendé. La dernière modification en date remonte au 12 février. Le ministère de l'Education a alors mis à jour le protocole sanitaire dans les écoles, en l'allégeant, et en modifiant notamment les critères qui entraînent une fermeture des classes en cas de contamination par le variant identifié au Royaume-Uni. Voici un récapitulatif des mesures en vigueur. Les nouvelles règles sanitaires sont visibles en gras :

Fermetures de classes :

  • Le personnel n'est désormais plus considéré comme cas contact systématique : avant, le personnel des écoles devenait contact à risque dès lors que trois élèves "de fratries différentes" étaient testés positifs. A présent, c'est "une étude approfondie des contacts" qui "déterminera si les personnels de la classe doivent être également considérés comme contacts à risque, conformément aux prescriptions des autorités sanitaires". Une nouvelle règle valable des classes de maternelle jusqu'au lycée. 
  • Il n'y a plus de fermeture automatique de classe en cas de contamination par un variant détecté au Royaume-Uni. Début février, le ministère déclarait : "En cas d'identification d'un variant chez un personnel ou un élève, la classe concernée sera fermée". La règle a changé, puisqu'à présent, "La conduite à tenir autour d'un cas confirmé de la variante britannique est la même que pour le cas général", est-il écrit sur le site du ministère. La fermeture de la classe peut "être envisagée" après "analyse locale concernant la circulation de cette variante sur le territoire", mais n'est plus systématique.
  • Les autres variants (que celui identifié au Royaume-Uni) sont traités différemment. En matière de cas d'élèves contaminés par les variants d'abord observés au Brésil et en Afrique-du-Sud, une fermeture immédiate reste en vigueur. Le ministère de l'Education précise : "Tous les élèves de la classe seront assimilés à des contacts à risque". Cependant, l'enseignant (et les autres membres du personnel intervenant dans la classe) n'est, lui, pas d'office considéré comme un contact à risque, et "l'apparition de l'une de ces variantes chez un personnel n'implique pas automatiquement la fermeture de la classe". Un élément du protocole est toutefois renforcé, concernant les variants identifiés au Brésil et en Afrique-du-Sud : "Une fermeture de la classe est également mise en œuvre dès qu'un élève est identifié comme contact à risque d'un parent, d'un membre de la fratrie ou de toute personne vivant dans le même foyer que lui contaminé par une variante sud-africaine ou brésilienne", lit-on dans la "foire aux questions" du ministère de l'Education. 
  • S'il s'agit de la souche dite "classique" du virus, la fermeture de classe n'intervient toujours qu'à partir de trois cas.
  • Une exception en maternelle : en maternelle, il suffit depuis début février d'un seul cas de Covid-19, qu'il provienne ou non d'un variant, pour entraîner la fermeture de la classe. Le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, avertit tout de même : "La mise en oeuvre nécessitera sur le terrain un suivi conjoint des autorités sanitaires et académiques pour qu'elle soit effective" : les tests sont moins fréquents et plus complexes à réaliser avec de jeunes enfants. Si trois cas positifs sont identifiés au sein d'une seule classe, les encadrants seront désormais, par ailleurs, automatiquement considérés comme cas contacts. 
  • Des cours hybrides au lycée : au lycée, des cours "hybrides" peuvent être mis en place quand "cela est nécessaire". Pour les élèves du primaire et du collège en revanche, peu de cours à distance sont prévus. Ils doivent plutôt appliquer, sur place, des "conditions de sécurité strictes".

Port du masque 

  • Il est obligatoire pour les personnels comme pour les élèves à partir de 6 ans, mais pas pour les écoliers de maternelle, pour qui il est toujours "à proscrire".
  • C'est, depuis le 1er février, un masque "de catégorie 1" (et non de catégorie 2, moins efficace) qui doit être porté par tous afin de limiter le brassage du virus. 
  • Le masque doit être porté par les élèves à partir du CP et les personnels scolaires "dans les espaces clos ainsi que dans les espaces extérieurs".

