IBM envisage de supprimer un quart de ses effectifs en France: quel impact pour la région ?

Publié le par angeline351

IBM envisage de supprimer un quart de ses effectifs en France: quel impact pour la région ?

Le géant de l’informatique américain IBM envisage de supprimer de 1 180 à 1 385 postes, soit environ un quart des effectifs en France, dans le cadre d’une restructuration mondiale. Le centre de services et de sécurité qui emploie plus de 550 personnes à EuraTechnologies Lille ne devrait pas être concerné.

C’est un plan social d’une ampleur inégalée qui se prépare au sein du géant américain de l’informatique IBM. Annoncé début novembre en comité européen sans chiffre précis pour la France, ce plan mondial pourrait aller jusqu’à 40 000 suppressions de postes dans le monde, 7 700 en Europe, et, selon des sources syndicales entre 1 180 et 1 385 en France, soit le quart des effectifs sur le territoire national.

Mutations du géant informatique
Ce plan social d’ampleur est un «PSE» (plan de sauvegarde de l’emploi) mixte, qui doit être présenté officiellement aux organisations syndicales le 16 décembre, avec un plan de départs volontaires, «mais aussi sans doute des licenciements s’il n’y a pas assez de volontaires», a expliqué à l’AFP Pierry Poquet, délégué syndical central Unsa (1er syndicat). La CFE-CGC (2e), qui confirme ces informations, a interpellé mercredi dans un communiqué la nouvelle présidente d’IBM France, Béatrice Kosowsky, afin de lui « demander des garanties face à l’ampleur des restructurations ».

«Depuis 30 ans, IBM va de plan social en plan social», nous explique un ancien syndicaliste d’IBM. «IBM couvrait tout le spectre du monde informatique, depuis la recherche, jusqu’à la fabrication des machines, logiciels, etc. En 1992, la société s’est recentrée sur les services. Désormais, c’est sur l’hébergement, le cloud ».

Scission d’IBM d’ici 2021
Le nouveau PDG, nommé en avril dernier, Arvind Krishna, a en effet annoncé le recentrage stratégique d’IBM vers le cloud hybride et l’intelligence artificielle, avec la scission d’IBM en deux sociétés distinctes d’ici fin 2021.

«Cette scission entre d’un côté NewCo, qui reprendra les activités d’infogérance (services d’infrastructures), et de l’autre RemainCo, prévoit le transfert en France d’environ un millier de postes vers la nouvelle structure», a expliqué Franck Setruk, délégué central CFE-CGC à l’AFP.

« C’est un changement de stratégie, IBM se sépare de toute l’infogérance, se débarrasse des anciens métiers et des plus vieux salariés (les salariés âgés de plus de 50 ans sont majoritaires en France, NDLR) pour se focaliser sur les nouveaux (cloud, intelligence artificielle) avec moins de monde, plus jeune », analyse Pierry Poquet.

Et dans la région ?
Dans notre région, où IBM est présent historiquement depuis 1923 (première agence régionale à Lille), difficile de savoir concrètement comment pourrait se décliner ce plan.

Installé depuis 2013 à EuraTechnologies Lille, IBM est une des locomotives du parc technologique avec plus de 550 emplois qui y sont concentrés avec son centre de services (créations d’applications pour de grandes entreprises, mais aussi service support) et son centre d’opération de sécurité inauguré en 2018 dans un imposant bâtiment bois de 6 000 m2.

L’IBM Service Center est toutefois une sous-entité du groupe informatique, basé administrativement en Hollande, et non rattaché officiellement à IBM France. Il ne serait donc pas concerné par ces suppressions de postes. IBM possède également deux datacenter à Marcq-en-Baroeul et Seclin représentant moins de 100 salariés.

L’ancien PDG d’IBM France, Nicolas Sekkaki, promettait un millier d’emplois à l’horizon 2021 sur le pôle lillois. Pas sûr aujourd’hui que ce chiffre soit jamais atteint.

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