Face aux licenciements, se coordonner pour zéro suppressions d’emplois et zéro baisses de salaire

Publié le par angeline351

Face aux licenciements, se coordonner pour zéro suppressions d’emplois et zéro baisses de salaire

Alors que les PSE et les licenciements se multiplient partout en France, que les directions syndicales ne préparent pas de riposte et que le gouvernement derrière la posture du "dialogue social" défend un gestion toujours plus pro-patronale de la crise, il est urgent que les travailleurs se dotent d'un plan de bataille à la hauteur de l'enjeu

Des suppressions d’emploi et des PSE qui se multplient
715 000 emplois détruits au premier semestre 2020 selon l’institut économique, plus de 215 000 au second semestre, 628 000 chômeurs supplémentaires au troisième trimestre, un chômage qui dépasse déjà les 9 %. Et plus de 538 plans sociaux enregistrés entre les mois de mars et octobre 2020. Ces chiffres accablants montrent profondément la réalité d’une gestion de la crise sanitaire pro-patronale par le gouvernement. Ceux qui payent directement le coût de la crise ce sont les travailleurs, partout, se multiplient les plans de licenciements et PSE.

Cauquil, les AAA à Blagnac, Cargill à Haubourdin dans le Nord, le groupe hôtelier AccorInvest, les Galeries Lafayette, Auchan et la grande distribution, General Electrics ont tous en commun d’être une petite partie des groupes, venant de tous secteurs, qui ont décidé de licencier à tout va pour faire des économies sur le dos des travailleurs.

Dans toutes les régions, sans distinctions, les attaques se font nombreuses et violentes, c’est en tout plusieurs centaines de milliers d’emplois à minima qui sont supprimés et qui ouvrent une nouvelle année rimant déjà avec chômage et précarité.

« Cette année une guirlande pour se pendre » trouve-t- on écrit sur une pancarte devant l’usine Cauquil en grève fin novembre : l’amertume et la colère sont palpables. En effet, durant une année où les travailleurs en première ligne n’ont eu aucun répit et où ils ont pris des risques en faisant tourner les secteurs essentiels, en première ligne face au Covid, le mépris des capitalistes se déploie de la manière la plus violente qui soit. Le site internet stoplicenciement.fr qui montre, de manière encore incomplète, le nombre de plans sociaux et de licenciements en cours, dévoile l’ampleur des attaques.

Une gestion de la crise catastrophique, pro-patronale, et une situation qui va encore empirer
Dans une situation qui semble déjà bien compliquée pour les travailleurs, le ciel déjà très nuageux pourrait encore s’assombrir. En effet, derrière la stratégie du gouvernement d’offrir des centaines de milliards au patronat, de multiplier les plans de relance et les milliards pour les entreprises, la gestion catastrophique de la crise se dévoile au grand jour. Globalement, le gouvernement a tenté de sauver temporairement les entreprises mises en difficulté, le fonds de solidarité a permis d’offrir jusqu’à 200 000 euros de compensation par mois aux grandes entreprises, ainsi que la garantie de prêt entre 70% et 90% . Le gouvernement a justifié cette politique, accompagnée d’afflux massifs de liquidités pour le patronat, en affirmant sa volonté de contenir la multiplication des défaillances, des suppressions d’emplois.

Les énormes investissements de l’Etat ont fait bondir la dette à plus de 114% au deuxième semestre 2020 selon ACDEFI. Il ne faut pas se tromper, cette hausse considérable de la dette devra être remboursée, et ce gouvernement n’hésitera pas à nous imposer des mesures d’austérité encore plus importantes touchant directement les services publics tels que l’hôpital, dont les effets de la casse antérieure sont clairement dévoilés par l’actuelle pandémie. Sans aucun doute, ce gouvernement fera payer la crise et le temporaire sauvetage des entreprises aux travailleurs par une attaque directe des acquis sociaux (déjà commencée par exemple avec la baisse des APL) et indirecte par la casse des services publics et du système social national (la réforme des retraites en étant la parfaite illustration).

Surtout ces mesures gouvernementales ne seront pas éternelles, et nombreux seront les secteurs parmi les petites entreprises (PME), parmi les artisans, petits commerçants, restaurateurs moins aidés que les grands groupes à devoir mettre la clé sous la porte, créant autant de suppressions d’emplois. Le gros de la vague de licenciement, voire de fermetures de site est encore à venir.