 Distanciation : 

  • Une distanciation d'un mètre est préconisée pour les élèves de classes différentes en maternelle (la distanciation d'un mètre ne s'y applique pas au sein d'une même classe), et tous les élèves dans tous les espaces en élémentaire / collège / lycée (sauf la cantine où la règle est renforcée, voir ci-dessous).
  • Une seule exception en élémentaire / collège / lycée : la distanciation d'un mètre n'est pas obligatoire à l'extérieur pour les élèves d'un même groupe.
  • Le déroulement de la journée et des activités scolaires doit "limiter les croisements entre élèves de groupes différents (classe, groupes de classes ou niveau)".
  • "Lorsque le non brassage entre classes n'est pas possible (notamment en Première, Terminale), la limitation du brassage s'applique par niveau", indique le texte. Il est conseillé d'étaler l'arrivée et le départ des élèves dans l'établissement et d'encadrer les déplacements des élèves.

A la cantine ?

  • Une distanciation de deux mètres doit désormais s'appliquer entre classes dans le 1er degré, et entre groupes dans le second degré. 
  • Dans le premier degré (de la maternelle au CM2), "les élèves d'une même classe déjeunent ensemble en maintenant une distanciation d'au moins deux mètres avec ceux des autres classes".
  • Pour les élèves des collèges et des lycées, quand le respect de la distance de deux mètres entre élèves est "matériellement impossible", il est recommandé de faire déjeuner ensemble les élèves d'un même groupe. Deux mètres doivent séparer chaque groupe. Les tables doivent également être nettoyées et désinfectées, a minima après chaque service, précise le protocole et, si possible, après chaque repas.

Pendant la récréation ?

  • Les récréations sont organisées par groupes, "en tenant compte des recommandations relatives aux gestes barrières".
  • L'accès aux jeux, aux bancs et espaces collectifs extérieurs est autorisé seulement si un nettoyage quotidien est effectué.

En sport ? 

  •  Les activités physiques scolaires et extra-scolaires sont suspendues, en intérieur comme en extérieur.
  • Dans la mesure du possible, une alternance entre cours théoriques et cours en extérieur est recommandée. 

Lavage des mains : 

  • Il doit être réalisé a minima : à l'arrivée dans l'école ou l'établissement
  • avant et après chaque repas
  • avant et après les récréations
  • après être allé aux toilettes
  • le soir avant de rentrer chez soi ou dès l'arrivée au domicile.

 Aération et ventilation des locaux : 

  • Toutes les heures
  • Pendant quelques minutes
  • Le protocole appelle également à veiller au bon fonctionnement de la ventilation mécanique si elle existe.
  • Les moments clés définis pour aérer sont "le matin avant l'arrivée des élèves, pendant les intercours, pendant chaque récréation, au moment du déjeuner (en l'absence de personnes) et pendant le nettoyage des locaux".

Nettoyage et désinfection :

  • Un nettoyage des sols et des grandes surfaces (tables, bureaux) doit être réalisé "au minimum une fois par jour".
  • Le protocole demande aussi "un nettoyage désinfectant des surfaces les plus fréquemment touchées par les élèves et personnels dans les salles, ateliers et autres espaces communs (comme les poignées de portes)". Ce dernier doit quant à lui être assuré "plusieurs fois par jour". 
  • Le ministre a promis qu'une attention particulière sera apportée aux "surfaces les plus fréquemment touchées, comme les poignées de porte".

Pourquoi et comment les écoles restent-elles ouvertes ? Explications et conditions par niveau

Voici les éléments caractérisant chaque "niveau" scolaire pour la gestion du Covid-19. Les nouvelles modalités apparaissent en gras :

Dans les crèches : 

  • un protocole sanitaire renforcé est mis en place, dont la dernière version est en ligne sur le site du ministère de la Santé.
  • Le guide ministériel "COVID-19 et modes d'accueil du jeune enfant" a déjà été réactualisé plusieurs fois.

