Vaccins anti-coronavirus : Moderna, Pfizer, Oxford, Institut Pasteur, où en est-on ?

Publié le par angeline351

Vaccins anti-coronavirus : Moderna, Pfizer, Oxford, Institut Pasteur, où en est-on ?

La mise au point de vaccins sûrs et efficaces est un point clef de la bataille contre le Covid-19. Moderna, Oxford, Pfizer, Sanofi et GSK, Institut Pasteur... Quels sont les projets en cours ? Quelles sont les difficultés rencontrées par les chercheurs ? Et à quelles échéances peut-on espérer les premières campagnes de vaccination ? Le point.

Vaccins contre le coronavirus : le point actualité 
Alors que Margaret Keenan, 90 ans, est la première femme au monde ayant reçu le vaccin Pfizer/BioNtech à l'hôpital de Coventry, en Angleterre, ce mardi 8 décembre, on apprend que celui des laboratoires français Sanofi et britannique GSK ne sera prêt qu'à la fin 2021. Une vraie mauvaise nouvelle au moment où d’autres commencent les campagnes de vaccination. Sanofi et GSK l'ont annoncé ce vendredi 11 décembre, après des résultats moins bons qu’espéré des premiers essais cliniques


La conduite du programme "est retardée afin d’améliorer la réponse immunitaire chez les personnes âgées", la population la plus à risque, expliquent les groupes dans un communiqué. Ils tablent désormais sur une mise à disposition du vaccin au quatrième trimestre l’an prochain, alors qu’ils visaient initialement une demande d’homologation au premier semestre de 2021.

Comme le rapporte Le Monde, Sanofi, qui développe ce vaccin conjointement avec GSK – qui lui fournit son adjuvant –, comptait récemment encore démarrer à la fin de décembre la toute dernière phase des essais sur l’homme avant l’homologation des autorités ("phase 3"). Avec ce calendrier, le grand groupe pharmaceutique français, l’un des principaux producteurs de vaccins au monde, espérait pouvoir produire un milliard de doses en 2021. Un objectif qui ne pourra plus être atteint.

Les vaccins anti-coronavirus en cours de test
Pour l'heure il n'existe pas de vaccin contre le Covid-19, mais plus d'une centaine de laboratoires travaillent à la conception d'un vaccin contre ce nouveau coronavirus. Voici quelques compagnies et laboratoires en ligue :

Le Jenner Institute, de l’Université d’Oxford, en association avec le laboratoire AstraZeneca, a pris une belle avance dans la course au vaccin. Actuellement en phase 3 des essais cliniques, des milliers de volontaires ont déjà reçu le vaccin. Une mise sur le marché est prévue au premier trimestre 2021.  
La société Moderna applique une nouvelle stratégie vaccinale, qui consiste à injecter directement un ARN (un morceau de patrimoine génétique, ndlr) synthétique chez l'homme, qui va permettre à l'organisme de produire directement une des protéines du coronavirus. La compagnie espère une mise sur le marché début 2021. La phase 3 des essais cliniques en commencé en juillet et le laboratoire compte déposer une demande d'autorisation auprès de l'Agence des médicaments (FDA) d'ici fin novembre 2020.
BioNTech et Pfizer : leur vaccin expérimental, baptisé BNT162b2,  repose sur la même méthode que celui de Moderna. L'alliance germano-américaine a annoncé qu'elle comptait déposer une demande d'autorisation de mise sur le marché au cours de la troisième semaine de novembre 2020. Par ailleurs, la société pharmaceutique prévoit de commencer à tester son vaccin chez les enfants dès l'âge de 12 ans, a indiqué le chercheur responsable de l'essai à CNN, mardi 27 octobre. La première semaine de novembre, des ados de 16-17 ans seront vaccinés. Puis on passera aux 12-15 ans. Il s'agit du premier essai de vaccin contre le coronavirus impliquant des enfants aux États-Unis.
La société de biotechnologie américaine Inovio développe, notamment grâce au financement de Bill Gates, un vaccin baptisé "Ino-4800". Il a déjà été administré à 40 adultes volontaires en bonne santé. Les réponses immunitaires et les données de sécurité de l'étude sont attendues pour cet été.
L'Institut Pasteur, une fondation française, a entamé l'élaboration d'un vaccin à partir du virus atténué de la rougeole. Ils vont assembler le génome du vaccin de la rougeole avec une partie de celui du coronavirus, pour obtenir un dérivé de vaccin que tous les pays du monde savent produire.
La société allemande, CureVac, espère lancer ses premiers tests d'ici juillet et mettre sur le marché un vaccin à l'autonome.
Anges, un laboratoire nippon, va prochainement tester un vaccin ARN sur des animaux.
La société CanSino Biology a réalisé un vaccin test en collaboration avec l’Institut de Biotechnologie de Pékin.
L'entreprise américaine Johnson & Johnson a sélectionné un vaccin-candidat, il sera expérimenté sur l'Homme d'ici septembre, la mise sur le marché est prévue début 2021. 
Le mastodonte britannique GlaxoSmithKline (GSK) collabore avec une biotech chinoise pour mettre à disposition sa technologie de fabrication d'adjuvants pour les vaccins contre les épidémies.
Le groupe pharmaceutique Sanofi s'est, quant à lui, associé au ministère américain de la Santé pour développer lui aussi un candidat vaccin, en utilisant une "technologie de recombinaison de l'ADN". Elle consiste à combiner l'ADN du virus avec l'ADN d'un virus inoffensif afin de créer une nouvelle entité cellulaire à même de provoquer une réponse immunitaire. Les antigènes créés par cette opération peuvent ensuite être reproduits à grande échelle. 

