Soupçon de discriminations à l'embauche au Tunnel du Mont-Blanc

Publié le par angeline351

Soupçon de discriminations à l'embauche au Tunnel du Mont-Blanc

L'UNSA Autoroutes, le syndicat majoritaire chez l'exploitant français ATMB, pointe davantage d'emplois occupés en France par des Italiens. La direction dément toute discrimination ou favoritisme.

La nationalité italienne procure-t-elle plus de chance de travailler du côté français du tunnel du Mont-Blanc ? C'est ce que soupçonne l'Unsa Autoroutes (Union nationale des syndicats autonomes), syndicat majoritaire chez Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc (ATMB), l'exploitant du côté français au sein du Groupement européen d'intérêt économique (GEIE) avec, côté italien, Società Italiana per il Traforo del Monte Bianco (SITMB).

Le responsable de l'Unsa Autoroutes, Marc Dejeu, s'en est ouvert auprès des élus locaux et de Thierry Repentin, président du conseil d'administration d'ATMB. Le syndicaliste estime qu'un tiers seulement des 280 personnes travaillant directement ou indirectement pour le tunnel du Mont-Blanc est français.

Pertes économiques pour la vallée de l'Arve
Selon Marc Dejeu, ces salariés recrutés sous des contrats de droit français plus généreux que dans le Val d'Aoste ne résident ni ne consomment en France. Ce qui in fine représente de nombreuses retombées économiques perdues pour les territoires haut-savoyards. D'où son courrier au président de l'entreprise et aux élus puisque les collectivités locales et l'Etat détiennent 91,3 % d'ATMB.

Autant d'arguments réfutés par les responsables d'ATMB qui nient tout favoritisme ou toute discrimination au bénéfice des travailleurs du Val d'Aoste. Selon l'entreprise, ce déséquilibre s'explique par l'attribution à l'entreprise transalpine GS d'un contrat de sécurité incendie, passé à la suite d'un appel d'offres en bonne et due forme. « Le personnel est recruté pour ses compétences. Pas pour sa nationalité, ni son lieu de résidence. Ce serait une forme de discrimination illégale. Nous ne pouvons que vérifier l'équilibre entre les deux sociétés concessionnaires et le faire respecter », a assuré auprès du Dauphiné Libéré Grégory Schwarshaupt, le directeur français du GEIE du tunnel du Mont-Blanc.

Chute du trafic automobile en novembre
Reste que ces questionnements interviennent alors que ce tunnel reliant Chamonix à Courmayeur sur 11,611 kilomètres traverse une phase difficile. En raison du reconfinement, le trafic automobile chute d'environ 70 % en novembre par rapport à la normale. La fréquentation des poids lourds, elle, ne varie pour ainsi dire pas (-0,8 % en novembre). Une amélioration par rapport au premier confinement où elle avait été réduite de moitié. Autant d'indications d'une baisse attendue des recettes 2020 d'ATMB qui, l'an dernier, avait encaissé 212,6 millions d'euros pour l'Autoroute Blanche, dont 74,6 millions pour le tunnel.

 

 

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