A l'école maternelle et élémentaire : 

  • L'école maternelle et l'école élémentaire constituent à elles deux l'école primaire, où un protocole sanitaire renforcé prévaut également. 
  • Depuis novembre, le port du masque est obligatoire à partir de 6 ans pour les écoliers.
  • A l'école maternelledepuis le 1er février, si un seul membre d'une classe est testé positif (qu'il s'agisse ou pas d'un nouveau variant), tous les enfants de la classe doivent "rester chez eux pendant sept jours", ce qui équivaut à fermer la classe sur cette même période, confirme-t-on au ministère de l'Education. Attention, si un cas confirmé de Covid-19 est constaté chez un enseignant, à partir du moment où celui-ci porte un masque grand public de catégorie 1 (à l'instar de ceux fournis par le ministère de l'Education nationale), les élèves de la classe ne sont pas considérés comme contacts à risque, précise le ministère. De la même façon et dans l'autre sens, si un cas de Covid-19 est confirmé parmi les élèves, les personnels ne sont pas considérés comme contacts à risque, dès lors qu'ils portent un masque grand public de catégorie 1 ou un masque chirurgical.
  • A l'école élémentaire, il faut désormais un seul cas de Covid-19 (au lieu de trois) pour automatiquement fermer une classe s'il est formellement établi que la contamination est due à un variant brésilien ou sud-africain. 
  • En maternelle et à l'école élémentaire, deux mètres (au lieu d'un mètre) doivent désormais séparer les élèves d'une classe différente à la cantine.

Au collège : 

  •  Au collège, un même protocole sanitaire renforcé est de mise. Le mode hybride est désormais autorisé par les rectorats, mais au cas par cas, pour les classes de 4e et de 3e, et de façon limitée.
  • Il faut désormais un seul cas de Covid-19 (au lieu de trois) pour fermer une classe s'il est formellement établi que la contamination est due à un variant brésilien ou sud-africain.
  • Deux mètres (au lieu d'un mètre) doivent désormais séparer chaque groupe d'élèves à la cantine. 

Au lycée : 

  • Au lycée, le protocole renforcé s'applique également. Les chefs d'établissements bénéficient toutefois d'une certaine "souplesse" pour l'application des mesures, a indiqué Jean-Michel Blanquer. Un enseignement à distance est notamment envisageable pour les élèves vulnérables.
  • Depuis le 9 novembre, la mise en place du distanciel à 50% a été autorisée par le gouvernement. Le retour de tous les lycéens en classe, d'abord envisagé à partir du 20 janvier, a finalement été repoussé. 
  • La mesure de l'enseignement hybride (50% des élèves présents), qui concernait déjà deux tiers des lycées, est prolongée. Les élèves de terminale doivent être le plus présents possible. Pour plus de détails sur l'enseignement hybride et les aménagements du bac 2021, cliquez ici.
  • Il faut désormais un seul cas de Covid-19 (au lieu de trois) pour fermer une classe s'il est formellement établi que la contamination est dû à un variant brésilien ou sud-africain. 
  • Deux mètres (au lieu d'un mètre) doivent désormais séparer chaque groupe d'élèves à la cantine.

Dans les universités :

  • Au sein des facultés et établissements d'enseignement supérieur, les cours magistraux sont diffusés en visioconférence. Si l'enseignement à distance est devenu la règle à l'université après les vacances de la Toussaint, le Premier ministre Jean Castex a précisé le 29 octobre que "les travaux pratiques peuvent être maintenus dans les établissements", et "les examens et les concours, se tenir avec un protocole renforcé. Les restaurants universitaires peuvent continuer à fonctionner, mais uniquement pour des repas à emporter. Les bibliothèques universitaires sont ouvertes sur rendez-vous et dans le respect d'une jauge".
  • Depuis le 26 janvier, les étudiants "qui le souhaitent" ont la possibilité d'avoir des cours en présentiel au moins un jour par semaine, avec une jauge totale à respecter de 20% d'occupation dans les universités.
  • Depuis le 1er février, deux repas à 1 euro par jour sont proposés aux étudiants, à emporter et fournis par les restos U.
  • Depuis le 1er février également, des chèques-psy sont également proposés aux étudiants. Ils doivent "permettre à tous les jeunes qui en ont besoin d'accéder beaucoup plus facilement, et avec une prise en charge, à un professionnel - psychologue, psychiatre -". Si son montant total n'a pas été précisé, il couvre, selon une source gouvernementale, "un certain nombre" de consultations, estimées "entre 30 et 40 euros" l'unité. 
  • Le président a également rappelé le déploiement prévu de 20 000 emplois étudiants, sous forme de missions de tutorat au sein des universités.

En quoi consiste précisément le renforcement du protocole dans les lycées ?

