Covid-19 : l’état d’urgence sanitaire sera prolongé jusqu’en juin, annonce Jean Castex aux parlementaires

Publié le par angeline351

Covid-19 : l’état d’urgence sanitaire sera prolongé jusqu’en juin, annonce Jean Castex aux parlementaires

Les présidents des groupes politiques du Sénat se sont entretenus avec le premier ministre Jean Castex sur l’épidémie. L’état d’urgence sanitaire serait prolongé jusqu’au 1er juin, au lieu du 16 février. Sur la vaccination, le socialiste Patrick Kanner craint un « décalage » entre les annonces et « la réalité vaccinale ».

Point d’étape. Le premier ministre Jean Castex s’est entretenu ce lundi matin par visioconférence avec les présidents de groupes du Sénat, et son président, sur la situation sanitaire. Il s’agissait de la seconde réunion, après une première organisée en décembre dans le cadre du comité de liaison parlementaire sur le Covid-19. Les échanges ont duré deux heures. Le premier ministre s’est aussi entretenu avec les présidents de groupes de l’Assemblée nationale.

Sur la forme, tout le monde est content. « C’est une vraie réunion d’échange. On est preneur, c’est positif », pour Guillaume Gontard, président du groupe écologiste du Sénat. Le patron des sénateurs PS, Patrick Kanner, est lui « très heureux qu’on ait ce comité de liaison ». Il salue un « dialogue constructif ».

Face à la situation, le premier ministre a confirmé aux sénateurs que l’état d’urgence sanitaire serait prolongé, comme l’affirmait la semaine dernière Libération. « On a appris que le projet de loi sur la prolongation de l’état d’urgence sanitaire passera en Conseil des ministres dès mercredi. Il sera prolongé jusqu’au 1er juin 2021 », au lieu du 16 février, rapporte au terme de la réunion, Patrick Kanner. Rappelons que cet état d’exception permet au gouvernement de restreindre les libertés publiques et individuelles, afin de lutter contre la circulation du virus. Le régime de sortie de l’état d’urgence, qui permet à peu près tout sauf le confinement, sera lui prolongé jusqu’en décembre 2021… Le texte devrait être examiné « le 18 janvier à l’Assemblée nationale et le 25 janvier au Sénat » précise de son côté Hervé Marseille, président du groupe Union centriste.

« Les moins de 50 ans ne seront pas vaccinés avant de nombreux mois »
Pour le reste, les sénateurs n’ont pas appris grand-chose. « Ce n’était pas fait pour avoir des annonces mais pour dialoguer avec le gouvernement sur la situation », souligne le centriste. La vaccination a bien sûr occupé une large part de la réunion.

S’il a eu un sérieux retard à l’allumage, le gouvernement continue d’augmenter le rythme. Mais pour le président du groupe PS, le compte risque de ne pas y être. « Nous avons eu confirmation que le public prioritaire était d’abord les plus fragiles. Les plus de 75 ans pourront tous être potentiellement vaccinés début janvier dans les 700 centres de vaccination qui seront créés en janvier. Les personnes de plus de 65 ans pourront, elles, être vaccinées potentiellement à partir du 28 janvier. Le total représente 12 millions de personnes. L’objectif, c’est d’arriver à un million de vaccinés d’ici fin janvier. Il y a un décalage entre les potentiels vaccinés et la réalité vaccinale », constate Patrick Kanner (voir vidéo ci-dessous de Steve Jourdin et Aurélien Romano). Quant aux plus jeunes, « Olivier Véran dit que les moins de 50 ans ne seront pas vaccinés dans notre pays avant de nombreux mois ». Mais pour l’ancien ministre socialiste, « la vraie question c’est combien de doses seront disponibles pour immuniser notre pays. Et là, je pense qu’on est loin des objectifs quand on voit les pays étrangers ».

