Eva De Bleeker, secrétaire d’Etat belge au budget, a divulgué des détails confidentiels sur les contrats pharmaceutiques négociés par Bruxelles.

Publié le par angeline351

La révélation du prix des vaccins contre le Covid-19 embarrasse l’industrie et la Commission européenne

 Eva De Bleeker, secrétaire d’Etat belge au budget, a divulgué des détails confidentiels sur les contrats pharmaceutiques négociés par Bruxelles.

Ce n’était sans doute pas son but, mais Eva De Bleeker, la secrétaire d’Etat belge au budget et à la protection des consommateurs, a été saluée par certains pour avoir rendu publics, jeudi 17 décembre, les prix de vaccins contre le Covid-19. Tus par l’industrie pharmaceutique et la Commission européenne, silencieuse sur ce sujet sensible, ces tarifs ont été révélés par Mme De Bleeker, qui entendait riposter aux critiques de l’opposition nationaliste flamande. Celle-ci affirmait que le coût des vaccins n’était pas comptabilisé dans les projets budgétaires de la coalition dirigée par Alexander De Croo.

Dans un Tweet retiré une demi-heure plus tard, mais repéré notamment par le quotidien De Standaard – qui titrait aussitôt sur sa « lourde erreur politique » –, la secrétaire d’Etat libérale flamande a donc détaillé le prix des doses que le royaume entend acheter à six fabricants : 1,78 euro l’unité pour AstraZeneca, 6,93 (8,50 dollars) pour Johnson & Johnson, 7,56 pour Sanofi/GSK, 10 pour Curevac, 12 pour Pfizer-BioNTech, 14,68 (18 dollars) pour Moderna. Soit, pour la Belgique, un coût global de plus de 279 millions d’euros pour 33,5 millions de doses.

Je voulais être transparente, peut-être un peu trop transparente », a déclaré Mme De Bleeker en s’adressant aux députés belges. Selon elle, cela « ne met rien en péril », et, en tout cas, pas les livraisons des vaccins à la Belgique. Du côté de la Commission, on cachait mal l’embarras : « Tout ce qui concerne des informations comme le prix des vaccins est couvert par la confidentialité, c’est une obligation très importante, a affirmé un porte-parole.
C’est une exigence contractuelle », dans le cadre des commandes déjà passées.

Forte disparité des tarifs
Les révélations de la responsable belge ont d’abord étonné par la disparité des tarifs mis en évidence : une différence de 1 à 8 entre le vaccin le moins cher et celui le plus coûteux. Elle s’expliquerait par le recours à des technologies plus modernes pour les firmes pratiquant les prix les plus élevés, les autres laboratoires s’appuyant sur des techniques utilisées de longue date pour la mise au point d’autres vaccins. Une affirmation remise en question par plusieurs spécialistes qui soulignent que, traditionnellement, les entreprises américaines pratiquent d

Il faut toutefois relever que même le tarif le plus élevé – celui de Moderna – est inférieur aux estimations qui circulaient lorsque les firmes se sont lancées dans une course effrénée pour mettre au point un vaccin contre le SARS-CoV-2 : on évoquait à l’époque un prix possible de 25 à 30 euros par unité de vaccin.

C’est sans doute l’action de la Commission européenne, qui menait la négociation et mettait en avant l’achat massif qu’elle envisageait, qui a convaincu les fabricants de réduire leurs exigences. D’où l’embarras des deux camps : en échange du rabais obtenu, la Commission s’engageait à payer, après l’approbation des vaccins par l’Agence européenne des médicaments (EMA), toute la commande passée, quelle que soit finalement l’efficacité des produits. Elle promettait aussi de ne pas révéler le tarif finalement conclu afin de permettre aux firmes de négocier librement avec d’autres acteurs internationaux. « Il est évident qu’après cette fuite, le secteur pharmaceutique sera encore plus prudent, voire exigeant, dans ses négociations avec des pouvoirs publics européens », commente un expert bruxellois.

Selon la présidente de la Commission de Bruxelles, Ursula von der Leyen, la vaccination pourrait débuter les 27, 28 et 29 décembre. L’EMA devait se pencher lundi 21 décembre sur le sort d’un premier vaccin, celui de Pfizer-BioNTech, que la Commission pourrait autoriser quarante-huit heures plus tard. L’examen du vaccin Moderna a, lui, été fixé au 6 janvier.

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