« Que devient une société qui méprise sa jeunesse et compromet son avenir ? »

Publié le par angeline351

« Que devient une société qui méprise sa jeunesse et compromet son avenir ? »

Le Collectif pour la défense de ceux qui ont vingt ans en 2020 (CD20) propose des solutions concrètes pour la reprise des cours des étudiants en présentiel, alors que seuls 12 % peuvent le faire actuellement.

Le désespoir enfle depuis de longs mois, et devient, enfin, un sujet médiatique. Il était temps que les jeunes fassent entendre leur voix, eux qui depuis le mois de mars 2020, sont devenus une variable d’ajustement des mesures de santé publique du gouvernement et sont aussi des vraies victimes de la pandémie de Covid-19.

Il y a des chiffres qui font froid dans le dos. En France, seuls 12 % des étudiants peuvent suivre leurs cours en présentiel. Ces étudiants sont ceux de classes préparatoires et de BTS dont les cours se tiennent au lycée par groupe de trente à quarante, dans le respect des gestes barrières, mais sans distanciation.

Pour tous les autres, la pédagogie en distanciel s’est imposée. Au nom de quoi ? De la surpopulation des amphis et des campus ? De mesures barrières qui ne peuvent être appliquées ? de l’incapacité des étudiants à avoir un comportement mature ? Au nom de quoi ce qui fonctionne dans l’enceinte d’un lycée ne pourrait-il pas fonctionner dans l’enceinte d’un campus ?

Isolement, désespoir, décrochage
Pourtant les conséquences d’un enseignement purement distanciel sont connues sur les plans pédagogique, psychologique et sociétal : déperdition de l’apprentissage, perte de motivation, isolement, désespoir, accroissement des inégalités, décrochage… La liste est longue, mais il semblerait qu’aucune de ces raisons ne soit suffisante pour faire réagir le gouvernement. Or, comme le souligne Monique Dagnaud, sociologue à l’Ehess, « la vie universitaire, avec sa sociabilité, les opportunités d’enseignements, de rencontres et d’offres culturelles, est un sas initiatique en soi ».

Depuis la rentrée de septembre, les circulaires, décrets, protocoles se suivent aménageant, amendant, transformant, supprimant voire contredisant les précédents. Ainsi la circulaire du 19 décembre 2020 prévoyant l’accueil, dès le 4 janvier 2021, de groupes de dix étudiants parmi les plus fragiles est aussitôt remplacée par celle du 22 janvier 2021 qui précise la règle du un jour sur cinq énoncée par le président Emmanuel Macron lors de sa visite du 21 janvier à l’université de Saclay.

es présidents d’université sont pris dans le tourbillon de pseudo-solutions impossibles à appliquer dans les délais impartis et reflet de la méconnaissance de la réalité plurielle des universités françaises.

Il est urgent que le gouvernement modifie la hiérarchie des intérêts et prenne en priorité des mesures de protection des jeunes gens qui souffrent des mesures liées à la crise sanitaire. Les propositions des enseignants-chercheurs et des présidents d’université ne semblent pas être entendues par leur ministre de tutelle.

 


 

Publié dans INFORMATION, SANTE

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