Focaliser les négociations sur les contreparties financières, c’est occulter les conditions du travail : le télétravail en est l’illustration » - Nils Veaux, Plein Sens

Publié le par angeline351

 Focaliser les négociations sur les contreparties financières, c’est occulter les conditions du travail : le télétravail en est l’illustration » - Nils Veaux, Plein Sens

Entretien avec Nils Veaux, directeur général de Plein Sens, un cabinet de conseil en transformation sociale des organisations, sur les conséquences d’une tendance naturelle à se focaliser sur les contreparties financières dans les négociations, sur la capacité des directions et des élus à instruire ensemble la « complexité technique » des projets en amont des informations-consultations et des négociations, pour enfin y impliquer les salariés avec de réelles marges de manœuvre.

La négociation par les contreparties financières est classique. On dédommage ainsi les salariés en poste sur des horaires atypiques. Le télétravail est une excellente illustration des biais d’une négociation qui se focalise sur les contreparties financières. À tel point que la dimension de l’organisation du travail peut s’en trouvé occultée. Mais la réalité du travail a tôt fait de rappeler le besoin de nouvelles régulations. De l’intérêt d’anticiper ces évolutions du travail dans le cadre d’une négociation sur le télétravail.

En matière de PSE, les contreparties financières s’imposent pour les partants, quitte à négliger l’importance du budget des formations. Si ceux qui restent servent finalement de levier pour obtenir les meilleures contreparties pour les partants, la question de leur nouvelles conditions de travail n’est pas explicitement posée. L’organisation du travail ne peut se régler par le jeu des contreparties. D’où l’intérêt d’accords de PSE qui distinguent clairement les conditions de départs et les moyens employés pour assurer la transition. 

Sur des sujets complexes, en amont de l’information-consulation et de la négociation, Plein Sens accompagne des entreprises dans des « instances » à durée déterminée pour déminer et éclaircir les éléments techniques dans le but de parvenir à un consensus. Ce temps de concertation sous-entend des moyens avec des directions et des élus accompagnés par des experts externes. Pas question de se lancer dans ces démarches, si directions et syndicats ne réalisent pas ce que cela sous-entend au niveau de la capacité à travailler ensemble.

Ces démarches « techniques » sont susceptibles de s’articuler à des approches participatives pour tester les solutions envisagées auprès du corps social, sans que les syndicats ne se sentent sur la touche. Le tout avec des directions au clair sur les véritables marges de manœuvre consenties aux salariés, à défaut de voir le participatif rimer avec enfumage.

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