Vaccin BCG et coronavirus : que faut-il en penser ?
Le vaccin BCG, initialement mis au point pour combattre la tuberculose, ne fait plus partie de nos vaccins obligatoires depuis 2007. Mais celui-ci pourrait "entraîner" en notre système immunitaire à combattre toutes formes d’agressions.

"C'est un vaccin qui a des propriétés très particulières et qui vont au delà de la lutte contre les maladies de la tuberculose. Il a la capacité d'entraîner notre système immunitaire inné (...) qui pourrait se révéler essentiel dans la lutte contre le Covid, notamment dans la prévention des formes inflammatoires sévères et les formes sévères de la maladie qui reposent sur la réponse inflammatoire", explique sur RMC Laurent Lagrost, directeur de recherche à l’Inserm.

"Il n'y a aucun patient en réanimation médicale dans aucun hôpital de Guyane française qui montre une prévalence de la tuberculose dix fois plus forte que dans l'hexagone. Je prendrai aussi l'exemple de l'Allemagne; la RDA (est) avait une politique de vaccination forte, la RFA (ouest) un peu plus souple, et quand on voit les chiffres dans les Landers allemands la différence est frappante", ajoute le chercheur.

Fabrication d'un vaccin : quel délai de production ?
Les équipes de chercheurs avancent sur l'élaboration d'un vaccin contre coronavirus, mais toutes sont unanimes : il va falloir plusieurs mois pour le mettre au point, il ne permettra donc pas d'enrayer l'épidémie de coronavirus actuelle.

En effet, il ne suffit pas seulement de trouver la bonne formule, le vaccin doit ensuite être testé sur les animaux, puis sur les humains et ce, à chaque étape de son processus de fabrication.

Au total, il faut compter entre 6 et 36 mois pour la production, le conditionnement et la livraison auprès des différents pays concernés qui vont à leur tour effectuer des contrôles de qualité.

Coronavirus : le virus va-t-il muter ? 
La bonne nouvelle, dans la course à l'élaboration d'un vaccin, est que le virus aurait, selon les chercheurs, une évolution lente. 

Andrew Rambaut, biologiste spécialiste de l'évolution moléculaire à l'Université d'Edimbourg, a déclaré dans le magazine Science que le nouveau coronavirus connaissait deux mutations mensuelles : "C'est environ deux à quatre fois plus lent que la grippe", a-t-il commenté.

De plus, Peter Thielen, généticien moléculaire à l'université Johns Hopkins a expliqué dans le Washington Post : "À ce stade, le taux de mutation du virus laisse penser que le vaccin développé pour le SRAS-CoV-2 serait un vaccin unique, plutôt qu'un nouveau vaccin chaque année comme le vaccin anti-grippe. "

Vaccin contre le coronavirus : quelle efficacité ?
Selon un porte-parole du service du Pr Didier Raoult, Directeur de l'IHU Méditerranée Infection, il n'est pas raisonnable de penser que le vaccin est une solution à court terme : "L'efficacité d'un vaccin ne peut se démontrer que sur le long terme. Il faut que des personnes vaccinées et non vaccinées contre le virus aient été exposées dans une zone à risque pour que l'on puisse démontrer que la population vaccinée a été moins touchée que la population non vaccinée. Or, cela demande nécessairement un temps long". 

Selon Nicolas Manel, directeur de recherche à l'Inserm au sein de l'unité "Immunité et cancer" de l'Institut Curie, la (relative) bonne nouvelle concernant ce virus, c'est qu'il est très stable génétiquement (à l'inverse du VIH par exemple) et les vaccins actuellement en cours de développement devraient être efficaces plusieurs mois, voire plusieurs années. Le virus va circuler par vague et pour les prochaines, nous disposerons du vaccin qui devrait nous permettre de circonscrire l'épidémie" assure l'expert dans un communiqué du 8 avril.

Publié dans INFORMATION, SANTE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article