Covid-19. L’état d’urgence sanitaire prolongé jusqu’au 1er juin

Publié le par angeline351

Covid-19. L’état d’urgence sanitaire prolongé jusqu’au 1er juin

En vigueur du 23 mars au 10 juillet, puis réinstauré le 17 octobre 2020, l’état d’urgence sanitaire vient d’être prolongé jusqu’au 1er juin, après un vote au Parlement qui a vu gauche et droite voter contre. Ce régime juridique d’exception sert notamment de base au couvre-feu national à 18 h.

Le Parlement a validé mardi, par un ultime vote peu large de l’Assemblée, la prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 1er juin face à l’épidémie de Covid-19.​​​​​​​

Les députés ont adopté le projet de loi de prorogation par 278 votes pour, 193 contre et 13 abstentions. Gauche et droite se sont prononcées contre le maintien pour trois mois et demi supplémentaires de ce régime d’exception, qui permet notamment des restrictions de déplacements, si besoin jusqu’au confinement de la population et le couvre-feu en vigueur actuellement.

Large opposition
L’urgence sanitaire a été en vigueur du 23 mars au 10 juillet 2020, puis réinstaurée le 17 octobre dernier. Le Parlement l’avait prorogée jusqu’au 16 février, d’où la nécessité de ce nouveau vote.

Témoignant de la lassitude des Français, tous les groupes hors majorité, y compris les centristes de l’UDI, ont voté contre ce texte initié en mars 2020 pour faire face à l’épidémie de Covid-19, et reconduit à plusieurs reprises depuis.

Droite comme gauche dénoncent une banalisation de ce régime particulier. Le gouvernement doit prendre des mesures, bien sûr, mais il ne doit pas nous entraîner dans des tunnels où le Parlement ne peut se réunir et évaluer l’action publique, fait valoir le député LR Philippe Gosselin.

Le communiste Stéphane Peu est inquiet de l’accoutumance du gouvernement au régime dérogatoire à l’État de droit, dans lequel » la France se sera trouvée le plus clair de son temps depuis 2015 » avec alors l’état d’urgence post-attentats.

En pointe, les députés insoumis s’élèvent contre une forme de dictature, la concentration des pleins pouvoirs entre les mains d’un homme et, selon les mots de François Ruffin, » d’un Conseil de défense anonyme » qui prend les décisions stratégiques. » Ce n’est plus possible qu’un seul, Emmanuel Macron, décide pour tout le monde », estime aussi le patron du PS Olivier Faure.

Échéance au 1er juin
Le ministre de la Santé Olivier Véran assure comprendre la lassitude, sa collègue Brigitte Bourguignon la partage pleinement. Mais Olivier Véran juge l’échéance du 1er juin cohérente au regard de la dynamique de l’épidémie, le temps que la campagne de vaccination produise pleinement ses effets.

Le ministre martèle aussi que seules les mesures nécessaires et proportionnées à la catastrophe sanitaire sont prises.

Et le rapporteur Jean-Pierre Pont (LREM) de juger que ceux votant contre la prolongation s’opposent à la lutte contre ce virus et à la protection de la population contre ce virus – un chantage à la responsabilité épinglé à gauche comme à droite. Si nous discutons, on nous accuse d’être des démagogues ou des traîtres sanitaires à la Nation, dénonce Jean-Christophe Lagarde (UDI).

Au sein même de la majorité, quelques nuances se font entendre. Le groupe MoDem, dont deux députés se sont abstenus, réclame la transparence dans les réponses et les chiffres.

Publié dans INFORMATION

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article