Pour les grandes entreprises et les grands groupes capitalistes la situation est différente, les milliards de cadeaux du gouvernement et un plan de relance dont la visée était d’offrir argents et baisses d’impôts pour relancer les profits, le tout avec une puissance financière sans commune mesure, font que la crise ne les a pas impactés outre mesure, certains groupes y trouvant, à l’image d’Amazon ou de la grande distribution, le moyen de s’enrichir. Pourtant dans ces entreprises les plans de licenciements et PSE se multiplient également, révélant que pour le grand patronat tous les prétextes sont bons pour gagner de l’argent sur le dos des salariés. C’est le cas de Total notamment, qui a profité de la crise sanitaire pour annoncer sa volonté de fermer le site de Grandpuits et supprimer 700 emplois, le tout justifié par un discours de greenwashing.

La crise économique qui s’ouvre a dévoilé de la manière la plus frappante qui soit où allait la solidarité du gouvernement. Pendant que la jeunesse vivait et vit une précarité d’autant forte, pendant que les travailleurs se faisaient licencier, il accordait dans le même temps plusieurs centaines de milliards au patronat. La volonté du gouvernement et du patronat est on ne peut plus claire, il s’agit à tout prix de faire payer la crise aux travailleurs.

Face aux attaques contre l’emploi et aux PSE, penser un plan à la hauteur de l’enjeu
Le dialogue social est un piège que l’Etat veut favoriser pour enfermer la colère dans la légalité au service des patrons. Un piège qu’il faut absolument refuser. Commencer à discuter avec ceux qui veulent licencier pour savoir quand et comment le faire revient à accepter que les salariés sont responsables et doivent payer. C’est pourtant le chemin qui est emprunté par la majorité des sections syndicales et la boussole qui est donnée par les directions à échelle nationale qui passent leur temps à négocier avec le patronat et le gouvernement à quelle sauce les travailleurs vont être mangés. La réponse de travailleurs de Grandpuits doit inspirer les salariés mis dos au mur par leurs patrons. Elle présente une première réponse d’une résistance ouvrière, par l’auto-organisation, contre le climat d’attaques du gouvernement et du patronat.

C’est cette stratégie qu’il convient d’adopter à l’heure où le climat actuel montre qu’il n’y a rien à gagner dans les négociations, et tout à perdre. Les indemnités de départ sont extraordinairement faibles, y compris dans les grands groupes, ce qui montre la confiance que les patrons acquièrent quand les salariés ont pieds et poings liés face aux attaques. Une stratégie qui a montré toute sa faillite dans des cas comme Bridgestone ou Daher où les équipes syndicales locales ont accompagné, sans broncher et en retenant les salariés les licenciements. C’est le spectre du chômage et de la précarité qui plane au-dessus de centaines de milliers de travailleurs. Pour éviter une telle situation, le programme minimal, partout, doit être de refuser tout licenciement et toute baisse de salaire. Face à ce climat, l’heure est à la solidarité envers les grèves existantes et à la coordination pour l’élaboration d’une riposte commune contre le gouvernement et le patronat.

L’urgence est donc de construire la solidarité de tout les travailleurs qui se battent pour ne pas payer le coût de la crise. A travers l’exemple de Grandpuits, c’est la grève reconductible et l’auto-organisation qui doivent être partout les modèles suivis. C’est aussi dans la rue et par la construction d’une grève intersectorielle que devront s’exprimer ces mobilisations, que ce soit dans la marche appelé par les TUI, le 23 janvier à Paris ou le jeudi 4 février à l’appel de la CGT, de la FSU, de l’Union Syndicale Solidaires et de l’UNEF.

A l’inverse d’une politique du gouvernement et des capitalistes qui consistent à faire payer la crise aux travailleurs, il faut construire une véritable unité de la classe ouvrière, de la jeunesse et des secteurs populaires organisées en assemblées décisionnaires sur leurs luttes et autour de quelques revendications de base qui peuvent être partagées du Nord au Sud, de Cargill à Airbus, d’Est en Ouest, de SKF Avallon à Beneteau. Il faut lutter partout contre les licenciements et imposer leur interdiction, refuser tout chantage à l’emploi concernant les baisses de salaire. Une telle lutte agirait à la fois pour les emplois menacés mais aussi pour tous les emplois induits, pour tous les commerces, pour toutes les familles qui dépendent directement ou indirectement de l’activité. Après avoir engrangé les profits pendant tant d’années, c’est aux capitalistes de payer !

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