Covid-19. À l’Ehpad de la Bourgonnière, à Saint-Herblain, 65 % des résidents contaminés, sept décès

Publié le par angeline351

Covid-19. À l’Ehpad de la Bourgonnière, à Saint-Herblain, 65 % des résidents contaminés, sept décès

Depuis le samedi 16 janvier, l’Ehpad de la Bourgonnière, qui compte 85 places, à Saint-Herblain, près de Nantes, affronte une flambée de cas de coronavirus. 53 résidents, dont certains avaient reçu la première injection du vaccin, ont été contaminés. Deux cas du variant anglais ont été détectés. Le directeur de l’établissement lance un appel à l’aide.

 C’est une crise sans précédent que nous affrontons. » Le directeur de l’Ehpad de la Bourgonnière, à Saint-Herblain, près de Nantes (Loire-Atlantique), a la voix grave, ce mardi 2 février.

Alors que cet établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes avait été jusque-là épargné par le Covid, il est aujourd’hui terriblement frappé. « Chaque lundi, des laboratoires en ville viennent tester nos résidents et nos salariés. Le dernier chiffre est sans appel : sur nos 85 résidents, 53 sont infectés par le Covid. Ce qui représente 65 % de nos résidents. Sur la cinquantaine de salariés, nous en avons une vingtaine de touchés. »

Deux cas du variant anglais
Depuis le samedi 16 janvier, date à laquelle le premier cas de Covid a été décelé dans cette maison de retraite, gérée par l’association d’assistance de Saint-Herblain et d’Indre, les contaminations n’ont fait que se multiplier. De manière fulgurante. « Nous étions étonnés de voir une telle propagation, raconte le directeur. Quand les tests PCR ont révélé des marqueurs inhabituels, ils ont été envoyés au Centre national de référence (CNR), à l’institut Pasteur. »

Verdict : « Chez deux résidents, la souche du variant anglais avait été détectée le 25 janvier. Un variant dont la contagiosité serait très importante, selon les données scientifiques dont nous disposons. »

Campagne de vaccination maintenue pour 35 résidents
Malgré cette flambée de Covid, la campagne de vaccination a été maintenue dans cet établissement privé, mercredi 27 janvier. « Les résidents contaminés ne pouvaient pas être vaccinés, puisqu’il faut attendre trois mois pour le faire. Dans d’autres cas, des médecins traitants s’étaient également prononcés contre la vaccination. Au final, nous n’avons eu que 35 résidents vaccinés. Ceux qui avaient un test négatif. »

L’immunité acquise lors de la première injection ne peut être établie qu’au bout de dix à douze jours et ce, à hauteur de 50 à 52 %. Dans cet intervalle, des personnes vaccinées ne sont donc pas à l’abri du virus. Et c’est ce qu’il s’est passé…

« Certains de nos résidents vaccinés ont été contaminés, déplore le directeur. On sait que cela pouvait arriver, malgré un protocole sanitaire strict, des gestes barrières, une campagne de tests… Ça ne remet pas en cause l’utilité ou la fiabilité du vaccin, mais c’est d’autant plus rageant et frustrant que nous n’avions pas eu un seul cas de Covid. »

Sept décès depuis le 16 janvier
Cette vague dévastatrice a emporté sept résidents depuis le 16 janvier. « C’est très dur psychologiquement de voir mourir des personnes qu’on a soignées, veillées, accompagnées, soutenues. »

Depuis le 16 janvier, la maison de retraite de la Bourgonnière est donc sous cloche. Les visites des proches sont annulées et tous les résidents confinés en chambre.

Quant à la campagne de vaccination, elle est suspendue. « La campagne de la première injection est terminée pour nous, constate le directeur. On attend les recommandations de l’Agence régionale de santé (ARS) pour la seconde injection. Il faut 65 % d’une population vaccinée pour arriver à une immunité collective. On n’a pas pu atteindre cette couverture vaccinale… »

Appel aux bonnes volontés
Désemparé, ému, le directeur ne cache pas la grande difficulté dans laquelle se trouve son établissement. Avec une moitié de son équipe sur le carreau, il manque sérieusement de bras.

« Trop peu de nos salariés se sont fait vacciner. Bien que nous ayons le soutien de l’ARS, de la mairie de Saint-Herblain, je voudrais, à travers cet article, lancer un appel à toutes les bonnes volontés, aux personnes expérimentées qui voudraient venir travailler dans notre Ehpad. Pour nous aider à faire face à cette terrible épreuve », conclut-il.

Publié dans INFORMATION, SANTE

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