Une division des classes en demi-groupes est mise en place dans la majorité des lycées depuis le 9 novembre dernier, à la condition que chaque élève puisse bénéficier d'au moins 50% d'enseignement en présentiel. Concrètement, les équipes pédagogiques des lycées peuvent choisir de faire venir les élèves en présentiel un jour sur deux, ou une semaine sur deux. Il s'agit de garder du lien social et de limiter le décrochage scolaire. Les cours en visio n'ont pas lieu en revanche, et sont remplacés par des devoirs à la maison, puisque les professeurs ne peuvent à la fois faire classe "en physique" et sur internet. Les élèves en grande difficulté ont toutefois la possibilité de venir "plus souvent" au lycée et d'être "pris en charge par des assistants d'éducation" a précisé France 3. Selon le ministère, à la mi-janvier 2021, la jauge de 50% des élèves dans les lycées était respectée par 69% des établissements publics du pays. 

Pour le Bac 2021, afin selon le ministre de l'Education de "tenir compte des conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de préparation du baccalauréat général et technologique", c'est le contrôle continu qui va être privilégié, que ce soit pour les élèves de Première ou de Terminale. Une mesure "à titre exceptionnel", alors que le nouveau bac devait entrer pleinement en vigueur cette année. Les évaluations communes (anciennement appelées E3C) initialement prévues en Première et en Terminale sont annulées. Elles sont remplacées par du contrôle continu, autrement dit par la prise en compte des notes du bulletin scolaire. Cette mesure concerne l'histoire-géographie, les langues vivantes, et la spécialité qui n'est pas poursuivie en terminale, ainsi que les mathématiques pour la voie technologique et l'enseignement scientifique pour la voie générale. 
Les épreuves terminales du bac pour les enseignements de spécialité sont également remplacées par du contrôle continu. Ce sont les moyennes obtenues pour chaque matière de spécialité tout au long de l'année qui compteront à la place, et celles des deux premiers trimestres pour le dossier Parcoursup. Les épreuves de remplacement du bac 2021 auront quant à elles lieu en juin 2021.

Que sait-on sur les tests de dépistage dans les écoles ? 

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé le 14 janvier la mise en place d'un protocole bien particulier : l'objectif est de tester jusqu'à un million d'enfants et d'enseignants par mois pour dépister le Covid-19 de façon plus efficace et, ainsi, faire face à la propagation en France du variant britannique. Le ministre a également annoncé l'abaissement du dépistage "jusqu'à l'âge de 6 ans, partout là où ça fait sens". Les tests pratiqués sont des tests antigéniques, réalisés par les infirmières et les médecins scolaires volontaires. En cas de manque de mains disponibles, des sauveteurs, sapeurs-pompiers, pharmaciens ou personnels d'établissements de santé coordonnés par les agences régionales de santé peuvent se joindre à eux. 

Les durcissements annoncés par la Direction générale de la Santé (depuis le 8 février)

Le 7 février, dans une "note" urgente envoyée à l'ensemble des professionnels de santé de France et citée par Le Parisien, la Direction générale de la Santé a annoncé un durcissement supplémentaire des règles d'isolement et de fermeture des classes, principalement dû à la lutte contre les variants brésilien et sud-africain : il implique notamment un isolement de dix jours et la fermeture de la classe, y compris lorsqu'il s'agit d'un élève cas contact.

  • Tout test antigénique ou PCR positif doit à présent "obligatoirement" donner lieu à un second prélèvement, "un PCR de criblage", dans un délai de 36 heures maximum, pour déterminer s'il s'agit d'une contamination ou non par un variant. Si c'est le cas, c'est le laboratoire qui a ensuite la responsabilité d'en informer le patient. 
  • Les personnes infectées par le variant sud-africain ou brésilien, ainsi que leurs cas contacts à risque, testés immédiatement, ont désormais la consigne de s'isoler 10 jours au lieu de 7. Pendant cette quarantaine, des visites d'infirmières libérales sont proposées au domicile. La note de la DGS précise que ceux pour qui il serait compliqué de se mettre à l'abri se verront proposer "une solution d'hébergement".
  • "Du fait de la contagiosité accrue de ces deux variants [brésilien et sud-africain], un test de sortie d'isolement doit être systématiquement réalisé pour les personnes qui en sont porteuses", précise encore la note. Si le patient s'avère encore positif, l'isolement est automatiquement renouvelé pour sept jours de plus.
  • A l'école, le protocole sanitaire se voit encore renforcé : une classe est désormais automatiquement fermée à partir d'une seule contamination d'enfant par le variant sud-africain ou brésilien. Mais ce n'est pas tout : une classe doit aussi fermer si un écolier est cas contact d'un parent ou d'un membre de sa fratrie infecté par l'un des deux variants.

