trois policiers suspendus après une nouvelle bavure policière

Publié le par angeline351

 

 

 

 

trois policiers suspendus après une nouvelle bavure policière

Alors que les contestations se font de plus en plus vives contre le projet de loi "sécurité globale" qui va restreindre le droit de filmer les forces de l’ordre, une nouvelle bavure policière fait tache.

Ce jeudi, le média français Loopsider a diffusé une scène d’une rare violence. Sur des images de caméras de vidéosurveillance, on voit un homme noir se faire rouer de coups par trois policiers. L’IGPN a été saisie et les trois policiers suspendus.

Une histoire de masque
C’est dans le 17e arrondissement de Paris que Michel gère sa société de production, Black Gold Corp Studios. Comme l’explique Loopsider, samedi dernier, le 21 novembre, il est 19h40 quand Michel est dans la rue en face de ses locaux sans son masque. Lorsqu’une patrouille de police passe en voiture, il rentre pour ne pas être contrôlé.

C’est à ce moment que les choses vont dégénérer. Alors qu’il allait fermer la porte derrière lui, les trois policiers sont entrés de force dans ses locaux. Ils ont commencé à tirer Michel pour essayer de l’extirper dans la rue. "J’étais chez moi. Ils étaient très virulents, j’ai eu peur", détaille la victime. "J’ai essayé d’interpeller les gens dans la rue, mais les policiers ont fermé la porte. Je me suis fait réellement tabasser".

Tabassage et propos racistes
Sans savoir qu’ils sont filmés par des caméras de surveillance, les policiers vont lui infliger une vingtaine de coups de poing, une dizaine de coups de pied à la nuque, une quinzaine de coups de matraques à la tête ainsi que des coups de genou. "Vu la violence des coups qu’on me portait, je pensais réellement que j’allais y rester. Je n’ai pas voulu leur porter de coup, ça se serait retourné contre moi."

Selon la déclaration des agents, le producteur aurait tenté de prendre leur arme, les aurait frappé et aurait alors appelé des renforts. Ce que les vidéos démentent.

Mais en plus du tabassage qu’a subi Michel de nombreuses insultes dont certaines racistes ont été prononcées. "J’ai beaucoup entendu 'sale nègre'."

Dans le même temps, neuf artistes enregistraient un album au sous-sol. Une fois qu’ils ont entendu les appels à l’aide de Michel, ils sont remontés mais les policiers ont bloqué la porte. "On a quand même réussi à ouvrir", explique Wensly. "On a finalement réussi à les pousser dehors du studio".

Mais les policiers vont revenir à la charge en essayant de briser la porte et la vitrine du studio. "Je ne voulais pas tomber sur les mêmes policiers donc je refusais de sortir. Ils ont donc envoyé une grenade lacrymogène dans mon studio. On envoie ça dehors normalement, pas en intérieur où tout est fermé".

Une dizaine de policiers finit par rentrer dans le local et sort violemment Michel. ”À ce moment-là, je prends des coups de tous les côtés”. Des propos confirmés par des vidéos réalisées par des voisins. Les neuf jeunes garçons sont également interpellés. "Ils nous ont fait une haie d’honneur et ils nous ont tous tapés", explique l’un d’eux.

Suspension des policiers
Après des contrôles d’identité au commissariat, les jeunes sont relâches, au contraire de Michel qui est placé en garde à vue pour motif de rébellion. Grâce aux vidéos, son avocate Hafida El Ali a réussi à prouver sa bonne foi. Le parquet a d’ailleurs classé sans suite les poursuites à son encontre. "Si nous n'avions pas les vidéos, mon client serait peut-être actuellement en prison", a d'ailleurs indiqué l'avocate. 

A la suite de ce reportage, les choses ont été très vite. L’IGPN a ouvert une enquête pour faire la lumière sur cet incident. Les policiers sont suspectés de "violence" et "faux en écriture".

Ce jeudi matin, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin a également demandé "au préfet de police de suspendre à titre conservatoire les policiers concernés. Je souhaite que la procédure disciplinaire puisse être conduite dans les plus brefs délais." Une demande qui a été entendue.

Cette nouvelle affaire de violences policières sur fond raciste fait en tout cas bien tâche dans un pays qui dénonce ces bavures de plus en plus fréquentes, mais qui dans le même temps va bientôt très fortement limiter la diffusion des images de policiers en service au travers du projet de loi "sécurité globale".

Publié dans INFORMATION, VIDEOS

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