« Il n’y a pas de pénurie. Il y a un programme de livraison de vaccins en Europe. On les utilise au fur et à mesure qu’ils sont livrés », soutient François Patriat, président du groupe RDPI (LREM). Le fidèle macroniste souligne cependant qu’« Olivier Véran a dit "ne créons pas la pénurie en créant des centres de vaccination partout" ». Le risque serait alors que les doses, pour le coup, ne soient pas en nombre suffisant. Le président du groupe Les Indépendants, Claude Malhuret, fait confiance au gouvernement pour relever la barre. « Le gouvernement s’est engagé à ce qu’à la fin du mois de janvier nous ayons rattrapé notre retard et qu’un million de personnes minimum soient vaccinées », salue le sénateur de l’Allier, qui « pense que c’est au bout d’un mois qu’on peut faire le premier bilan »

 Le confinement n’est pas écarté, mais il n’est pas à l’ordre du jour », selon Patrick Kanner
Alors que dix départements supplémentaires passent au couvre-feu à 18 heures, un troisième confinement est aussi dans toutes les têtes. « J’ai posé la question du confinement. Il n’est pas écarté, mais il n’est pas à l’ordre du jour » selon Patrick Kanner. « Pour l’instant la situation ne le justifie pas, mais pas il ne faut pas écarter la possibilité d’un nouveau confinement, si c’était nécessaire », confirme François Patriat.

« Le premier ministre a déclaré que le couvre-feu était suffisant pour l’instant », tempère Hervé Marseille, « mais évidemment, on peut aller plus loin », avec s’il le faut « des contraintes plus fortes vis-à-vis des commerces » ou « peut-être le confinement ». Les jours à venir seront décisifs à cet égard, avec le recul nécessaire pour voir l’effet des fêtes de fin d’année sur les contaminations. Les eaux usées sont aussi scrutées de près, a souligné Jean Castex. Or en Ile-de-France, les traces du virus y sont en augmentation.

« On sent bien que les régionales ne sont pas la priorité du gouvernement aujourd’hui »
Et quid des départementales et régionales ? Avec un plateau épidémique toujours élevé et une campagne de vaccination en retard, Patrick Kanner, chef de file du PS pour les élections régionales dans les Hauts-de-France, s’interroge sur les possibles conséquences sur le scrutin, pour le moment reporté de mars à juin. « Marc Fesneau (ministre des Relations avec le Parlement, ndlr) rappelle que la loi prévoit les élections en juin avec une clause de revoyure au plus tard début avril » souligne-t-il.

Le sénateur PS du Nord craint-il que le scrutin de juin soit menacé ? « La loi prévoit le mois de juin, mais avec l’état d’urgence sanitaire prolongé jusqu’en juin, on se demande comment on fera campagne. C’est toujours possible, mais on sent bien que ce n’est pas la priorité du gouvernement aujourd’hui. Mais on peut le comprendre » répond Patrick Kanner. Reste qu’entre le niveau de contaminations et le nombre de vaccinations, « on est dans un vrai problème ».

« Le vaccin Sanofi, c’est dans les choux »
Quant au vaccin français de Sanofi, comme résume le patron des sénateurs PS : « Sanofi, c’est dans les choux. Le vaccin ne sera pas près de sortir. Il n’y a pas encore de date. Ce ne sera pas avant la fin d’année », pense le socialiste. « Il a été dit que Sanofi s’est planté dans son protocole. Il y a eu des erreurs. Je crois que Sanofi l’a dit publiquement. C’est préoccupant pour l’industrie et la recherche française », confirme Claude Malhuret.

Pour juguler le virus, l’exécutif ne compte pas uniquement sur les vaccins. « "Il faut agir sur tous les leviers : vaccins, tester, alerter, protéger" a dit Jean Castex. Et il faut reconnaître qu’aujourd’hui, tester, ça marche. Il y a des choses positives », admet Patrick Kanner, alors que les résultats des tests étaient beaucoup trop longs en septembre. Si on fait le parallèle avec les vaccins, il ne reste plus qu’à attendre quelques mois…

Autre point : Hervé Marseille a posé la question « des reports de taxes sociales et fiscales » pour les entreprises, déjà prévus. « Le premier ministre a répondu qu’il était très attentif et qu’il a le sujet dans le viseur. On peut s’attendre à de nouveau aménagements sur ce point. J’imagine que ça fera l’objet de propositions du gouvernement ». De quoi permettre aux entreprises qui résistent encore de ne pas couler. Mais après bientôt un an de crise, la gestion de l’épidémie de coronavirus ressemble de plus en plus au film « Un jour sans fin ».

 

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