LE COMBLE/Pour Gilbert Cette, président du groupe d'experts sur le smic qui remet ce mardi son rapport à Elisabeth Borne, le gouvernement ne doit pas donner de "coup de pouce" au smic, outre sa revalorisation automatique, pour ne pas pénaliser les entreprises et l'emploi.

Publié le par angeline351

Revalorisation du smic: "la priorité doit être l'emploi avant le gain de pouvoir d'achat", selon Gilbert Cette

Pour Gilbert Cette, président du groupe d'experts sur le smic qui remet ce mardi son rapport à Elisabeth Borne, le gouvernement ne doit pas donner de "coup de pouce" au smic, outre sa revalorisation automatique, pour ne pas pénaliser les entreprises et l'emploi.

Le groupe d’experts chargé de conseiller le gouvernement sur le smic recommande ce mardi 2 décembre au gouvernement de ne pas donner de "coup de pouce supplémentaire" au smic en 2021, qui devrait être automatiquement revalorisé aux alentours de 1% en janvier. Son président, l’économiste Gilbert Cette, explique à Challenges les raisons de cette préconisation, peu surprenante pour ce groupe d’experts.

Challenges – Vous recommandez de ne pas donner de "coup de pouce" au smic en 2021, en plus de sa revalorisation automatique qui devrait être d'environ 1%. Pourquoi?

Gilbert Cette – Pour deux raisons principales. D’une part, pour une raison structurelle, hors de tout contexte de crise. Nous avions formulé

la même recommandation les années précédentes parce que l’économie française et sa compétitivité sont fragiles, et que la situation sur le marché du travail, bien qu'en amélioration, est mauvaise. Sur les 36 pays de l’OCDE, 31 ont un taux de chômage plus faible que la France. S’ajoute à cela la crise du Covid-19, un choc majeur. Or, la hausse du smic est payée par les entreprises, déjà fragilisées et stressées par la crise. La priorité des priorités est donc l’emploi avant les gains de pouvoir d’achat. D'ailleurs, la revalorisation automatique permettra déjà une hausse d’au moins 1% du smic, et une hausse au moins équivalente du pouvoir d’achat des salariés au smic.
Pourtant, face à la crise, il faut aussi relancer la consommation, ne serait-il pas judicieux d’aider aussi les ménages modestes, après avoir fortement soutenu les entreprises?

Les ménages ont contribué de manière très marginale au financement du coût énorme de la crise du Covid. Ils ne vont contribuer qu’à hauteur de 10% au plus du financement de la perte de PIB (entre 9 et 11%) du pays, le reste sera supporté par l’Etat et les entreprises. En réalité, les revenus des ménages auront déjà été largement protégés en 2020. Ils ont bénéficié de transferts gigantesques, et c’est une bonne chose, avec l’activité partielle, ou le fonds de solidarité pour les petits entrepreneurs, qui sont aussi des ménages… Les salariés au smic ont notamment été surreprésentés dans les dispositifs de chômage partiel, avec une protection de leurs revenus à 100%, contrairement aux autres salariés en activité partielle.

Le débat de la reconnaissance des salariés n'est pas celui du smic"
La CGT et FO s’opposent à vos recommandations en plaidant notamment que beaucoup de salariés au smic ont été en première ligne de la crise, en tant que caissières ou livreurs par exemple. Une revalorisation du smic ne serait-elle pas une forme de reconnaissance pour eux?

Deux syndicats, dont la CFDT, le plus important en termes de représentativité, n’appellent pas à une revalorisation plus importante du smic. Ce n’est pas rien. Si on considère qu’un effort exceptionnel a été réalisé dans une circonstance exceptionnelle, c’est à la collectivité de faire l’effort de la reconnaissance, pas aux entreprises. Une hausse du salaire minimum concernerait tous les salariés au smic, y compris ceux qui ont été placé en chômage partiel pendant des mois. Le débat de la reconnaissance n’est pas illégitime mais ce n’est pas celui de la revalorisation du smic.

Plus globalement, vous préconisez aussi de revoir le système de revalorisation automatique du smic, pourquoi?

Depuis plusieurs années nous appelons à une réforme du smic. Aujourd’hui, il est revalorisé en fonction de l’inflation mesurée pour les 20% des ménages ayant les revenus les plus faibles et du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire moyen des ouvriers et employés. Nous préconisons l’abandon d’une de ces clauses au moins qui n’existent nulle part ailleurs. Dans l’OCDE, 28 pays ont un salaire minimum, dont 24 sans revalorisation automatique, et pour trois d'entre eux ce salaire n'est indexé que sur l’inflation. Or, ces pays ont souvent un taux de chômage plus faible, un niveau d’inégalité plus faible, une meilleure compétitivité…

Il est également important de responsabiliser les partenaires sociaux. A eux de définir plus activement les minima par branches, en fonction de la situation de chaque métier, et via un dialogue social plus fort. Enfin, il nous semble impératif de réfléchir aux questions de mobilité salariale. Ce qui est embêtant n’est pas d’être au smic, mais d’y rester. Avec toutes les aides aux bas revenus, comme les aides au logement ou la prime d’activité, le rendement de la mobilité salariale en France est le plus faible de l’OCDE. A cet égard, une réforme des minima sociaux devra être envisagée. Quand on analyse les causes de la pauvreté, le premier facteur, et de très loin, est le nombre d’heures travaillées. Le deuxième étant la composition du foyer. Ce n’est donc pas le niveau du smic, qui n’est qu’un minimum horaire, qui est en jeu.

Jean Castex a affirmé ce mercredi qu'il n'y aurait "vraisemblablement pas" de coup de pouce au smic. Etes-vous confiant sur la suite donnée à vos recommandations?

Habituellement, le gouvernement nous suit, même s’il reste souverain bien sûr. La ministre du Travail Élisabeth Borne annoncera sa décision le 15 décembre.

PETIT COMMENTAIRE                                                   mais pourquoi je ne suis pas surprise !!! la CFDT mais voyons ce n'est vraiment pas eux qui vont défendre le pouvoir d achat des salariés 

quand ont entend les milliards pour les patrons ! les horaires décalés ,les ouvertures du dimanche à la guise des patrons , franchement c est le comble ils ce remplissent les poches pendant que les salariés sont au chômage , avec bien entendu moins de salaire mais ca ont s'ont fou , l'exploitation des salariés est ouverte avec la bénidiction de la CFDT que demandé de plus !!

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