A Wuhan, l'équipe de l'OMS en reste aux hypothèses sur l'origine du coronavirus

Publié le par angeline351

Après un mois d’enquête à Wuhan, l’équipe international d’experts chinois et de l’OMS a estimé la théorie d’une fuite d’un laboratoire comme improbable pour expliquer l’origine d’un coronavirus. Elle privilégie donc la transmission par un animal intermédiaire

Après un séjour de quatre semaines à Wuhan en Chine, l'équipe internationale d'experts chinois et de l'OMS a annoncé mardi n'avoir pu percer les origines de la pandémie de Covid-19, jugeant «hautement improbable» la théorie d'une fuite d'un laboratoire mais sans parvenir à identifier l'animal responsable de la maladie.

Une transmission du coronavirus depuis un premier animal puis un deuxième avant une contamination à l'homme est l'hypothèse «la plus probable», a indiqué Peter Ben Embarek, chef de la délégation de l'OMS qui vient de mener une enquête à Wuhan, le berceau de l'épidémie, dans le centre de la Chine.

Un animal intermédiaire pas encore identifié
Cette piste demande toutefois «des recherches plus spécifiques et ciblées», a-t-il ajouté. Ne serait-ce parce que si la transmission depuis un animal est probable, celui-ci n'a «pas encore été identifié», a pour sa part déclaré Liang Wannian, le chef de la délégation de scientifiques chinois. Depuis les premiers cas de Covid-19 rapportés à Wuhan, la pandémie a fait plus de 2,3 millions de morts dans le monde. «Il n'y a pas assez de preuves [...] pour déterminer si le Sars-Cov-2 s'est propagé à Wuhan avant décembre 2019», a indiqué Liang Wannian.

Cette mission sur les origines de la transmission du virus à l'homme, jugée extrêmement importante pour tenter de mieux lutter contre une possible prochaine épidémie, a eu du mal à se mettre en place, la Chine semblant très réticente à laisser venir ces spécialistes mondiaux de diverses disciplines comme l'épidémiologie mais aussi la zoologie.

« Besoin de temps et d’efforts pour comprendre »
L'OMS avait auparavant prévenu qu'il faudrait s'armer de patience avant de trouver une éventuelle réponse. «Nous sommes dans un processus et nous avons besoin de temps et d'efforts pour comprendre» ce qui s'est passé, a expliqué à l'AFP le docteur Hung Nguyen-Viet, co-directeur du programme sur la santé humaine et animale à l'Institut international de recherche sur l'élevage à Nairobi.

La mission chinoise s'achève alors que d'autres experts de l'OMS ont examiné lundi le vaccin anti-Covid-19 d'AstraZeneca, dont l'efficacité est désormais en question pour les plus âgés et contre le variant sud-africain du virus.

La question aussi de l’efficacité limitée du vaccin AstraZeneca
Le vaccin AstraZeneca/Oxford, que le Royaume-Uni a été le premier à administrer massivement à sa population dès décembre, a déjà été approuvé par plusieurs autres pays et par l'Union européenne. Mais certains gouvernements ont préféré le recommander uniquement pour les moins de 65 ans voire 55 ans, faute de données suffisantes sur son efficacité pour les plus âgés.

Dimanche, l'Afrique du Sud a suspendu le démarrage de son programme de vaccination, qui devait avoir lieu dans les prochains jours avec un million de vaccins AstraZeneca, après une étude révélant une efficacité «limitée» contre le variant local du virus.

«Beaucoup trop tôt pour rejeter ce vaccin»?
Selon les premiers résultats de cette étude, ce vaccin est efficace à seulement 22% contre les formes modérées du variant sud-africain. Aucun résultat n'est encore disponible sur son efficacité contre les formes graves.

Il est «beaucoup trop tôt pour rejeter ce vaccin», qui est «une partie importante de la réponse mondiale à la pandémie actuelle», a toutefois assuré Richard Hatchett, qui dirige le CEPI, la branche recherche du mécanisme Covax, mis en place par l'OMS pour tenter de garantir une distribution équitable des moyens de lutte contre le Covid-19. «Nous pensons que notre vaccin protégera quand même contre les formes graves de la maladie», a affirmé pour sa part un porte-parole d'AstraZeneca.

Publié dans INFORMATION, SANTE

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