Covid-19. Le secteur touristique portugais touche le fond

Publié le par angeline351

Covid-19. Le secteur touristique portugais touche le fond

 

La pluie et le vent balayent un Porto bien silencieux. Devant la mairie aurait dû se tenir un marché de Noël. Cette année, pas de foules venues se masser pour déguster le fameux « Pasteis de Nata », cette iconique pâtisserie portugaise. Seule une terrasse de café est restée ouverte sur laquelle quelques personnes sirotent un verre.

Dans un pays de 10 millions d’habitants, la pandémie a fait plus de 6 000 morts et comme pour le reste de la planète, le tourisme au Portugal subit de plein fouet la crise due au Covid-19. Fleuron de l’activité économique, le secteur représente 8,7 % du produit intérieur brut.  Nous nous sommes arrêtés à la mi-mars. On a essayé de reprendre le 15 juin, mais il y a eu une hausse des infections , indique Leonel Soares, gérant d’une agence de visites touristiques, qui a perdu 20 % de son chiffre d’affaires.

Année catastrophique
Une année  catastrophique  pour Vincent Poulingue, directeur de l’hôtel de luxe Crown Plaza, dans le quartier moderne de Boavista à l’ouest de Porto.  Même dans les pires scénarios de crises économiques, nous n’aurions pas pu nous attendre à une telle chute de l’activité, déplore-t-il. C’est une crise incomparable. Même celle de 2008, ce n’était pas comme ça. On perdait 50, 60 % de chiffre d’affaires, là c’est 80 %. 

Selon les autorités, 60 000 emplois devraient être perdus dans le secteur du tourisme, cette année. L’État portugais a annoncé des aides dès le printemps : chômage partiel pris en charge à hauteur de 70 % de la sécurité sociale, report de charges et impôts, prêts garantis, etc.

Résilience
Pour résister, Marianne Baillot, directrice de  Cocorico , un hôtel d’appartements touristiques dans le quartier du Vieux Porto a pu bénéficier d’un crédit de 50 000 € d’une banque et d’une subvention de 40 000 € via  Apoiar , un programme d’aides aux micros et petites entreprises touchées par la crise.

Cela nous a permis de tenir et j’ai un grand groupe derrière, ce qui aide, mais ce n’est pas le cas de tous », indique cette jeune femme énergique arrivée il y a quatre ans à Porto et qui gère les lieux depuis 2018 :  Tous les résultats sont en chute libre. On vit au jour le jour. Il faut être combatif, c’est une question de résilience. 
La suite ?  Les gens vont avoir envie de se déplacer. Comme une sorte de revanche », selon Frédéric Frère, directeur général de Travelstore, une société de tourisme d’affaires  Le facteur psychologique va jouer. Je suis optimiste, globalement, même si je sais que les prochains mois seront difficiles. Mon horizon, c’est le début de l’été prochain.  Une perspective que tous les professionnels du secteur espèrent, même si 2021 pourrait ne servir qu’à récupérer les pertes de l’année 2020.

Publié dans EUROPE, INFORMATION

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