Des tests salivaires dans les écoles

Les tests salivaires sont lancés à l'école (de la maternelle aux universités) depuis le 11 février, suite à un avis favorable de la Haute autorité de Santé. En déplacement dans le 13e arrondissement de Paris ce jour-là, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran ont présenté les tests salivaires. Le ministre de la Santé a par ailleurs promis un élargissement très rapide desdits tests, qui ne sont pas des tests rapides mais nécessitent une analyse en laboratoire via la méthode RT-PCR : entre 200 000 et 300 000 tests doivent être pratiqués dès la rentrée scolaire des vacances de février, autrement dit début mars. 

  • Pourquoi n'ont-ils pas été lancés avant ? La Haute autorité de santé notamment freinait sur cette option car elle craignait que ces tests ne soient pas assez fiables. Les tests salivaires n'étaient par conséquent autorisés jusqu'à présent que pour les personnes pour lesquelles un test nasopharyngé n'était pas possible ou difficilement réalisable (personnes âgées en Ehpad, personnes en situation de handicap...). En janvier, l'assurance maladie avait commencé à rembourser le principal test rapide, EasyCov, qui permet un résultat en 40 minutes, mais en limitant leur accès aux personnes symptômatiques ne pouvant pratiquer de test nasopharyngé.
  • En combien de temps les résultats seront-ils disponibles ? Attention, il ne s'agit pas encore pour autant de tests rapides, ceux dont on peut avoir le résultat en 40 minutes. Le 11 février, la HAS a approuvé ces tests dans un avis, sa directrice, Dominique Le Guludec, prévenant dans la foulée : "Ce test salivaire RT-PCR facilite le prélèvement, mais il ne raccourcit pas le temps de technique". Les résultats devraient être disponibles en trois à quatre heures. 
  • A qui s'adressent ces tests ? Concrètement, les tests salivaires sont aujourd'hui étendus aux personnes sans symptômes dans le cadre de dépistages ciblés, notamment au sein d'établissements scolaires : la méthode de l'écouvillon nasopharyngé n'était pas très adaptée aux plus petits. Comme le ministre de la Santé Olivier Véran l'a souligné au Sénat le 10 février, "Le public prioritaire ce sont les enfants, dans les écoles, afin d'identifier les cas positifs et de préserver les écoles dont nous souhaitons qu'elles puissent rester ouvertes le plus longtemps possible". En plus des personnes asymptômatiques dans le cadre de dépistage scolaire ou en Ehpad, ces tests salivaires analysés par PCR s'adressent également aux personnes-contacts pour lesquelles le prélèvement nasopharyngé est difficile ou impossible et aux personnes symptomatiques se trouvant également dans l'impossibilité ou la difficulté de pratiquer un test nasopharyngé.
  • Quelle est leur fiabilité ? Dans un communiqué du 11 février, la HAS informe qu'en population symptomatiques et asymptomatiques confondues, les tests salivaires RT-PCR (également dits "non-immédiats") présentent une sensibilité de "85%", contre une sensibilité de "92%" pour les tests nasopharyngés RT-PCR. 

Comme l'a précisé la directrice de la Haute autorité

A quand le déploiement du test salivaire rapide EasyCov ? 

de santé (HAS) Dominique Le Guludec, au cours d'une conférence de presse le 11 février dernier, "nous poursuivons les échanges avec l'industriel mais nous ne pouvons pas encore rendre d'avis car une étude de l'assistance publique est en cours de réalisation et qu'il faut que nous prenions en compte les résultats de cette étude". Et d'ajouter : "Si les données sont positives, nous pourrions l'ajouter à l'arsenal."

Publié dans INFORMATION, SANTE

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